Gran Torino

Alors, voilà bien un film que je ne serais pas spontanément allé voir. Pensez-vous, un Clint Eastwood… Mais j’ai deux amies qui m’ont indiqué que ce film était bien, alors, j’ai suivi leur conseil. Et force est de constater que ça n’était pas une erreur…

Bon, soyons honnête : coté scénario, c’est du niveau des inspecteurs Harry… Il y a un gentil méchant (Clint Eastwood). Gentil parce qu’il est dans le groupe des gentils, mais méchant parce qu’il est plutôt aigris et acariâtre. Octogénaire, ancien combattant de la guerre de Corée, et veuf (il vient de perdre sa femme au début du film). Il n’a jamais compris ses enfants, qui le lui rendent bien, il n’aime pas ses voisins (des Chinois pensez-vous, des bridés). Et évidemment, il y a le gang des méchants. Comme de bien entendu, les méchants vont casser les pieds des gentils, et notre Harry, ooops, pardon, notre Walt Kowalski (c’est le nom de Clint Eastwood dans le film) va les protéger. Comme de bien entendu, avec un bon vieux flingue sorti de dessous son manteau, ou avec une bastos conservée de la guerre de Corée…

Mais voilà, l’analogie avec les Harry s’arrête là. Déjà, parce qu’un octogénaire n’a probablement plus l’envergure pour faire peur bien longtemps à un gang de jeunes loubards. Ensuite, parce que notre cow-boy va, à la suite de ses mésaventures, s’ouvrir l’esprit, et apprendre à comprendre et à apprécier ses voisins : des Hmong (peuplade des montagnes du sud de la Chine, obligée de s’expatrier parce qu’ils ont combattu aux cotés des étatsuniens pendant la guerre du Viêt Nam). Il va d’ailleurs se lier d’amitié avec un jeune homme, Thao, alors que leur rencontre commençait plutôt mal : la prise de contact s’est faite alors que ce dernier essayait de voler au vieux Clint sa Gran Torino (Ford mythique des années 70…).

Dans ce film à la Harry, les gros bras et les flingues sont remplacés par de la subtilité, de l’esprit, de l’intelligence. Oh, la fin, elle est assez téléphonée (ça reste une tragédie). Mais le zoom sur les relations humaines rendent ce film attachant, on ressort plutôt satisfait, et on a vraiment l’impression d’avoir passé un bon moment.

download Fond musical : Dido – Hunter

Commentaire

Gran Torino — 5 commentaires

  1. Tssk, tssk, c’est quoi, ces préjugés sur Clint Eastwood ? Ces films, en tant qu’acteur, sont de différentes qualités, mais en tant que réalisateur, j’ai plutôt un avis positif.
    Citons « Un monde parfait », « Sur la route de Madison », voire « Space cowboys ».
    Je rappelle que pour la série des inspecteur Harry, il n’était qu’acteur…

  2. @Fab: oui oui, tu as raison. J’ai certainement encore pas mal de préjugés. Maintenant, à ma décharge, sur le papier, gran torino reprend tout de même l’idée des inspecteurs Harry, il y avait de quoi être réticent (à tord, j’en conviens).

    @Bibi: merci pour le lien… Je reviendrai.

    @Virginie: Fabien doit vraiment avoir raison. e n’ai pas vu « sur la route de Madison ». Il faut que je le trouve donc…

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