Erreurs judiciaires…

Supposons que vous ayez fait la connaissance, sur le web, d’un grand homme. Evidemment, la notion de "grand homme" est somme toute relative, et a une signification propre à chacun. Mais qu’importe. Il s’agit d’un homme franc, droit, ouvert, juste, et… humain.

Puis vous apprenez que cet homme est en attente d’un jugement. Qui plus est, pour une affaire de moeurs. Ca vous semble incroyable, improbable. De deux choses l’une : ou bien vous vous êtes trompé sur cette personne (ça m’est déjà arrivé, et ça m’arrivera encore), ou bien l’affaire est calomnieuse. Vous faites quelques recherches, posez quelques questions… et très vite, vous découvrez que c’est probablement cette dernière affirmation qui est la bonne. L’affaire en question est d’ailleurs un procès d’appel, et votre ami a déjà été acquité par deux fois. Vous comprenez alors que quelqu’un, ou plutôt quelques personnes, souhaitent le démolir…

Alors, très candidement, vous faites confiance à la justice de votre pays. Vous vous dites que s’il est innocent, si le dossier à charge est vide, il n’y a aucune raison, non vraiment aucune, pour qu’il ne soit pas acquité.

La chute libre…

C’est le modèle des "biens pensants", celui qu’on vous présente comme idéal depuis que vous êtes tout petit, qui s’écroule en 3 secondes, lorsque vous apprenez la condamnation : 8 ans !!!

Re-doute : l’homme est-il coupable ? La justice s’est elle trompée… ? Alors, vous décortiquez. Et vous ouvrez les yeux sur un monde que vous n’avez jamais voulu voir tel qu’il est.

Parce que, réellement, vous pensez que vraiment, 100% des gens qui sont en prison méritent de l’être ??? Et que 100% des gens qui sont dehors ne méritent pas d’y être ??? Quelle candeur ! D’autant que la machine à erreur judiciaire est facile à embaler :

  • des juges d’instruction qui n’instruisent qu’à charge,
  • des témoignages dont on ne cherche pas à connaître la véracité, dont ne garde que certains fragments,
  • des jurés qui n’ont pas accès au dossier d’instruction (!!!! alors là, oui, j’ai découvert ce détail incroyable : en France, les membres du jury ne se font leur opinion que sur ce qui se dit au procès ; ils n’ont pas accès aux documents papier),
  • etc. (la liste pourrait être longue).

Même la notion de jury populaire, pour lequel, il y a quelques semaines, vous auriez éré prêt à vous battre en sortant bec et ongles, ne vous semble plus être une solution absolue. Comment certaines personnes peuvent-elles avoir le recul nécessaire pour juger une situation ?

Tout le monde vient de parler de l’affaire d’Outreau. Celà ne vous démontre-t-il pas que la justice peut se tromper ? Le fait que le dernier jugement en appel de cette affaire se soit exceptionnellement déroulé à Paris ne démontre-t-il pas que la machine judiciaire est consciente que les jurés sont représentatifs du tissu social de la région où le procès à lieu, et que le verdict d’un jury populaire parisien ne serait pas nécessairement le même que le verdict d’un jury populaire des régions des alentours ?

J’arrêterai là pour aujourd’hui de vous parler des fruits de ma prise de conscience. Très longtemps, on m’a expliqué que le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui – notre république, notre justice, notre modèle économique -, s’il n’était pas parfait, était toutefois "le moins pire". Aujourd’hui, je doute de plus en plus de cette affirmation, de ce lieu commun, de cette idée reçue…

PS : si vous voulez en savoir un peu plus sur l’homme dont je parle, je vous invite à suivre ce lien : http://www.mouton5pattes.org/

PS2 : je viens de vous parler des erreurs judiciaires… je vous parlerai prochainement de nos prisons. Des lieux inhumains, inacceptables pour un monde dit "civilisé et moderne" comme le nôtre…


Commentaire

Erreurs judiciaires… — 3 commentaires

  1. Monsieur, J’ ai ete à 2 reprises victime de la justice mafieuse, la 2ème fois, tabassé par mes voisins père et fils, resultat 2 cotes cassées,6jours d’ hopital. Après 5 ans de procédure, lettres au procureur, minustre de la justice, president de la republique etc..Affaire classé sans suite.
    Le Problème, la famille de mes agresseurs, dans le milieu judiciaire, avocat international au barreau de lyon, a tout de suite intervenu aupres du TGI de Digne.
    Pot de terre, contre pot de fer, C’est ça la justice….

  2. @rchacha: attention !!! Je ne veux surtout pas polémiquer sur une affaire en particulier. Si vous avez le courage et le temps, je vous invite à parcourir le présent blog. Vous découvrirez par exemple que je pense qu’il devrait être interdit à tout être humain de posséder un autre être humain. C’est LA première règle, le premier commandement que j’aimerais voir appliquer en tout lieu. C’est pourquoi votre histoire me peine au plus haut point. Mais là n’était pas mon propos.
    Ce que je voulais démontrer, c’est que si demain, mes idées politiques gênent (je vous rassure, je ne milite pas, donc, il n’y a pas de risque), ou si je fais partie du mauvais réseau d’influence, etc. il sera facile à n’importe qui de m’accuser de n’importe quoi. Et j’aurais bien du mal à me défendre, surtout si l’histoire arrive à un moment où l’opinion publique réagit sur un dossier analogue. D’un autre coté, si j’en crois votre histoire, vous avez subit l’inverse. La personne qui vous a fait souffrir n’a jamais été inquiétée pour ça.
    Alors ? J’en conclus que nous devrions penser la même chose : le système est (pardonnez moi cette expression vulgaire) pourri !!! L’enquête ne repose encore que sur un seul juge, qui se doit d’instruire à charge et à décharge, sans subir les éventuelles pressions d’une hiérarchie ou d’un groupe d’influence quelconque. Vous et moi savons que ce qu’on demande à un tel juge est simplement impossible. Ensuite, il y a le jury populaire qui, par définition même, est un un mécanisme amateur et aléatoire.
    Résultat : traitement d’une enquête par une seule personne qui, même de bonne volonté, n’est peut être pas neutre, et le vote d’un jury pour qui tout ça n’est pas son métier.
    D’où mon coup de gueule : j’essaie de sortir du cas particulier de chacun. Certains sont certainement derrière des barreaux, alors qu’ils n’ont rien à y faire. D’autre n’ont jamais été inquiétés suite aux atrocités qu’ils ont fait subir. Enfin, mettre quelqu’un en cage n’est peut être pas non plus une solution à tout ça. Il y a peut-être vraiment quelque(s) chose(s) à revoir, non ?

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