Projet dégooglelisation enclenché

Google-is-evil_thumbSi vous êtes un tant soit peu connecté (ce qui doit être le cas si vous lisez cette page), vous devez vous douter que Google est partout. Au départ, Google n’était qu’un moteur de recherche bien pratique, qui trouvait ce qu’on cherchait quand Yahoo ou AltaVista échouaient (je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…).

Puis, c’est devenu (je ne sais plus dans quel ordre) un excellent GPS (Google Maps), une plate-forme de vidéos (Youtube), un excellent système d’exploitation pour mobile (Android, que je kiffe depuis feu mon regretté « HTC Magic » et son Android version 1.6…), un navigateur web [de moins en moins] rapide (Chrome), ma boîte aux lettres électronique (GMail… et oui, même quand vous m’écrivez à emmanuel@desvigne.org, ça atterrit/ssait sur GMail) avec sa gestion de carnet d’adresses, d’agenda et de liste de tâches, sa suite « Office » avec Google Docs, Google Sheets, Google Slides, Google Keep, le tout stocké dans le « cloud » Google Drive, ma messagerie instantanée (Hangout), un traducteur Français < -> plein de langues (Google Translate). Sans compter les services que j’utilisais moins mais que la firme de Mountain View souhaite voir monter en puissance : Google+ (qui se veut un concurrent de facebook/twitter), Picassa (pour stocker retravailler ses photos… et qui entre en concurrence avec un autre produit de la même firme : le stockage de photos dans Google+, au point que moi-même je suis perdu dans la synchro sur mon mobile), un système d’exploitation pour PC portables « light » (ChromeOS, qui tourne sur les « Chromebook » ), un portail pour créer ses blogs gratuitement (Blogger), un portail d’actualités (Google News), un mécanisme de paiement en ligne (Google Wallet), un projet de stockage/vente de livres (Google Books), un « play store » qui stocke vos musiques, vos abonnements aux revues,… Quand je vous dis qu’ils sont partout ! Et encore, je ne suis pas exhaustif (allez voir par là).

Faut-il s’en plaindre, faut-il avoir peur ? Même s’il nous surveille de plus en plus au point de ressembler à Big Brother, Google ne cherche pas à nous « gouverner ». Il fait très peu de politique (au sens intérêt pour le pouvoir étatique). Le récent Doodle « je suis charlie » est certainement la formule politique la plus engagée que j’aie pu voir. Le reste du temps, les orientations politiques sont « light », humanistes, et font plutôt hommages aux grands noms de l’histoire, des sciences… Bref, politiquement, Google n’a pas l’apparence d’un dictateur fasciste. Néanmoins, il ne faut pas oublier quelques points importants :

  • Google, c’est près de 17 milliards de $ de chiffre d’affaire par trimestre, une trésorerie de près de 60 milliards de $, et une capitalisation boursière de 314 milliards de $ (sources), ça donne le tournis ! Car si Google ne veut pas prendre le pouvoir des états, il veut bien prendre le pouvoir des marchés. C’est un business, et quel business ! Ce qui semble gratuit pour vous lui rapporte plein d’argent (en pub, et en faisant payer les sociétés pour qu’elles soient visibles sur le net) ;
  • Google, ça commence à avoir les cotés pervers d’une secte : il est facile d’y entrer, et difficile d’en sortir. Vous allez voir dans les prochains articles que ça n’est déjà pas facile pour un simple citoyen qui cherche à ne plus utiliser ses services. Et bien ça semble encore plus compliqué pour les entreprises qui décident de ne plus payer pour être en haut des résultats des recherches sur Google (Cf cet exemple dans La Tribune, mais en furetant, vous trouverez plein d’autres exemples) ;
  • enfin, même si Google n’est pas un état, il répond aux lois étasuniennes. Les récentes révélations d’Edward Snowden démontrent ce dont on se doutait : si coté Google, seuls des robots nous espionnent uniquement pour faire du business, ce même flux d’information est aussi surveillé par le FBI et la NSA, cette fois-ci avec des cibles bien plus floues et un risque d’abus bien plus important.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé, petit à petit, à me passer des services de Google. Au point d’usiter d’un néologisme : je vais me dégoogleliser. D’autres l’ont fait avant moi : Korben, l’équipe de Framasoft, Aurélien Dumaine, Sam & Max, etc.


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