Le livre de l’air et des ombres – Michael Gruber

Voici un roman assez long (500 pages) dont le contenu et l’articulation sont plutôt bien construits. Un livre qui nous conte l’Histoire, des histoires, qui nous instruit sur les livres, sur la littérature, sur la science du chiffrement… Un livre qui commence par une technique littéraire agréable et haletante, où s’alternent trois récits, aux styles d’écritures très différents.

C’est l’histoire de Jake Mishkin tout d’abord. Un avocat new-yorkais (il commence déjà mal dans mon estime) spécialisé dans la propriété intellectuelle (voilà qui ne va pas en s’améliorant). Il vous raconte son historie, des fragments de sa vie, alors qu’il est dans un chalet isolé, alors qu’il semblé traqué, alors qu’il attend… qui donc ? Des gangsters ?

C’est l’histoire du jeune Albert Crosetti, qui travaille dans une librairie d’ouvrages anciens. Plus fan de cinéma que de vieux papiers, sa vie va changer lorsque, suite à un incendie mineur, il ira démonter la couverture d’un vieux livre abîmé chez sa collègue Carolyn Rolly, une fille plutôt secrète et distante, passionnée de reliure. Oui oui, cher curieux lecteur, ça n’est pas un secret, ça arrive au début du livre : ils vont coucher ensemble 😉

C’est l’histoire de Richard Bracegirdle, fils de forgeron ayant vécu au début du XVIIème siècle, plus doué en mathématiques qu’en littérature ou en travaux manuels. Nous le découvrirons à travers les lettres qu’il écrit à sa femme alors qu’il est mortellement blessé sur un champ de bataille, et à travers des missives chiffrées qu’il écrit… ooops, je ne vous en dirai pas plus. Mais sachez que son récit tourne autour de William Shakespeare (oui oui, celui qui a écrit moult pièces de théâtre), dont on apprend (enfin, ça a été mon cas) qu’on ne sait finalement que très peu de choses de lui.

Coté contenu, la quatrième de couverture nous avait annoncé la couleur tout de suite : ce livre a été écrit par un érudit. Entendez par là qu’il est écrit par un auteur qui domine ses sujets, et qu’il est même possible qu’on apprenne quelque chose… Pour ma part, j’ai appris quelques trucs sur les livres anciens et la reliure. Pas mal de choses sur Shakespeare et son époque. Rien sur le chiffrement… Et heureusement ! L’auteur décrit des techniques de cryptologie et de cryptanalyse utilisées dans l’espionnage ces derniers siècles, sans trop entrer dans les détails. Le lecteur profane sur ce sujet risque de ne pas tout comprendre. Mais rassurez-vous tout de suite. Il est tout à fait possible de suivre ce livre, même sans avoir tout compris du chiffrement polyalphabétique, du code de Vigenère, des grilles de Cartan et autres masques jetables…

Évidemment, ces trois récits se croiseront. Évidement, il il y a des mystères, des énigmes à résoudre. Évidemment, il y a des rebondissements. Évidement, il y a tout pour en faire un best seller à la Da Vinci Code. Tout sauf… je ne sais pas. Un peu moins de complexité ? Un peu moins d’invraisemblable ? Bref, très bon livre que je vous conseille, même s’il ne rentre pas dans le top ten de ma bibliothèque…

Fond
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Peter GabrielSalsbury Hill


Commentaire

Le livre de l’air et des ombres – Michael Gruber — 6 commentaires

  1. Sans compter que même pour le sac à main d’une femme c’est pas tip top… 500 pages, tin^^

    Tu me le prêteras ?

    • Désolé, il est sorti en avril ou en mai ==> j’ai peur que ce soit trop tôt… Ca arrivera certainement, mais il te faudra attendre 6 mois/1 an…

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