Illusion d’optique

Voilà, ça, c’est typiquement le genre d’illusion d’optique qui m’agace. Naannn, mon cerveau n’est pas idiot. J’ai pas compris comment ça marche, mais non non non, c’est pas mon cerveau qui est bête…

Bon, mode d’emploi. Mettez-vous à 1 mètre de votre écran, et regardez l’image ci-dessous (arrangez vous pour que tout le cercle soit visible). Vous les voyez les points roses… ? Ils sont bien là ? Ya juste un point vert qui tourne, et qui efface alternativement les points roses, mais une fois le point vert parti, ça redevient rose, non ?

Maintenant, approchez vous à ~10 cm de l’écran, et fixez votre attention sur la croix noire au centre de l’image. Ne regardez que et uniquement la croix noire (c’est important). Et bien, au bout d’~20 secondes, plus de points rose !!! On ne voit plus que le point vert qui tourne… Je sais, ça agace… Me demandez pas comment ça marche, mais ça marche.

Amusez-vous bien…

La barre des 2000 vient d’être franchie…

C’est fait… Le triste chiffre de 2000 soldats américains tués en Irak vient d’être dépassé…
Cet événement vient d’être illustré par l’animation flash suivante (attention, elle pèse près de 7 Mo, soyez patients, mais ça vaut le coup). Je ne sais pas si c’est parce que je suis partisan, ou si c’est l’effet vidéo clip, mais je trouve cette animation très efficace.

(cliquez sur l’image pour voir apparaître le clip)

Ceci dit, rassurez-vous :

  • aucun d’entre eux n’est le fils d’un sénateur,
  • et il n’y a que les Etats-uniens (imaginez si on rajoute les Irakiens décédés…).

Article de libé du 12/09/2005

Je reprends ici l’article du journal libération relattant un fait-divers ayant eu lieu en Vendée. Je sais que je suis "border line" en copiant/collant cet article sur mon site. Mon but ici n’est pas de faire du tord à libération, mais bien de diffuser au maximum ce fait divers qui reflète la bêtise humaine. Espérant que ça ouvre quelques esprits…

SOCIETE

A Maillé, "Linlin" est passé à tabac et le petit village vendéen soutient… l’agresseur.
"C’est le bouc émissaire idéal, on se croirait au Moyen Age"
Par LA CASINIERE Nicolas DE
lundi 12 septembre 2005 (Libération – 06:00)
Maillé (Vendée), envoyé spécial

Il dit : "Maman, j’ai la tête qui sent le pourri." Linlin devrait sortir de l’hôpital mercredi, avec des cicatrices plein le crâne et des troubles de la vision. Il devra en outre marcher avec des béquilles. Dans la nuit du 26 juillet, à Maillé (Vendée), un petit village en plein Marais poitevin, un habitant a copieusement assaisonné à coups de barre de fer puis frappé au sol Alain Billault, dit Linlin, jusqu’à ce que les gyrophares des gendarmes arrêtent sa fureur. Tout cela devant deux voisins qui regardaient, la fourche à la main. Après ce passage à tabac entre voisins, l’ambulance a emporté une victime, la rate éclatée, le bras en hématome, les dents cassées, une cheville tuméfiée.

Pétitions. Linlin, c’est un peu le "simplet du village". Mais un "simplet" que le village déteste. Car, aussitôt l’affaire connue, un comité de soutien à l’agresseur s’est créé. Mené par le maire, Laurent Joyeux, contrôleur laitier à la retraite. Sans états d’âme, celui-ci défend l’agresseur : "Débordé par l’exaspération, il a fini par disjoncter." Puis ajoute : "Il faut le protéger, lui et sa famille, tant que Billault ne respecte pas les règles de vie. Il rôde tous les soirs, à observer les étoiles qu’il dit. S’il continue avec son petit côté provocateur, je ne réponds de rien. Pensez : il a même attaché son cheval aux portes de l’église et au monument aux morts."

Après une réunion publique où il n’aurait pas fait bon prendre la défense du paria du village, les pétitions ont été signées en mairie. Trois cents personnes de la commune de 730 âmes et des environs ont donné leur nom. "C’est rendu trop loin, dit une voisine. Nous, il ne nous a rien fait, mais on sait qu’il a barboté une clôture, et peut-être bien volé du bois." Son mari aurait souhaité servir de médiateur, mais finalement, "solidaire avec ses voisins", il est dans le comité de soutien à l’agresseur : "Si Billault revient, cela va devenir malsain pour sa santé physique. On connaît bien Antoine : il a failli le tuer parce qu’il n’y a que ça à faire…"

Bruits et chapardages. Gaillard de 110 kg pris pour un demeuré, Alain Billault a donc tous les torts. Voyez un peu, il fait des feux de paille humide qui font de la "fumaille", comme on dit dans ce marais mouillé du sud de la Vendée ; mais aussi il met de la musique à tue-tête, fait du bruit avec son motoculteur ou la chaîne de sa jument Prunelle qui piafferait la nuit près de la haie du voisin. Il chine des bouts de ferraille à la déchetterie, il récupère les palettes, encombre son jardin de charrettes à bras, de roues de carriole et de vieux engins agricoles abandonnés dans les champs. Circonstances aggravantes, il le fait souvent sans demander la permission. Forcément, on l’accuse alors de vol, de chapardage de bois. Un jour de ramassage des encombrants, il récupère un vélo qui n’était pas vraiment au rebut. Le maire invoque "des faits répétés sans contentieux de justice", et lâche de méchantes rumeurs : "Des histoires de moeurs à la maison de retraite." On a compris, Alain n’est peut-être pas quelqu’un de facile. "Son tort, c’est d’être différent", lâche Olivier, à qui on a toujours reproché d’avoir passé la photo de Linlin dans son petit journal local, la Mogette. Et il raconte : "Il est à part, il laboure à l’ancienne, cultive avec de vieux outils. Il se promène avec un char à bancs tracté par sa jument. C’est le bouc émissaire idéal. On se croirait au Moyen Age. Il a peut-être mal réagi, construit des hangars qui tiennent pas debout et fait des feux un peu casse-couilles, mais de là à le massacrer…"

Enfant de l’assistance, Alain est sous tutelle, invalide à 80 %. A 38 ans, il ne sait pas vraiment lire, ni compter. Cela fait maintenant quinze ans qu’il habite le village avec Marinette Belloeil, qu’il appelle "maman". Marinette n’est pas administrativement sa mère adoptive, elle l’a recueilli à 3 mois. Devant la haine exacerbée du village, elle a lancé la procédure d’adoption.

"Qu’un bon à rien". Alain vit avec sa jument Prunelle, le chien Virgule, un jars, des poules et une biquette sans nom. Les rares qui l’acceptent l’appellent Linlin, Titi ou "mon p’tit drôle".

Au village, c’est devenu un jeu. Quand ils le voient, les gens se moquent de lui, l’excitent. "Il a pourtant juste besoin d’être un peu considéré, qu’on lui parle d’humain à humain. Il ne connaît pas les codes sociaux, tempère Lionel Julien, seul conseiller municipal d’opposition. Ce n’est pas un demeuré, mais il n’a pas l’intelligence des situations. Il est naïf et ne comprend pas que la scierie puisse faire du feu et pas lui."

Un jour, sur un chemin de halage d’un des canaux du marais, un tracteur a bloqué sa charrette. "Tu fais rien, t’es qu’un bon à rien", aurait lâché le paysan avant de lui braquer sa fourche dans le ventre. Alain a beau n’avoir jamais agressé quiconque, à Maillé on parle insécurité à tous vents. Un habitant marmonne : "Il rumine forcément une vengeance." Un autre : "On ne sait pas ce qui peut lui passer par la tête." En tout cas, on lui a brûlé un hangar, une charrette. Des canards et des poules ont disparu.

Et puis le maire ne le supporte pas. Il l’a déjà interdit de séjour un an et demi dans la commune, et l’a fait hospitaliser d’office à trois reprises. A chaque fois, les gendarmes sont venus en nombre, avec des gilets pare-balles. L’ont emmené menotté. Les psychiatres l’ont chaque fois laissé sortir. La troisième fois, Alain s’est un peu défendu. Il a fait des moulinets avec un couteau de cuisine. Six mois de prison ferme. La semaine dernière, au tribunal de La Roche-sur-Yon, la prison avec sursis a été requise contre lui pour des nuisances sonores. Le jugement sera rendu jeudi.

En attendant, à Maillé, personne ne parle du procès de son voisin pour tentative d’homicide.

Script PHP permettant d’envoyer un SMS via le portail de chez SFR

Addendum du 02/01/2006 !!! Attention ! Ce script ne fonctionne plus depuis que SFR a changé son script en décembre 2005. Allez plutôt télécharger la nouvelle version corrigée (version 0.2b à l’heure actuelle) disponible dans la zone "Téléchargement/Code_sources". Lisez cet article pour plus d’info.

[texte original de l’article, périmé : ] Je viens d’écrire un petit script en PHP qui, lancé en ligne de commande sur un poste de travail Unix/Linux (testé sur une Debian Sarge 3.1), permet d’envoyer automatiquement un SMS via le portail textoweb de SFR.

Le code source (send_sfr_sms.php-0.1b.zip) est disponible dans la zone "Téléchargements" du site http://desvigne.org.

[remarque du 16/08/2008 : la zone téléchargement n’existe plus depuis l’utilisation d’un nouveau moteur web. Mais j’ai corrigé le lien vers le fichier zip pour que ça marche toujours]

Ce programme nécessite :

  • PHP-CLI (PHP en ligne de commande) version 4.3.x minimum,
  • wget version 1.10 minimum (téléchargeable ici : http://www.gnu.org/software/wget/wget.html). Attention : beaucoup de distributions Linux fournissent encore en standard wget en version 0.9x, qui ne fonctionne pas avec ce script (nécessité d’utiliser l’option "–keep-session-cookies" pour pouvoir conserver les informations de session obtenues depuis la page d’authentification dans un fichier contenant les coockies),
  • un compte chez SFR, et l’enregistrement de ce compte pour qu’il puisse être utilisé pour envoyer un texto depuis le service textoweb du site http://textoweb.services.sfr.fr/SFR_TextoWeb_Lot3_V4/

Cet outil n’est pas d’une publicité pour l’un ou l’autre des opérateurs. Ce qui a été fait ici avec SFR pourrait probablement être reproduit avec un autre fournisseur d’accès à un réseau GSM.

D’ailleurs, ce programme se veut plus un exemple d’utilisation de wget (distribué sous licence GPL2/LGPL) qu’un beau et propre programme d’envoi de SMS. Je ne serais être tenu pour responsable suite à une défaillance due à l’utilisation de ce script (qui n’est pas exempt de bugs, certains étant connus et listés dans les commentaires du code source). Par exemple, le bon fonctionnement de ce programme dépend de la constance du site textoweb de SFR. Si cet opérateur décide de changer son site, il est fort probable que ce script ne fonctionne plus.

Les paramètres, comme les numéros de téléphone, les mots de passe, l’éventuelle présence d’un serveur proxy, sont passés via les variables d’environnement. Le texte du SMS à envoyer est transmis par l’entrée standard (stdin). Je vous invite vivement à lire les commentaires au début du code source pour savoir comment installer et utiliser ce script.

Patch du module NPDS "td-galerie"

Si vous avez déjà installé le module "td-galerie" version 1.0 de tribal-dolphin avec une base MySQL version 4.1, vous avez peut-être rencontré un bug : les images situées sur les vignettes des dernières photos mises en lignes ne correspondent pas aux images affichées en cliquant dessus.

De plus, en utilisant ce module, vous souhaitez peut-être voir disparaître le blocs de droite, de gauche, ou les deux.

Si vous êtes dans une de ces situations, le patch que je viens de préparer est fait pour vous. Il est disponible dans la section "Téléchargements". N’oubliez pas de lire le fichier "LisezMoi.txt" fourni avec…

[note du 16/08/2008 : suite à un changement de moteur du site, la zone de téléchargement dont il est question n’existe plus. De plus, ce billet n’a plus d’intérêt, le module td-galerie ayant évolué, le bug n’existe plus]

Attention, les attaques de type "hacking social" arrivent en langue française !

On était habitué d’avoir de pauvres étrangers nous demander quelques euros pour récupérer leur trésor bloqué dans un pays exotique quelconque. Pour quelques milliers d’euros seulement, on débloque une fortune de plusieurs millions de dollars. En échange, une fois cette somme débloquée, on en récupère un pourcentage non négligeable.

Evidemment, on sent l’arnaque. Ceci d’autant plus facilement que ces attaques sont "broadcastées" en langue de Shakespeare. Les malheureux qui envoient la somme demandée n’entendront plus jamais parler de leur argent.

Seulement attention !!! Les premières versions de ces arnaques arrivent en langue de Molière. J’en ai reçu une récemment. Je vous mets ci-dessous le texte original.

Aussi, si vous recevez un courriel de ce style, vous savez ce qu’il vous reste à faire : le mettre à la corbeille.

Voici le texte en question :

Sujet :

Aide

Date :

Sat, 2 Jul 2005 22:32:57 +0200 (CEST)

De :

vnenita1@ozu.es

Pour :

undisclosed-recipients:;

Bonjour et veuillez m’excuser,

Mon nom est Villaran Nenita. citoyenne des Philippines,
je suis la veuve d’un ancien ministre des Finances des
philippines qui est mort le 15 mai 2002. Mon mari est
tombé malade et il a été transferé en France pour se
faire traiter mais il est mort plus tard d’ulcère et
il a été enterré.

J’ai hérité de la somme totale de 22 millions de
dollars de mon dernier mari,cet argent gardé dans un
coffre métallique est déposé avec une sécurité dans
une société de finances ici aux philippines.
En raison de l’instruction que j’ai fixée avant le
dépôt,personne ni meme le gouvernement ne pourra
retrouver la trace de cet argent jusqu’à ce que je
me decide à récuperer ma caisse.Ceci pour une
securité maximum.

Pour cette raison,la societé a usée de la diplomatie
pour transferer la mallette à Abidjan en Cote d’Ivoire
où elle a une surccusale. Ce transfert a été codé
conformement au contrat qui nous lie comme un tresor
de famille.

La société elle même ne sait pas ce qui se trouve
dans cette mallette qui a été envoyée des
philippines en Cote d’ivoire dans une mallette. Ma
préoccupation majeure aujourd’hui est de faire sortir
cette mallette de la Cote d’Ivoire pour une autre
destination. C’est pour cela que je vous envoie ce
message afin que vous m’aidiez car le procedé qui a
permi le transfert de la caisse à abidjan peu etre
repris pour une autre destination .qui quel que soit
l’adresse que vous pensez etre sûre et vous donnerez
le transfert s’effectuera. Je pense pouvoir vous
faire confiance. Bien sûr vous aurez un pourcentage
conséquent. En fait, depuis la mort de mon mari, ses
frères m’ont sérieusement poursuivie , essayant de me
supprimer pour qu’ils puissent avoir les documents de
ses propriétés.

Ils ont avec succès rassemblé toutes ses propriétés,
cependant ils ne se sont jamais arrêtés là, ils m’ont
demandée de leur donner les differents numeros des
comptes banquaires de mon dernier mari.

Mais ils n’aurons jamais connaissance du dépôt que
j’ai effectué avec la société de sécurité et qui est
maintenant à Abidjan-Côte d’Ivoire, parce que c’est
mon avenir et mon destin . La famille de mon dernier
mari ne sait pas l’existence secrète de ce dépôt que
j’ai fait avec la société de sécurité et elle ne le
saura jamais . Vu la pression que ma belle famille
exerce sur moi La situation devient incontrôlable.

C’est pour cela j’ai decidé de trouver une personne
digne de confiance qui pourrais m’aider à recuperer
cette mallette de la Cote d’Ivoire pour la
transferer à son adresse.Je suis une veuve et je
suis desemparée. Venez à mon secour car la
situation devient de plus en plus difficile. Si
vous êtes prêt à m’aider je vous donnerez le
contact de la societé afin de prendre contact avec
eux pour le transfert.

Je vous donne tous ces renseignements pour votre
entière coopération.

Merci de votre comprehension.

Que le seigneur vour garde

Cordialement,

Madame Villaran Nenita.

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Correo enviado desde http://www.ozu.es

Addendum du 18 juillet 2005 : je viens de recevoir un commentaire à cet article d’une fille dont le pseudo est Julia Brandeau. Elle semble aimer faire tourner en bourrique ces arnaqueurs. Pour en savoir plus, voici l’url de son site : http://nigeria419.over-blog.com/

Jean-Pierre GATTEGNO – Une place parmi les vivants

Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas présenté de livre. Il est vrai que je lis moins de romans ces derniers temps.

Ce coup-ci, nous allons parler d’un polar. Quoi que… Maintenant que j’ai lu la fin du livre, je ne sais plus si je dois le classer dans ce style.

D’accord, il y a meurtres. Meurtres de jeunes filles tout au long du bouquin. Mais étrangement, ça n’est pas l’intrigue du livre. Quoi que, à bien y réfléchir, ça aurait pu le devenir, vu que le héros est abordé par un type qui se fait passer pour le serial killer de ces pauvres filles. Il y a aussi un autre meurtre, à la fin du livre (mais je ne vous dirai pas de qui). Quoi qu’il en soit, contrairement aux Colombo ou à Agatha Christie, la recherche du meurtrier n’est pas l’énigme.

Il y a vols. Ah là, oui. C’est plus le sujet. Mais ce sont des vols peu ordinaires. Vols d’amours, vols d’histoires, vols de romans…

Bref, plutôt inclassable cette oeuvre. Pas un seul policier n’y figure. Et sans faire naître le moindre univers noir, nous nageons pourtant sans arrêt en pleine imposture, le grand thème du livre. Au final, Jean-Pierre GATTEGNO (connu des cinéphiles au travers des adaptations de "Neutralité malveillante" par Francis Girod, ou plus récemment "Mortel transfert" par Jean-Jacques Beinex) signe un roman original : c’est du Kafka sans fantastique, du Simenon sans Maigret, du Philippe Djian sans univers glauque…

Et c’est en fait ce qu’on pourrait lui reprocher. Quand on goutte un plat sans sel, ou sans poivre, c’est original. Ca change. On est heureux de découvrir une nouveauté. Mais au final, quand on a faim, ça n’est pas vers cette cuisine qu’on se tourne, parce que, justement, il lui manque quelque chose.

Le OUI des espagnols… ?

DrapeauEuropeen.pngSimple question : auriez-vous voté OUI ou NON au référendum du dimanche 29 mai 2005 si vous aviez eu entre les mains un projet de constitution tronqué ? Un projet dans lequel le Titre III aurait été supprimé ?

Et bien voilà. Les médias étrangers, notre gouvernement, et d’autres encore cherchent à nous faire culpabiliser en nous disant "regardez les Espagnols : ils ont bien voté oui".

D’accord, ça peut s’expliquer en partie parce que l’Europe a beaucoup apporté à l’Espagne (en terme de subventions, d’emplois). Mais ça peut aussi s’expliquer… parce que l’exemplaire papier du projet de traité qui leur a été remis était censuré du Titre III (vous savez, le plus polémique) !!!

Le texte qui leur a été remis dans la boîte aux lettres est le suivant : cliquez ici pour obtenir l’original sur le site officiel www.constitucioneuropea.es

D’accord, les sites internet contenaient cette version, et la version complète aussi. Mais combien de citoyens espagnols se sont connectés pour aller vérifier ?

Le plus drôle dans cette affaire, c’est qu’en France, même les partisans du NON n’ont pas relevé cette censure.

Je vous laisse juger…

[article initialement posté le 02/06/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Coup de gueule contre le débat politique qui a suivi le résultat du référendum !

DrapeauEuropeen.pngTout d’abord, ça n’est pas une surprise pour ceux qui me connaissent, j’ai voté NON au référendum concernant le projet de constitution européenne (enfin, c’est comme ça qu’ils ont appelé ce texte).

Aussi, comme beaucoup de Français ce soir, j’étais à 22h devant mon petit écran pour voir le résultat : 55% de NON, avec un taux de participation très important. Ca devrait être une victoire ? Mais c’est une victoire triste… où disons de demi-teinte. Je me souviens des élections présidentielles de 1981 (je n’avais pourtant que 11 ans à l’époque, j’étais loin d’avoir la majorité qui m’aurait permis de voter). Mais je me rappelle qu’à 20h, des gens sont allés dans la rue pour sabrer le Champagne, que les voitures passaient en klaxonnant… Or, ce soir, sauf si je suis devenu sourd ou aveugle : rien. Et il paraît qu’ils ne sont que quelques centaines à fêter ce résultat place de la Bastille. D’accord, l’enjeu n’était pas celui d’une élection présidentielle. Mais tout de même : il était à l’échelle non pas d’un pays, mais d’un continent !

Alors, pourquoi en demi-teinte cette victoire ? Parce que je me sens citoyen européen dans l’âme. Et pourtant, j’en suis arrivé à voter NON à un projet de constitution européenne. Il y a de quoi être triste, non ? Je suis rassuré tout de même : je ne laisserai pas à mes enfants une constitution créant une gouvernance proche d’un état totalitaire (une démocratie technocratique complexe, qui ne contrôle pas sa monnaie, qui ne peut quasiment pas être modifiée, qui ne propose qu’une seule forme de politique – l’ultra-libéralisme -, qui grave dans le marbre à tout jamais la liste de ses alliers militaires, qui n’intègre pas la laïcité, le dialogue social, et la protection de ses ressources et de son environnement dans ses piliers fondateurs… et je m’arrêterai là sur la critique).

Où est la raison de l’énervement qui mérite ce coup de gueule me direz-vous ? Il vient de l’écoute que je viens de faire des réactions aux résultats des différents cadres des partis politiques.

Je suis désolé messieurs les élites politiques. J’ai beaucoup discuté autour de moi avec les gens qui allaient mettre un bulletin dans l’urne aujourd’hui, en leur demandant leurs idées, et la raison de celles-ci. Et les causes du NON ne sont pas aussi complexes que vous voulez le dire. Si ce maigre échantillon constitué des gens avec qui j’ai discuté sur ce sujet est représentatif, alors, le NON a majoritairement deux causes :

  • vous avez les gens contre l’europe. Qu’ils soient nationalistes d’extrême droite, ou encore partisans de De-Villier (je ne suis pas spécialiste es politique : y a-t-il une différence ?), le résultat est le même : ils sont Français, et votent contre l’Europe, quel que soit le texte qu’on leur proposera. Mais bon, soyons lucides. Quelle est la part de cet électorat : 10 % des Français ? 15% ? Peut-être 20 % ? Quoi qu’il en soit, ils ont toujours existé (et ils étaient probablement encore plus nombreux au moment de Maastricht, ce qui n’a pas empêché le OUI de passer à l’époque). Ce ne sont pas eux qui ont fait pencher la balance ;
  • et il y a les gens pro-européens, qui ne voulaient pas de l’Europe qui leur était proposée. Pour les raisons déjà invoquées ci-dessus, et pour bien d’autres encore.

Alors, en faisant la somme des 45% d’électeurs qui ont voté "OUI", et la part non négligeable de ces gens qui sont européens dans l’âme, mais pas pour l’Europe qui leur était proposée aujourd’hui, ça fait une très forte majorité de citoyens prêts pour la construire, la constitution européenne. Pourquoi ces gens là n’ont pas été consultés avant ? J’y reviendrai.

Voilà comment, de mon point de vue, j’analyse le résultat de ce soir. Alors, je vous en prie messieurs et mesdames les élites politiques, arrêtez de marteler des propos que je qualifierai d’âneries (et ce, pour ne pas vous froisser, le mot contre-vérité convenant mieux à mon avis). Aussi :

  • NON, je ne suis pas contre l’Europe ! Et NON, il n’y a pas 55 % de citoyens contre l’Europe ;
  • NON, je n’ai pas, mais absolument pas peur. Arrêtez de dire que j’ai besoin d’être rassuré vis à vis de l’Europe !!! Cette phrase, que j’ai entendue de nombreuses fois ce soir – dans la bouche de meneurs politiques de bords pourtant différents -, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, qui m’a fait prendre ma plume. Pensez-vous vraiment que je sois idiot au point que si on m’avait expliqué mieux les choses, si on m’avait raconté des paroles gentilles et rassurantes, j’aurais voté OUI ? C’est vraiment prendre l’électorat français pour ce qu’il n’est pas. Il a voté NON, pas parce qu’il avait peur, mais parce qu’il ne voulait pas du projet qu’on lui a remis dans sa boîte aux lettres ;
  • NON, je n’ai pas voulu sanctionner le gouvernement ! C’est incroyable ça ! Admettons que le projet de constitution ait été un très bon texte. Ou même seulement (je m’en serais contenté) un texte acceptable. Dès lors, croyez-vous vraiment que j’aurais voté NON à ce projet capital, qui m’engage moi, mes concitoyens, et mes enfants sur un sujet majeur, juste pour déstabiliser mon gouvernement, pour lui envoyer un message ? Bien sûr que si le texte avait été bon, j’aurais voté OUI ! Je ne dis pas que quelques électeurs aient pu faire un vote contestataire, mais leur nombre n’aura pas pesé lourd. Pour envoyer un message fort au gouvernement, je lui donne rendez-vous aux prochaines élections présidentielles et législatives ;
  • et enfin NON, je ne crois pas que les autres pays européens aient voté OUI. A ma connaissance, seul le peuple espagnol a voté OUI. Les autres états ont laissé s’exprimer leurs représentants. Or, regardons l’exemple français. Les députés français ont été interrogés sur leurs intentions de vote : une très grande majorité aurait voté OUI ! Or, rappelons que 55% des français viennent de voter NON. Il est indiscutable que sur ce sujet au moins, les représentants des Français à l’Assemblée Nationale ne représentent pas l’opinion de leurs électeurs ! Alors, quand j’entends que les Allemands sont pour ce texte constitutionnel, parce que leur assemblée l’a ratifié, ça me laisse rêveur…

Et maintenant, que faire ? Peut-être faut-il tout simplement faire aujourd’hui ce qu’il aurait fallu faire avant : écouter le peuple. Une constitution ne doit-elle pas être rédigée par une assemblée constituante, désignée pour ce travail, qu’elle réalise en écoutant les avis du peuple ? Or, aujourd’hui, les dirigeants européens écoutent plus les lobbies "finantico-industriels" que le peuple européen.

Avouons que c’est en partie la faute de ce dernier : lors de la plupart des élections européennes, le taux d’abstention est souvent indécent. Pour que le peuple soit écouté, encore faut-il qu’il s’exprime (j’espère – sans trop y croire – que la leçon aura été entendue ce soir par l’électorat : pour que vos élus vous écoutent, encore faut-il que vous vous exprimiez : allez voter).

Mais ce fort taux d’abstention n’explique pas tout : malheureusement, la puissance d’un grand groupe industriel ou financier a souvent plus de poids que l’électorat. Les moyens de pression utilisés sont rarement des intéressements financiers directs (la peur de se faire inculper pour corruption existe), mais sont souvent plus vicieux : le chantage par exemple. C’est du genre << Si tu soutiens mon idée/mon projet, je baisse mes tarifs dans les appels d’offres que tu lanceras dans ton pays sur les produits que je vends. Ou je délocalise des usines dans ton pays. Ou encore, si tu ne me soutiens pas, je ferme mes usines chez toi. Débrouille-toi alors avec tes chômeurs… >>. Je vous invite à reprendre l’historique du projet de loi sur les brevets logiciels, c’est affligeant : une écrasante majorité de l’assemblée parlementaire européenne lutte contre une poignée d’élus du Conseil Européen, pour que ce dernier ne passe pas en force un projet de loi légalisant les brevets sue les logiciels. Et le Conseil ne manque ni d’audace ni de culot, en proposant la signature en force de ce projet lors d’un conseil ayant pour thème… la pêche ! (rapport entre les poissons et les programmes informatiques ???).

Alors, NON, messieurs les penseurs de nos partis politiques, nous ne sommes pas hébétés et incompréhensifs devant les mesures ou les lois qui nous tombent dessus en provenance de Brussel. Bien sûr qu’on les comprend ces lois. Et même, nous comprenons à qui elles profitent ! Et ça n’est pas nécessairement aux citoyens européens (remarquez que j’utilise le terme de citoyen européen, je continue à y croire).

A lire entre les lignes du projet de constitution qui nous a été proposé, j’ai l’impression qu’une partie non négligeable de l’électorat a su reconnaître dans ce texte le fantôme de ces lobbies, qu’on ne connaît que trop bien. Si peurs et craintes il y a, c’est peut-être de là qu’elles proviennent.

Alors, tout le monde s’est accordé à le dire, la France est dans une situation délicate. Bien que pro-européenne, bien que devant rester fidèle à ses engagements passés, effectivement, elle met un frein à la construction européenne telle qu’elle commençait à se constituer.

N’est-ce pas justement l’occasion de proposer la conception, de cette assemblée constituante ? Afin qu’enfin, on ait un projet de constitution ouvert, qui laisse la possibilité aux citoyens de choisir leurs politiques, leurs représentants, ces derniers ayant alors la possibilité de choisir leurs alliers militaires, de jouer avec les leviers monétaires en contrôlant la banque centrale, de garantir la laïcité qui est la seule voie qui permettra à tous les citoyens, bien que de confession et d’idées différentes, de vivre ensemble en harmonie…

Dans les médias, le débat politique précédant le vote qui vient d’avoir lieu était d’une médiocrité affligeante. Depuis que j’ai ma carte d’électeur, c’est la première fois que j’ai connaissance d’arguments provenant directement du peuple, via les sites Internet (forums, blogs, etc.), dans la rue ou en discutant avec mes collègues, d’un niveau largement supérieur à ce qui pouvait être diffusé dans les différentes presses. Aucune des idées – reprises dans ce grief – qui viennent directement de l’électorat n’ont été reprises et débattues. Les seuls arguments étaient "il n’y a pas de plan B", "on va devenir les moutons noirs de l’Europe", "en cas de non, la France sera dans une position difficile", "ce qui nous est proposé n’est pas social, alors, caca prout (sans proposer autre chose)", "on ne peut pas être européen et voter NON"… Bref, du haut niveau de dialectique !!! Avec ce genre d’argument, on progresse…

Manifestement, à les écouter ce soir, ces chers présidentiables, ministrables, et autres têtes pensantes, j’ai peur qu’ils n’aient pas compris (à de rares exceptions près) ce qui vient d’être exprimé dans les urnes. J’espère que cette bouteille à la mer, lancée par un citoyen n’appartenant à aucun parti politique, mais qui se sent brimé et incompris ce soir, sera peut-être lue par un ou deux décideurs, et qu’elle aidera ces derniers à leur faire prendre conscience de certaines choses.

[article initialement posté le 30/05/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte

L’histoire : un jeune cadre moyen (informaticien de son état) tombe petit à petit dans la dépression… Ne cherchez rien d’autre. Je préfère le dire tout de suite : ceux qui aiment lire un bouquin pour son histoire doivent passer leur chemin.

Bref, notre jeune homme parcourt la France pour donner quelques formations sur un progiciel développé pour le ministère de l’agriculture. Il fait ce chemin avec un collègue, guère mieux dans ses baskets que lui. Ce pauvre homme, pas spécialement beau, a "bien du mal à conclure" avec les filles… Et ce duo est prétexte à l’auteur pour faire passer l’idée du livre : selon lui, la sexualité est une forme d’économie de marché, une économique libérale, qui s’apparente à la réussite financière.

Tout comme il y a des gens qui réussissent leur carrière et d’autres qui échouent, il y a des gens qui réussissent leur vie sexuelle, d’autres qui manquent leur cible. Certains auront plusieurs carrières, et les réussiront toutes. D’autres n’auront qu’un seul métier, mais auront pour autant une vie confortable. Enfin, il y a les gens qui échouent dans leur vie professionnelle. Selon Houellebecq, pour la vie sexuelle, même classement : il y a ceux qui auront moult conquêtes, d’autres seront fidèles à une personne, et d’autres connaîtront des déserts sexuels toute leur vie. Certains réussissent sur les deux tableaux, d’autres sur un seul, et enfin, il y a ceux qui échouent dans les deux domaines (relationnels et professionnels).

Bref, c’est l’idée principale développée. A mon avis, il y a une bonne part de vérité dans cette façon de voir les choses. Malheureusement, les arguments avancés me semblent "light".

Au détour d’un passage dans un hôpital, ou en écoutant la confession d’un prêtre (un ami du héros avec qui le lecteur fera de brèves rencontres), l’auteur abordera succinctement le thème de l’euthanasie. Trop succinctement à mon goût.

Autre thème du livre : la dépression (celle dans laquelle plonge le héros). Si cette dernière est relativement bien décrite, l’auteur n’en tire rien. Au contraire. Le dernier quart du livre n’est qu’une suite de descriptions de morceaux de pensées et de morceaux de vie du dépressif. Arrivé à la fin du livre, je me demande l’utilité de toute cette narration. Ou bien il manque quelque chose à ce livre (une conclusion, une ponctuation finale), ou bien il y a quelque chose en trop.

Bref, vous l’aurez compris, la fin est lassante… Mais j’ai peut-être loupé quelque chose. A vous de juger.