<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>servitude &#8211; desvigne.org</title>
	<atom:link href="https://desvigne.org/tag/servitude/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://desvigne.org</link>
	<description>Blog principal d&#039;Emmanuel DESVIGNE</description>
	<lastBuildDate>Sun, 13 Sep 2009 20:08:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.2</generator>

<image>
	<url>https://desvigne.org/wp-content/uploads/2025/03/Logo1-192-80x80.jpg</url>
	<title>servitude &#8211; desvigne.org</title>
	<link>https://desvigne.org</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Peut-on obliger les gens à être heureux ?</title>
		<link>https://desvigne.org/2009/09/12/peut-on-obliger-les-gens-a-etre-heureux/</link>
					<comments>https://desvigne.org/2009/09/12/peut-on-obliger-les-gens-a-etre-heureux/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Manu]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2009 13:02:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philo/Politique]]></category>
		<category><![CDATA[bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne de la Boétie]]></category>
		<category><![CDATA[hédonisme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Onfray]]></category>
		<category><![CDATA[Politique du rebelle]]></category>
		<category><![CDATA[servitude]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://desvigne.org/?p=1289</guid>

					<description><![CDATA[Je me souviens d&#8217;un sujet de philo qui a dû tomber au bac à l&#8217;époque où moi-même j&#8217;étais au lycée : « peut-on obliger les gens à être libres ». Pris au premier degré, cette phrase est un oxymore : « obligation » et « liberté » ne peuvent cohabiter dans la même phrase, dans la même action. Le sujet semble vite plié. Oui mais voilà&#8230; Imaginons qu&#8217;un être humain soit asservi durant des années. Par exemple, par des parents tortionnaires dans un premier temps. Puis livré à une jungle violente. Puis à des époux(ses) possessifs et manipulateurs. Qu&#8217;obtient-on in fine ? Des gens qui ont passé leur vie à ne pas la vivre, mais à faire le bonheur des autres, sans plaisir pour eux-même. Oh, quand on les voit, ils ne semblent pas spécialement malheureux. Combien sont dans cette situation, obligés de peser chacun des mots qu&#8217;ils disent, chacune des actions qu&#8217;ils font, pour éviter d&#8217;en dire trop, pour éviter dans faire trop, pour ne&#46;&#46;&#46;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Je me souviens d&rsquo;un sujet de philo qui a dû tomber au bac à l&rsquo;époque où moi-même j&rsquo;étais au lycée : « peut-on obliger les gens à être libres ». Pris au premier degré, cette phrase est un oxymore : « obligation » et « liberté » ne peuvent cohabiter dans la même phrase, dans la même action. Le sujet semble vite plié.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://desvigne.org/wp-content/uploads/2009/09/whole-human.jpg" alt="" title="" width="350" height="256" class="alignleft size-full wp-image-1311" srcset="https://desvigne.org/wp-content/uploads/2009/09/whole-human.jpg 350w, https://desvigne.org/wp-content/uploads/2009/09/whole-human-320x234.jpg 320w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" />Oui mais voilà&#8230; Imaginons qu&rsquo;un être humain soit asservi durant des années. Par exemple, par des parents tortionnaires dans un premier temps. Puis livré à une jungle violente. Puis à des époux(ses) possessifs et manipulateurs. Qu&rsquo;obtient-on in fine ? Des gens qui ont passé leur vie à ne pas la vivre, mais à faire le bonheur des autres, sans plaisir pour eux-même. Oh, quand on les voit, ils ne semblent pas spécialement malheureux. Combien sont dans cette situation, obligés de peser chacun des mots qu&rsquo;ils disent, chacune des actions qu&rsquo;ils font, pour éviter d&rsquo;en dire trop, pour éviter dans faire trop, pour ne pas qu&rsquo;une phrase ou un geste n&rsquo;engendre des représailles invivables ? Et je ne parle pas uniquement de violence physique. La pression psychologique a des conséquences toutes aussi néfastes et bien plus perverses, car non visibles par les autres au premier coup d&rsquo;œil.</p>
<p>Pour en arriver là, il faut que cet esclave stoïcien accepte le pouvoir de son seigneur. Tous ces mécanismes ont déjà été si bien décrits entre autre par Étienne de la Boétie, souvent cité dans ces colonnes. J&rsquo;en profite pour publier ici-même l&rsquo;œuvre majeure dont il est question : le «<a href="https://desvigne.org/etienne-de-la-boetie-discours-de-la-servitude-volontaire" target="_blank">discours de la servitude volontaire</a>». Et ces mécanismes fonctionnent tellement bien dans notre monde où le « sens du sacrifice » est placé si haut dans la morale populaire.</p>
<p>Il existe certainement des milliards d&rsquo;êtres humains qui vivent dans ces conditions. Par lucidité, on se dit qu&rsquo;on ne peut les sauver tous. Alors, tous les jours, on utilise la seule arme que nous avons à notre disposition. Modestement, on se veut pédagogue. A chaque fois que l&rsquo;occasion nous est donnée, petitement, on dénonce ces mécanismes. On explique aux petits tyrans qu&rsquo;ils ont peut-être tord, qu&rsquo;un être humain n&rsquo;est pas une terre ou un objet qu&rsquo;on peut posséder ou manipuler à l&rsquo;envi. On montre aux dominés qu&rsquo;ils ne sont peut-être pas obligés d&rsquo;accepter leur condition, qu&rsquo;il leur serait finalement assez simple de se rebeller. Avec l&rsquo;espoir que plus ces paroles seront martelées, plus elles seront portées par un maximum de gens, plus la prise de conscience collective grippera ces processus d&rsquo;aliénation et libèrera les hommes.</p>
<p>Seulement voilà. Parfois, notre vie croise une de ces personnes, disposée depuis son plus jeune âge à subir, à vivre sa vie telle qu&rsquo;on la lui commande. D&rsquo;une population globale qu&rsquo;on ne peut sauver seul, on se retrouve face à un individu singulier. Alors, on décide de le prendre par la main, on se retrouve à vouloir le libérer. On lui fait prendre conscience de ce qui l&rsquo;a amené à subir, à devenir esclave (mais n&rsquo;en était-il pas déjà conscient ?). On lui donne les clés qui lui permettraient d&rsquo;ouvrir sa cage. La cage s&rsquo;ouvre, l&rsquo;oiseau sort, et&#8230; contre toute attente, il fait demi-tour, et retourne dans sa prison !!!</p>
<p><img decoding="async" src="https://desvigne.org/wp-content/uploads/2009/09/oiseau_reste_dans_sa_cage.jpg" alt="" title="" width="236" height="320" class="alignright size-full wp-image-1313" />Tel le syndrome de Stockholm déclenche chez les otages une empathie vis à vis des geôliers, une contagion émotionnelle opère entre le seigneur et son vassal. Mais surtout, il se trouve que le soumis n&rsquo;a jamais appris à être souverain de sa propre vie. Il n&rsquo;a jamais appris à se donner le droit d&rsquo;agir pour obtenir ce qu&rsquo;il veut vraiment. Pour résumer : la liberté lui fait peur !</p>
<p>Que faire alors ? Je n&rsquo;ai pas la réponse&#8230; Baisser les bras, et se dire que cette personne est perdue ? En effet, apprendre à quelqu&rsquo;un à être libre, à prendre ses décisions et des responsabilités, à refuser l&rsquo;autorité qui ne servirait que l&rsquo;intérêt d&rsquo;un tyran, ça fonctionne plutôt bien avec un enfant. Mais comment faire avec un adulte qui a été déconstruit année après année ? Qui a le vertige face à sa propre liberté ? Lui faire lire la «<a href="http://pagesperso-orange.fr/MICHEL.ONFRAY/politiquedurebelle.htm" target="_blank">Politique du rebelle</a>» de Michel Onfray semble insuffisant.</p>
<p>Autre solution : le sortir de force de sa cage. Et là, on retombe sur notre première question : peut-on obliger quelqu&rsquo;un à être libre ? Ce qui signifierait que nous agirions avec lui de force, contre son gré, avec l&rsquo;espoir que, le temps faisant, il se reconstruise et apprenne à vivre libre ? Mieux encore : qu&rsquo;il apprécie sa liberté. Dans ce cas, ne deviendrions nous pas nous-même un tyran, un manipulateur, aussi vil et illégitime que ceux que nous combattons ? Parce qu&rsquo;en effet, qui sommes-nous pour avoir l&rsquo;outrecuidance de savoir mieux que les autres ce qui ferait leur bonheur ? J&rsquo;ai toujours eu une grande méfiance vis-à-vis de ceux qui veulent faire le bonheur des gens malgré eux.</p>
<p>Alors quoi ? Sommes-nous devant une impasse ?</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td><img decoding="async" src="https://desvigne.org/images/barre512x1.gif" title="-" align="left" border="0" /></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><a href="http://emmanuel.desvigne.free.fr/mp3/Nina_Simone--i_wish_i_knew_how_it_would_feel_to_be_free.mp3" target="_blank"><img decoding="async" src="https://desvigne.org/zic/d7_zic.gif" border="0" alt="download" width="16" height="16" /></a> <span style="color: #6688bb;"><strong>Fond musical :</strong></span> <strong>Nina Simone &#8211; </strong>I wish I knew how it would feel to be free</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><audio src="http://emmanuel.desvigne.free.fr/mp3/Nina_Simone--i_wish_i_knew_how_it_would_feel_to_be_free.mp3" controls>[audio:http://emmanuel.desvigne.free.fr/mp3/Nina_Simone&#8211;i_wish_i_knew_how_it_would_feel_to_be_free.mp3|titles=I wish I knew how it would feel to be free|artists=Nina Simone]</audio></td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://desvigne.org/2009/09/12/peut-on-obliger-les-gens-a-etre-heureux/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		<enclosure url="http://emmanuel.desvigne.free.fr/mp3/Nina_Simone--i_wish_i_knew_how_it_would_feel_to_be_free.mp3" length="3022625" type="audio/mpeg" />

			</item>
	</channel>
</rss>
