Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte

L’histoire : un jeune cadre moyen (informaticien de son état) tombe petit à petit dans la dépression… Ne cherchez rien d’autre. Je préfère le dire tout de suite : ceux qui aiment lire un bouquin pour son histoire doivent passer leur chemin.

Bref, notre jeune homme parcourt la France pour donner quelques formations sur un progiciel développé pour le ministère de l’agriculture. Il fait ce chemin avec un collègue, guère mieux dans ses baskets que lui. Ce pauvre homme, pas spécialement beau, a "bien du mal à conclure" avec les filles… Et ce duo est prétexte à l’auteur pour faire passer l’idée du livre : selon lui, la sexualité est une forme d’économie de marché, une économique libérale, qui s’apparente à la réussite financière.

Tout comme il y a des gens qui réussissent leur carrière et d’autres qui échouent, il y a des gens qui réussissent leur vie sexuelle, d’autres qui manquent leur cible. Certains auront plusieurs carrières, et les réussiront toutes. D’autres n’auront qu’un seul métier, mais auront pour autant une vie confortable. Enfin, il y a les gens qui échouent dans leur vie professionnelle. Selon Houellebecq, pour la vie sexuelle, même classement : il y a ceux qui auront moult conquêtes, d’autres seront fidèles à une personne, et d’autres connaîtront des déserts sexuels toute leur vie. Certains réussissent sur les deux tableaux, d’autres sur un seul, et enfin, il y a ceux qui échouent dans les deux domaines (relationnels et professionnels).

Bref, c’est l’idée principale développée. A mon avis, il y a une bonne part de vérité dans cette façon de voir les choses. Malheureusement, les arguments avancés me semblent "light".

Au détour d’un passage dans un hôpital, ou en écoutant la confession d’un prêtre (un ami du héros avec qui le lecteur fera de brèves rencontres), l’auteur abordera succinctement le thème de l’euthanasie. Trop succinctement à mon goût.

Autre thème du livre : la dépression (celle dans laquelle plonge le héros). Si cette dernière est relativement bien décrite, l’auteur n’en tire rien. Au contraire. Le dernier quart du livre n’est qu’une suite de descriptions de morceaux de pensées et de morceaux de vie du dépressif. Arrivé à la fin du livre, je me demande l’utilité de toute cette narration. Ou bien il manque quelque chose à ce livre (une conclusion, une ponctuation finale), ou bien il y a quelque chose en trop.

Bref, vous l’aurez compris, la fin est lassante… Mais j’ai peut-être loupé quelque chose. A vous de juger.

« Pourquoi j’ai mangé mon père » – Roy LEWIS

Terrrrrrible. Il y a des livres qui sont indispensables à lire. Celui-ci en est un. Pas qu’il contienne des idées neuves, mais il a une façon très originale de les présenter.

mangepere.pngJe m’explique. Le pitch en deux mots : l’histoire se déroule dans le pléistocène (je suis allé chercher de quoi vous faire un petit rappel : << pléistocène : période géologique qui s’étend d’il y a 1,8 million d’années à il y a 10’000 ans. Cette période est caractérisée par des cycles répétés de glaciations globales intensives, ou ères glaciaires, séparées par des stades interglaciaires plus chauds. >> ). Bref, vous l’aurez compris tout seul : nos héros ne sont pas des homo-sapiens-sapiens (hommes modernes), mais de respectables pithécanthropes. On y voit l’histoire (qui s’étale sur près d’une génération) d’une horde de ces pré-hommes. Leurs difficultés, leurs solutions, leurs erreurs…

Je dois vous l’avouer : j’avais un peu peur avant d’attaquer la lecture de cet ouvrage. L’auteur confirme qu’à cette époque, il y a moult tribus qui n’avaient à leur disposition que 200 ou 300 mots pour s’exprimer. Alors, dans un livre qui donne dans le paléontologique, je craignais que le style soit aussi limité que ce maigre vocabulaire (à la façon du film " la guerre du feu " de Jean-Jacques ANNAUD, qui a un scénario sans le moindre dialogue oral).

Mais ici : que nenni ! Au contraire… On y trouve des dialogues, des effets de style, et des idées tout ce qu’il y a de contemporain ! Ce décalage entraîne des situations très comiques.

Et c’est la première surprise de ce livre : il est extrêmement drôle. Passé les premières pages, une fois que nous acceptons cet anachronisme, on rit beaucoup. Par le texte au premier degré. Mais aussi, parce que l’auteur, au travers de paraboles, nous renvoie en pleine figure toutes formes de travers, d’interrogations, de pensées toutes à fait modernes, et même, étrangement, d’actualité.

J’ai dis étrangement ? En effet… Bien que traduit en français qu’en 1990, sachez que l’auteur a écrit cet ouvrage en 1960 ! Et pourtant, au travers des découvertes de nos ancêtres (découverte et maîtrise du feu, de l’art pictural, de la construction des armes, de la stratégie, de la diplomatie, de l’amour, de la croyance en l’au-delà), on y trouve des interrogations sur " faut-il breveter une idée comme la création du feu avec des silex" (quand on pense au battage actuel sur les brevets logiciels, on ne peut que sourire), sur " faut-il aller de l’avant, expérimenter, rechercher, ou bien faut-il se contenter de ce qu’on a ?"…

Et pour faire naître ces dilemmes, l’auteur a su distribuer habilement à ces personnages les différents caractères et modes de pensées politiques. On y trouve Edouard (le père), un génial inventeur très humaniste et progressiste, Vania (l’oncle), un vrai conservateur réactionnaire (pléonasme ?), Ian, le globe trotteur, l’aventurier qui revient dans sa tribu pour raconter ce qu’il a découvert dans le reste du monde…

Bref, très bon livre ! (CQFD)

A lire absolument…

DrapeauEuropeen.pngJe suis tombé par hasard (non, finalement, ça n’est pas un hasard) sur un site à lire absolument.

Je dois préciser que de base – pour qu’on ne me traite pas d’intégriste ou de psychorigide – je me sens citoyen européen dans l’âme. J’ai déjà voté oui à l’Europe, et malgré certaines conséquences perverses, je ne regrette pas ce choix.

Maintenant, sur la constitution européenne, je dois avouer que pour une fois, je me posais pas mal de questions. Sans vraiment pouvoir avancer des arguments forts, les quelques remarques que je pouvais lire par ci ou par là ne m’inspiraient pas confiance. Mais ce sentiment relevait plus de l’intuition que du scientifiquement recevable.

Or, je crois que je viens de tomber sur un excellent site, ouvert, argumenté, qui se limite à 5 raisons pour lesquelles il faut voter non (l’auteur du site admet qu’il y en a plus que 5, mais il dit que chacune de ces 5 là valent, à elles seules, un refus du traité de constitution).
Bien entendu, je vous laisse libre de juger et de débattre. Voici le lien :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm

[article initialement posté le 07/04/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Deux livres

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler d’un livre, mais de deux. Ils ont en commun d’avoir été écrits par des auteurs contemporains, qui ne manquent pas une occasion de peindre notre société, sans oublier de le faire parfois avec des couleurs vives, parfois avec des couleurs grises, et parfois aussi, en grattant bien la toile avec leurs outils.

M.Houellebecq-LesParticulesElem.pngLe premier est de Michel Houellebecq : « Les particules élémentaires ». Je dois avouer que je suis bien embarrassé pour en parler. Pourtant, le style est bon. Pourtant, la façon de décrire l’univers des personnages, notre univers, est criante de vérité. J’y ai noté moult citations, plus vraies les unes que les autres. Seulement, le scénario, qui sert de fil conducteur au roman, ne m’a pas accroché. C’est la vie un peu triste, trop fade, de deux demi-frères. Ce maigre fil conducteur est prétexte à l’auteur de montrer plusieurs facettes de notre société. Bref, à lire pour le fond, pas pour l’historie.

F.Beigbeder-99Fr.pngLe second est de Frédéric Beigbeder : « 99 francs ». Je vous rassure tout de suite : pour que les amnésiques qui ont déjà oublié les francs puissent tout de même suivre, il existe une version traduite en Euro : 14.99 € :o) ) Cette fois-ci, l’accroche tourne autour de la vie d’un créatif, tantôt dépressif, tantôt shooté à la cocaïne. Au travers du petit microcosme des publicitaires, il nous éclaire certaines facettes stupides de notre société de consommation. Ici aussi, les personnages ne sont pas vraiment seins d’esprits, mais cet ouvrage contient plus d’humour que le précédent, ce qui le rend vraiment plus agréable à lire.
Bref, deux romans à ne pas manquer, si vous souhaitez regarder notre univers au travers des yeux des jeunes auteurs…

La franc-maçonnerie

Ayant changé de moteur de site web (je suis passé de BLOG:CMS à NPDS), je me suis mis en quête de remettre en ligne les anciens articles (en tout cas, les plus importants) sur ce nouveau site. Or, sur l’ancien site, j’avais posté deux articles sur la franc-maçonnerie.

Le premier était un article assez provocateur (c’était étudié pour) dont le rôle était de dresser la liste des idées reçues que je me faisais sur la franc-maçonnerie. J’ai posté cet article sur mon site, et aussi sur le forum du site d’une des loges du "Grand Orient De France" (GODF pour les intimes) : la loge "l’eau vive".

J’ai posté le second article quelques jours après ce premier. En effet, après avoir débattu sur le forum avec des francs-maçons et des profanes, ma vision des choses a évolué, et il devenait honnête de publier mes évolutions de pensée.

Ci-dessous, le texte intégral et original de ces deux articles.

Article n° 1 du 17/03/2005 : "Petite dissert’ sur la franc-maçonnerie"

Je suis tombé totalement par hasard sur le site de la loge " l’Eau Vive " (je sous-titre pour les non connaisseurs – pour les profanes – : c’est une loge de la franc-maçonnerie).

Or, sur ce site, il existe des forums où des profanes peuvent débattre sur différents sujets, en rapport avec la franc-maçonnerie. Dès lors, je me dis " chouette " ! Depuis le temps que j’ai des tonnes de questions à poser et de réflexions à faire sur ce courant de pensée… L’occasion est trop belle.

Je me mets à écrire, écrire, et je me rends compte que la longueur du texte (et le nombre de sujets qu’il contient) dépasse les quelques lignes qui constituent généralement un article de forum sur Internet.

Deux solutions s’offrent à moi : soit poser mes questions et lancer des débats au compte-gouttes. Ca risquait de prendre du temps, et les fils de discussion risquaient de ressembler à un fourre-tout difficile à synthétiser. L’autre solution, que je viens d’adopter, était de rédiger un petit essai. Sans ambition, ce texte pourra, je l’espère, faire réagire les francs-maçons, tout comme les profanes.

En préambule, je souhaite vous prévenir que le ton de ce texte risque de vous paraître narcissique. Mais c’est normal. J’y raconte mes questions, mes réflexions, mes façons de voir. Ca n’est pas une [auto/psych]analyse. Ce que je souhaite, c’est avant tout susciter des réactions, et lire vos commentaires, vos réponses, vos opinions. N’hésitez pas à m’envoyer des e-mails, à poster dans les forums.

Autre précision : n’étant pas franc-maçon, je risque d’utiliser certains termes maçonniques (profane, loge, initiation, etc.) à mauvais escient. Merci d’être indulgent si vous êtes initié. Et si vous êtes simple profane, mieux vaut vous cultiver un peu (sur Internet ou ailleurs) pour comprendre ces quelques termes ; sinon, vous risquez vite d’être perdu (je ne les expliquerai pas vraiment).

Pour commencer, vous l’aurez compris, on ne passe pas son temps à écrire un texte sur un sujet qui nous laisse indifférent. Pourquoi ais-je été intrigué, fasciné, et pour autant, pourquoi n’ais-je pas intégré ce courant de pensées ?

Tout d’abord, on est forcément intrigué par ce qu’on ne connaît pas (curiosité oblige). Il est vrai que les francs-maçons ont le chique pour cultiver le secret. Des signes de reconnaissance inconnus, un langage imagé, des rites, symboles et coutumes dont ne sont dévoilés que quelques bribes, juste de quoi attiser notre curiosité… Sans compter que certains textes, articles, livres et romans s’amusent à cultiver (à tort ou à raison) des légendes autour des francs-maçons. Ces derniers y sont parfois liés aux Templiers, parfois sataniques, parfois vus comme des mains de marionnettiste qui tiennent dans l’ombre les ficelles de la société dans laquelle nous vivons…

Malgré ça, difficile (pour moi en tout cas) de rester insensible à l’objectif premier de la franc-maçonnerie. Je ne suis pas initié. Aussi, je dirai peut être une énormité. Mais je crois que l’objectif premier des francs-maçons est d’ " aider l’Homme à devenir plus grand ". Plus sage. Plus ouvert. Plus mûr. En un mot : devenir meilleur.

Avec tous ces secrets, ces rites, et un objectif repris si souvent par les ouvrages ésotériques, on ne peut s’empêcher de se demander si la franc-maçonnerie ne serait pas une secte. Je ne suis pas sûr d’avoir vraiment un jour la réponse à cette question. Les initiés s’en défendent. Ils nous expliquent que beaucoup de choses les différencient. On peut quitter une loge quand on veut. On ne subit alors aucune pression. On ne vous demande pas d’argent (quoi que… j’ai cru lire le contraire quelque part – un pourcentage de votre salaire serait le bienvenu – ; quelqu’un confirme ?). Et on ne vous impose pas d’idée (ici aussi, je reviendrai sur ce sujet). C’est vous qui devrez découvrir votre vérité, votre savoir.
On vous demande juste de revendiquer les valeurs sur lesquelles repose la franc-maçonnerie. J’ai entendu dire que ces valeurs étaient celles des grands bâtisseurs des cathédrales, des architectes du siècle des lumières… On nous parle d’ouverture d’esprit, de soif d’apprendre et d’enseigner, de l’art d’écouter les autres et d’argumenter quand c’est notre heure.

Tout ça " sonne bien ". En toute honnêteté, je suis conquis. Aider l’Homme à devenir meilleur… quelle belle ambition. Si on est curieux. Si on aime, plus ou moins régulièrement, se poser des questions sur des thèmes comme l’origine de l’Homme, son devenir, son savoir, sa faculté de s’organiser en sociétés, son intelligence, l’utilisation qu’il fait de celle-ci pour concevoir des sciences, des techniques. Sur les relations qu’il entretient avec ses congénères, avec son environnement. Si on aime réfléchir sur " comment on fonctionne soit même ", chercher à comprendre comment sont les autres, quels sont leurs schémas de pensées, leurs ambitions, leurs préférences, leurs attirances, leurs peurs. Si on aime prendre de temps en temps du recul face à la vie, à éloigner son nez du guidon dans sa vie quotidienne. Alors, on ne peut pas rester insensible à la franc-maçonnerie. On ne peut pas ne pas être pris de curiosité.

Dès lors, pourquoi ne pas devenir franc-maçon ? Je poserais la question à l’envers : pourquoi le devenir. Les francs-maçons indiquent souvent les même motivations.

Tout d’abord, la fraternité. Ce sentiment d’appartenir à un groupe solidaire. On y est bien, on y est apprécié et reconnu, et on apprécie et reconnaît les autres. On s’entre aide. On laisse les animosités et autres sentiments primaires et animaux au vestiaire.

Seulement, en ce qui me concerne, je n’ai pas la fibre familiale très développée. Je sais, par expérience personnelle ou de visu, que de tels liens, qu’ils soient familiaux, amicaux, ou d’autres natures, ne sont pas construits en acier trempé. En effet, considérant que même chez les francs-maçons, il existe une hiérarchie, je ne vois pas comment empêcher certaines personnes d’être carriéristes, d’avoir des ambitions de pouvoir. On risque alors d’y retrouver les mêmes perversions que dans d’autres modèles : des gens qui calculent leurs relations, leurs prises de parole, etc. Avec comme objectif d’atteindre les hauteurs de la pyramide de la hiérarchie.

Autre coté pervers : il est souvent rapporté que statistiquement, les francs-maçons ont, dans leurs " vie civile ", des postes souvent élevés. Même si chaque loge pourra vous parler de l’exemple de telle ou telle personne qui est ouvrier, ou simple " gratte papier de base ", en général, j’ai plutôt l’idée que les loges sont remplies de gens ayant un niveau d’étude et un niveau hiérarchique professionnel plus élevé que la moyenne. Alors, comment savoir si certaines personnes ne se rapprochent pas de la franc-maçonnerie uniquement pour lier des contacts avec des gens influents, pouvant servir leurs ambitions personnelles ?

Dernier coté vicieux de cette fraternité : si un frère " dérape ", " pète un fusible ", " fait une grosse boulette qui va l’envoyer tout droit en prison " (ça peut toujours arriver, nous ne sommes que des hommes), que doit-on faire ? Le laisser tomber ? Le défendre ? Simplement le soutenir ? Qu’est ce que ces choix peuvent nous amener à faire que nous n’aurions pas fait sans cette notion de fraternité ?

La deuxième raison souvent évoquée pour l’adhésion à une loge, c’est ce besoin de " cogiter en groupe ". Avoir des pensées seul dans son coin, c’est bien. Mais en débattre avec d’autres personnes, ça nous oblige souvent à progresser : on découvre de nouvelles idées, des façons de voir différentes, … Or, dans " la vraie vie ", ce genre de dialogue est difficile. On peut rencontrer des gens butés qui n’acceptent pas d’autres points de vue. Des gens inintéressés par toute discussion un peu philosophique. Et surtout, il faut trouver les moments propices à cette discussion (avec les rythmes de folies que nous avons, la TV, etc., ces moments deviennent rares). Appartenir à une loge, ça nous assure que les autres membres ont déjà fait la démarche d’avoir envie de débattre, de dialoguer, et de respecter des règles qui permettent à chacun de s’exprimer.

Je dois avouer que c’est probablement l’aspect que je trouve le plus intéressant dans la franc-maçonnerie. Encore faut-il être sûr que ce ne soit pas une chimère. En effet, simple question : combien de " vrais " athées appartiennent à une loge maçonnique ? Je parlais tout à l’heure de la liberté de pensée. Oui, on n’est pas tous obligés d’avoir la même religion pour être franc-maçon. Mais si j’ai bien compris différentes lectures, il est par contre difficile de l’être sans croire au minimum au " grand créateur ". Je traduirais ça par " dieu unique ", et " dieu qui n’a peut être pas le pouvoir de tout gérer au quotidien, de tout manipuler, tout contrôler, mais qui au moins, a inventé les règles primordiales qui nous régissent ".
Pour ma part, ma vraie croyance est une tendance à avouer mon ignorance. En effet, il pourrait exister un dieu du style " grand créateur ". Mais alors, pourquoi pas plusieurs ? Ou, plus blasphématoire pour les francs-maçons : pourquoi pas " pas de créateur du tout " ? Dieu n’est-il pas tout simplement une invention de l’Homme ? Les choses ne peuvent-elles pas être, tout simplement. Sans qu’aucune forme ou être supérieur ne les ait créées ? Le fait de penser ainsi m’éloignera-t-il à tout jamais des loges francs-maçonniques (tout commentaire sera bienvenu) ? Bien sûr, on va m’expliquer que ce genre de pensée n’est pas interdite dans les loges. Mais on va aussi m’expliquer que de raisonner en partant de telles hypothèses risque de déboucher sur des idées qui se révèleront incompatibles avec les fondements et rites des loges. Plutôt démago comme raisonnement, non ?

Parmi les raisons qui poussent aussi certaines personnes à être franc-maçon, on retrouve aussi l’idée d’être " entre hommes ". Remarquez : je n’ai pas mis de majuscule à homme. Sous-entendu : à l’écart des femmes. En effet, simple profane qui lit ces lignes : sache qu’a l’origine, les femmes ne pouvaient pas faire partie d’une loge franc-maçonnique. Ni les homosexuels, ni les handicapés d’ailleurs. Les choses ont changé depuis : maintenant, on trouve des loges uniquement féminines, et des loges mixtes. Malgré tout, même si les meurs évoluent, ce sexisme ne démontre par la très revendiquée " ouverture d’esprit ", ni cette faculté qu’auraient les frères à " laisser leurs instincts primaires au vestiaire, et d’élever le débat ". Sans commentaire.

Pour conclure. Vous l’aurez compris : je trouve les idées fondamentales de la franc-maçonnerie très attirantes. Mais dans les faits, j’ai peur que ces ambitions ne restent que des voeux pieux.

Simple exemple : je connais une personne ayant un métier respectable. Et un poste des plus haut placé et respecté dans sa profession. Pourtant, dans la vie de tous les jours, cette personne a tendance à prendre les gens de haut. A être très possessive quant à son savoir (et oui, le savoir, c’est le pouvoir). Bref, très éloignée de l’idée que je me fais de l’altruisme. Aussi, quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre que cette personne était franc-maçon ! Je me faisais une toute autre opinion de ce que pouvait être quelqu’un dont une ambition majeure était de faire grandir l’humanité. D’accord, on peut toujours imaginer que cette personne avait peut-être, en d’autres lieux, à d’autres moments, des façons d’agir plus louables. Mais alors, pourquoi ne pas être ainsi tout le temps ? On peut aussi imaginer que c’était peut-être une brebis galleuse au sein de la loge (et oui, nous ne sommes que des hommes, et dans toute organisation – même chez les francs-maçons -, on peut trouver des gens qui ne respectent rien). Quoi qu’il en soit, si être franc-maçon, c’est lui ressembler, je ne veux pas être initié.

Sauf si j’ai oublié quelque chose ?

Article n° 2 du 30/03/2005 : "Franc-maçonnerie : droit de réponse avec moi-même"

Comme me l’a fait remarquer Herodote dans son commentaire, suite à mon petit laïus sur la franc-maçonnerie, quelques débats se sont déroulés sur les forums de la loge " l’Eau Vive ".

Ces échanges avec des maçons comme avec des profanes, très enrichissants, m’ont permis de trouver quelques réponses (probablement pas toutes) aux questions que je me pose/posais sur la franc-maçonnerie.

Bien entendu, je pourrais maintenant vous refaire un speech, du style " ce que je pensais avant " / " ce que je pense maintenant ". Seulement, ça risquerait d’être un peu long, et de n’intéresser… que moi-même.

Aussi, je pense, cher visiteur qui pourrait atterrir par hasard sur ces quelques lignes, que le mieux, pour comprendre la franc-maçonnerie est :

  • soit de lire les ouvrages décrivant ce courant. Je n’ai pas moi-même suivi ce chemin. Aussi, je n’ai pas de référence à proposer. Mais il paraît que toutes les librairies sont remplies de livres sur ce sujet ;
  • et/ou, d’en discuter avec les francs-maçons eux même. Pour ce, je suppose que l’idéal est d’en connaître un ou plusieurs. Dans le cas contraire, alors, je vous propose de faire comme moi : aller lire, éventuellement, aller vous présenter et débattre sur les forums du site de la loge déjà citée (je vous donne le lien direct : http://godf-eauvive.org/partagium/Files/).

D’ailleurs, je serais tenté de vous dire que cette dernière solution présente plusieurs avantages. Elle est plus interactive qu’un livre (on peut poser ses propres questions, celles qui nous préoccupent), et on obtient des réponses de la part de francs-maçons, mais aussi, de la part de simples profanes comme nous. Je n’y ai pas trouvé d’opposant, mais tout de même, plusieurs mouvements de pensées s’y expriment.

Mais surtout, nous ne sommes pas dans une relation orale, mais écrite. Ca nous oblige à bien formuler ses idées, et plus important, ça laisse une trace des réponses. Et je dois avouer que parfois, il faut lire plusieurs fois certains posts pour en cerner toute la profondeur. Pas qu’il y ait de message codé. Seulement, certains thèmes ne peuvent se contenter d’une oreille distraite.

Pour conclure, j’ai fait sur ce site des rencontres très enrichissantes, et j’ai dialogué avec des personnes sincères, ouvertes, " philosophes ", et pour autant pas dénuées d’humour. Je ne sais pas si je ferai moi-même la démarche de devenir un jour " initié " (il me reste peut-être à voir si cette voie est celle qui me correspond, ou peut-être, à attendre le bon moment, que je sois suffisamment mûr ou sage), mais en tout cas, je ne fais pas de réaction épidermique à cette idée…

Pour les fan de Mike Oldfield (et les percussionnistes en herbe)

Si vous êtes fan de Mike Oldfield, ou si vous aimez seulement bien, ou enfin, si vous vous sentez l’âme d’un percussionniste, vous devriez aimer cette petite animation (qui nécessite "flash player", dispo en téléchargement sur le site de macromedia) :


Tubular Bells III

Mode d’emploi : cliquez sur les tambours en bas à droite pour démarrer le "sampling". Si vous ne connaissez pas ce troisième opus de Tubular Bells, écoutez les différentes leçons, et essayez de reproduire les coups de cloche en rythme. Sinon, si vous connaissez le morceau par coeur, lâchez vous, et cliquez sur les tuyaux "à l’oreille" .

Code Da Vinci : l’enquête – Marie-France ETCHEGOIN, Frédéric LENOIR

Da Vinci Code : L'Enquête (1ere de couverture)Après vous avoir parlé du livre en lui même, normal que je vous parle de l’enquête liée au livre.

Enfin, quand je dis l’enquête, je devrais dire une des enquêtes. Car le livre de Dan BROWN a fait couler beaucoup d’encre, et il existe beaucoup de livres sur ce roman (le site français d’amazon nous en donne déjà plus d’une dizaine). Normal me direz-vous : le livre vous oblige à vous poser un grand nombre de questions. Et en particulier, dans tous les faits historiques et interprétations qu’en fait Dan BROWN, qu’est ce qui est vrai, et qu’est ce qui ne l’est pas ?

Il me semble que de toute la liste des ouvrages tournant autour du "Da Vinci Code", celui cité en objet est un des seuls (le seul ?) écrit par des Français. Marie-France ETCHEGOIN est journaliste (grand reporter au Nouvel Observateur), et Frédéric LENOIR est philosophe, sociologue, et historien au journal "le monde des religions"*.
Les auteurs ont recherché les sources qui ont pu inspirer Dan BROWN, et les décortiquent avec la rigueur scientifique nécessaire. Le résultat est vraiment à la hauteur. Si vous souhaitez en savoir plus sur le Prieuré de Sion, l’Opus Dei, le féminin sacré… foncez, ce livre est fait pour vous.
Vous découvrirez qu’une part du roman s’appuie sur des thèses bien discutables, que d’autres parties sont rigoureusement exactes. Mais surtout, vous vous rendrez compte qu’une des grandes questions posées par le code Da Vinci (la place – ou plutôt le refoulement – du féminin dans les religions) est une problématique qui mérite d’être posée. Et surtout, vous aurez probablement envie d’en savoir encore plus sur les origines des religions. Non pas celles qui sont racontées dans les églises, mais celles que les historiens essaient de reconstituer avec les quelques écrits qui ont pu traverser l’histoire…

(*) : Le monde des religions est un journal bimestriel né du rapprochement (de la fusion) entre "Le Monde" et les Publications de la Vie catholique (PVC). Le site web de cette revue semble mort (http://www.lavie.presse.fr/MDR/).

Da Vinci Code – Dan BROWN

Je viens [seulement me direz-vous ?] de terminer le best-seller du moment cité en objet. Je n’aurai qu’un mot à dire : bien. Un livre vraiment prenant, relaxant à souhait, parfait pour les vacances : pas [trop] compliqué, avec une bonne intrigue, les bonnes grosses ficelles qui marchent bien, genre petits chapitres qui racontent en parallèle le déroulement de l’histoire selon les points de vues des différents personnages ou groupes de personnages, des rebondissements fréquents, des énigmes (pas trop compliquées pour la plupart)… Bref, on passe vraiment un bon moment.

Evidemment, une fois la quatrième de couverture refermée pour la dernière fois, on ne peut s’empêcher de se demander " mais qu’est ce qui est vrai dans tout ça ? "… Je ne rentrerai pas dans les détails (pour ne pas divulguer l’intrigue à ceux qui ne l’ont pas lu, mais aussi et surtout, parce que je ne suis pas historien), mais il faut savoir que le livre fonde son scénario sur des secrets cachés, des conspirations liées aux religions, des appartenances de certains illustres personnages à des sociétés secrètes… Dans cette foule d’informations, qu’est ce qui est vrai, et qu’est ce qui est de l’ordre de la légende ? J’ai envie de dire peu importe.

En effet, l’auteur s’appuie sur une théorie, une thèse. Comme toute thèse, elle a peut être sa part de vérité, sa part d’erreur, ses zones d’ombre. Je laisse les spécialistes disserter sur ce sujet.

Aussi, je pense qu’il faut lire ce livre en gardant à l’esprit ce qu’il est : un roman. Prenez plaisir à déroulez ce récit comme un bouquin de fantasy, un ouvrage du style Bernard Lentéric La nuit des enfants roi, et profitez de cette lecture pour voir ou revoir les oeuvres artistiques qui y sont décrites, en reproduction, ou durant une ballade parisienne dans les églises et les musées.

Canal-U (vidéos universitaires)

Excellent !!! J’ai remis la main sur un excellent site web qui diffuse la vidéo des cours universitaires d’un grand nombre de disciplines en français. Voici le lien :

Attention : mieux vaut avoir installé au préalable RealPlayer, QuickTime, et M$ MédiaPlayer. Je n’ai pas encore testé sous Linux.
Un site qui vaut vraiment le détour (c’n’est pas bon pour aller se coucher tôt ça)…