Mike Oldfield – Music of the Spheres

Ca y est. Près de 9 mois après en avoir entendu parlé (heuu… 9 mois après l’avoir entendu tout court finalement… un jour il faudra m’expliquer ce qui peut pousser les majors à attendre aussi longtemps pour sortir un album qui est prêt, et qu’on trouve déjà dans les méandres underground de l’Internet), voilà enfin la sortie officielle du dernier album de Mike Oldfield. Bon, OK, on dira que c’est parce que le maestro voulait attendre que son p’tit dernier soit là (Eugène, 7ème enfant de Mike, né début 2008).

Bref, ce soir, en sortant du boulot, j’ai foncé à la FNA*biiip avant la fermeture pour acheter ce dernier opus. Et là, je file direct dans le rayon "jazz, musique classique, et musiques du monde"… rien ! Nancy n’aurait-il pas été livré ? A tout hasard, je passe dans le rayon "pop/rock", et qu’est-ce que je trouve dans le bac au rayon "Oldfield" ? Music of the Spheres ! Et oui… il aura beau avoir dit qu’il ferait un album de musique classique, il aura beau avoir sorti violons et cuivres… sa réputation a la vie dure. Il ne sera pas rangé entre Maurice Ohana et Arthur Oldham. Que faut-il donc pour être classé en musique classique ? Et bien, en rédigeant cet article ce soir, je viens d’apprendre une chose : en France, c’est le code des impôts qui régit cette classification ! En effet, selon l’article 89 ter alinéa 2 de l’annexe III du code général des impôts : " est considérée comme oeuvre classique l’oeuvre d’un auteur décédé dont le nom figure sur une liste fixée par arrêté conjoint du ministre chargé des affaires culturelles et du ministre de l’économie et des finances ". Mince ! Ce sont nos ministres qui décident qui est auteur classique, et qui ne l’est pas !!! Evidemment, il y a un enjeu économique à la clé : si la musique est généralement taxée à un taux de 5,5%, les oeuvres classiques bénéficient d’un régime dérogatoire de la TVA, et ne sont taxées qu’à 2,10%. Bref, vous l’aurez compris, Mike vivant, il n’ira jamais dans le rayon classique…

Revenons à nos moutons : et la musique dans tout ça ? Et bien… ça faisait des années que je n’avais pas entendu un si bon album de la part de "Michel Vieuchamp". Ca n’est pas aussi avant-gardiste qu’Amarok (un monument en ce qui me concerne). Ca n’est pas la claque addictive comme l’aura été Tubular Bells (bien qu’il s’en inspire ; oui oui, y’en a un peu dedans). Mais si on compare ce disque avec ses deux précédentes productions originales (Tres Lunas – beurk – et Light & Shade – rebeurk, qui est, je crois, le seul album de MO que je ne suis pas arrivé à écouter en entier, quelle que soit la façon dont je le prenne -), on ne joue vraiment pas dans la même cour. C’est du très bon. Comme toutes les grandes oeuvres du maestro, il vous faudra probablement plusieurs écoutes pour en capter la finesse et la subtilité (parce que la première écoute vous fera certainement penser à une musique simple, ce qui est loin d’être le cas).

L’album, interprété par le "Sinfonia Sfera Orchestra", a été dirigé par Karl Jenkins, et enregistré dans studios Abbey Road à Londres. Le disque est découpé en 14 pistes (je dirais même deux groupes de 7 titres) qui s’enchaînent sans blancs, pour un total d’environ 45 minutes. A noter que le piano est joué par le virtuose chinois Lang Lang (les mauvaises langues disent que l’oeuvre ne le méritait peut-être pas, vu les thèmes simplicimes joués au piano, ce qui est peut-être un peu vrai), et que nous retrouvons la très jolie voix de la soprano néo-zélandaise Hayley Westenra comme chanteuse principale.

Coté bonus… pour le coup, n’attendez rien. Une pochette assez sommaire (et pas mal critiquée par les fan ; en ce qui me concerne, je m’en moque, je n’achète pas un album pour sa pochette). Un petit livret avec une prose de Mike… & that’s all, folks.

En conclusion : si vous avez envie de 3/4 d’heure de musique agréable et relaxante : foncez. Si vous êtes fan du Mike Oldfield de l’époque Virgin, vous serez peut-être un peu déçus (ou pas, parce que vous savez certainement qu’il n’écrira probablement plus la musique que les moments perturbés de sa vie ont pu lui inspirer), mais vous passerez tout de même de bons moments.

Bon, et comme cet article est un peu long, et que vous avez tout de même eu la patience de le lire jusqu’au bout, pour vous en cadeau, le petit texte qu’on trouve dans le livret de l’album :

In this world, everything has a pulser or a vibration. This sound is unique to each living or non-living thing and in itself creates a music that no-one can hear. I believe that this has a very powerful resonance with, and a deep effect on, our lives. What would happen if we took this further and applied it to bigger things, more powerfull things; like an entire solar system or galaxy say, what would that sound like?

Musica Universalis is the ancient theory that every celestial body, the sun, the moon and the stars, has an inner music. This is a harmonic and mathematical concept derived from the movements of the planets in the solar system. The music created is inaudible to the humain ear.

Music of the Spheres is my interpretation of this theory. Every planet and every star; the whole universe has music within in that no-one can hear. This is what it would sound like if it was set free. This is Music of the Spheres.

MIKE OLDFIELD

Fond
musical :

 

 

Mike OldfieldMusic of The Sphere : Première piste de l’album, nommée Harbinger


Commentaire

Mike Oldfield – Music of the Spheres — 4 commentaires

  1. Je ne résiste pas à mettre mon grain de sel … étant moi même Oldfieldmaniaque…
    D’abord, le point positif : c’est le meilleur des albums récents de Mike Oldfield.
    Mais, pour moi, le bon Oldfield s’est arrêté avec l’album concept Amarok, à mon sens le meilleur de tous (j’avais quand même appécié Tubular Bells II).
    Tout ce qu’il a fait pas la suite est soit soupesque, soit de l’auto-plagiat.
    « Music of the sphere » n’échappe pas à cette définition, bien que plus intelligemment : les emprunts à Tubular Bells sont plus discrets (une phrase ici, un rythme là, une orchestration encore) mais pas un seul instant je n’ai trouvé quelque chose d’original et d’inédit…
    Mais bon, ça s’écoute quand même, on peut même dire que c’est « easy listening » …

    • En fait, tu rejoins un peu ce que j’ai dit.. Je crois de toute façon que MO ne savait écrire des morceaux réellement originaux que lorsqu’il était torturé psychologiquement. Comme ça n’est pas arrivé depuis des lustres (et que ça n’arrivera certainement plus), je pense que nous n’entendrons plus de nouveaux Amarok et autres TB…

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