Le front est de retour…

Lequel me direz-vous ? Le mien, celui que j’ai au dessus de la tête ? Non, rassurez-vous, mon front n’a pas été rejoindre le nez du major Kovaliov…

Je vous rassure aussi, il n’existe pas non plus de sondage alarmant faisant état du retour du Front National aux avants-postes des intentions de vote des Français (quoi qu’avec la crise qui ressemble à celle de 29, et les relents de nationalisme qu’on voit revenir dans les manuels scolaires, je redoute toujours que l’histoire se répète…).

Non, c’est le Front Populaire qui est de retour. Notre bon président vient de l’annoncer : quelques deniers pour les plus démunis, et 26 milliards d’€ de plan d’investissement pour l’économie. Avec une telle annonce, je vais pouvoir jouer au j’aime/j’aime pas… Alors j’aime :

  • l’idée que cette ligne économique soit proposée et portée… non pas par une alliance de la gauche (comme ce fût le cas durant l’été 36 au siècle dernier) mais par le personnage emblématique de l’ultra-libéralisme (c’est comique non ? Laissez lui un an, et il nationalise l’industrie automobile et les banques 😉 ) ;
  • m’imaginer la tête des ministres de l’économie (d’aucun regardant leur chaussures, d’autres regardant le ciel) des différents pays de l’Europe quand, en 2009, la Commission Européenne leur rappellera leur promesse de tenir un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB ;
  • que la gauche le PS trouve ça insuffisant (à ma droite, Sarko dit « 1,3% du PIB » , qui dit mieux… y a-t-il quelqu’un pour 1,5% ? 2% ? A ma gauche, quelqu’un ? Un calcul à me soumettre pour me démontrer un pourcentage du PIB à partir duquel cette idée va marcher ?) ;

Parce je n’aime pas… :

  • justement, le fait que ça ne va pas marcher (pourtant, je vous promets, j’aimerais bien). Je ne sais pas pourquoi (un économiste pour m’expliquer ?), mais souvenez vous bien, l’histoire est remplie de tels plans de relance, qui n’ont jamais rien relancé du tout… ;
  • sauf peut-être le train de vie de quelques industriels/banquiers qui vont travailler grâce à cet argent mis en circulation. Malheureusement, l’histoire démontre qu’on n’a rien trouvé de mieux qu’une bonne petite guerre ou une ch’tite épidémie pour sortir d’une crise économique et financière.

Je vous l’ai dit, j’espère me tromper…

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Commentaire

Le front est de retour… — 4 commentaires

  1. En effet, le plan, ne va relancer l’économie mais empêcher un scratch. C’est déjà pas mal, et politiquement ne serait que par la théorie de la prophéthie auto réalisatrice, il serait de mauvais augure de dire « plan anti-scratch » plutôt que « plan de relance ».

    Sinon deux grosses pistes pour toi
    1) le déficit commercial de la France et des pays industrialisé en général
    2) les tensions sur les matières premières (dont pétrole). Si l’éco repars le prix de ces dernières aussi, mais si ces dernières réaugmentent l’éco rechute. Bref on aura un ou deux cycles court de genre, et on vient d’en réaliser un. 1973 c’était le Texas, 2008 le Monde.

    Pour les guerres, elles n’ont jamais cessées, sauf les conflits directs entre pays industrialisés. Et globalement l’équilibre de la terreur continuera à marcher, sinon l’urss aurait attaqué avant de mourrir.

  2. Attention, je ne critique pas le plan de relance (que j’ai bien pris la peine de ranger dans les « j’aime »). Ce que j’aime pas, c’est qu’il ne marchera pas. Je joue les grands candides, mais pas besoin d’être grand économiste pour comprendre. Là, en cette période de noël, donnez 200 euros à tout le monde. Que va faire la majorité des gens (dont je fais partie, sans rougir) : acheter des jouets chinois, des netbook taïwanais, et pour ceux qui auront les moyens d’ajouter ce qu’il manque aux 200 €, des voitures japonaises (je roule en Toyota). C’est le revers du libéralisme/mondialisme : donner de l’argent aux français ne fera pas marcher l’économie française… ou si peu (quelques foies gras ou quelques bon vins, mais ça reste marginal).

    Évidemment, pour ce qui est du déficit des pays industrialisés, il est abyssale. Et pourtant… les banques trouvent encore que les états sont des institutions « bankable ». Par ce qu’il faut bien comprendre qu’une dette génère de l’argent, à condition que l’emprunteur soit solvable (et aux yeux des banques, aussi dingue que ça puisse paraître, c’est encore le cas des états des pays développés).

    Quant à l’équilibre prix des matières premières vs. vitesse de l’économie, tu as tout à fait raison. Mais cet équilibre peut se résoudre (mathématiquement) selon deux extrêmes : soit être stable (la progression de l’un suit la progression de l’autre), soit être oscillatoire voire chaotique. Je vais tenter une parabole. Archimède nous dit qu’un bateau flotte. On sait que physiquement, c’est le cas parce que la poussée exercée du haut vers le bas par le poids du bateau est contre-balancée par la poussée d’Archimède exercée de bas en haut, dont la valeur dépend du volume de bateau qui est immergé. Ce volume (qui correspond à un tirant d’eau) est tout à fait calculable mathématiquement. Tout le monde sais que si l’eau descend (resp. monte), le bâteau descend (resp. monte) lui aussi (autrement dit, l’altitude du point le plut haut du mat suit le rythme des marées). Mais en pratique, selon les cas, le bateau peut être super stable dans l’eau, et dans d’autres conditions, il pourra osciller. Pour les bateaux, on connait la recette : des gros paquebots oscillent moins en cas de houle que de petites barques. Pour revenir à nos moutons, pourquoi sommes nous obligés d’accepter des règles économiques qui font que les oscillation du ratio prix des matières premières/croissance économique soit aussi violent et chaotique ? Pour conclure : oui à un plan de relance (aussi maigre et insuffisant soit-il, je suis bien d’accord), mais pas à n’importe quel prix. Profitons en que les états soient un peu en position de force par rapports aux grands groupes et aux banques pour imposer des règles économiques moins chaotiques, qui permettent la création de bulles et autres niches financières qui, quand elles explosent, foutent le bordel partout comme c’est le cas actuellement.

    Enfin, pour les guerres… Ça n’est pas parce qu’il n’y en a pas eu entre pays industrialisés pendant un siècle que ça nous vaccine contre quoi que ce soit. L’arme nucléaire sert peut être de dissuasion… Tant que personne ne l’utilise. Il suffirait d’un fou.

    Bref, mon article était un peu noir, j’en conviens, mais je tiens à te rassurer, je suis parfois aussi plus optimiste. Mais on ne peut s’empêcher de faire des hypothèses de temps en temps tout de même.

    NB: et merci pour ce commentaire de très bonne qualité Mr Oui 😉

  3. Les banques pensent que les états sont solvables, par ce qu’ils le sont. Avec le monopole de l’impôt et de la violence légale tu peux en faire des choses.

    Sauf que les prix sont soumis à spéculation, la spéculation c’est plus de la psychologie que de la physique. Donc la parabole s’arrête là 😉
    Et donc nous somme soumis à irrationalité des prix et de l’économie par ce que l’homme n’est pas parfaitement rationnel.

    Les États ne sont pas en position de force, ne serait-ce que par ce que leurs élites politique sont soumis (de gré ou de force) à l’idéologie du moins d’Etat.

    L’arme nucléaire pourrait être utilisée, mais ce serait l »oeuvre de fanatiques, pas d’un Etat structuré et rationnel. Donc il est exclu que des guerres soit ouvertes entre deux puissantes industrielles, elles continueront d’utiliser les fronts secondaires. Par contre oui il est possible que l’intensité future de ces conflits soit plus proches de la guerre de Corée que du Darfour.

    Nota, pour un article précédent, tu te trompes, c’est pas 431 euros mais de l’ordre de 600, la ppa en france devant être à peu près de 1,2. Et c’est déjà bcp plus raisonnable.

  4. Je suis plutôt d’accord avec tes arguments :
    – oui, les états ont l’emprise et les impôts, ça aide ;
    – oui, le prix d’un objet est établi de façon absurde. Quand je vois un lecteur mp3 d’entrée de gamme, qui contient quand même une technologie de pointe, des matériaux coûteux, des chaînes de fabrication hyper précises… coûter moins cher qu’une de mes chaise de salon (dont la fabrication me semble presque à ma portée), on est sûr que la notion de « good deal » (bon troc) qui permettrait d’établir un prix équitable n’existe plus ;
    – oui, les états sont eux aussi victimes de l’idéologie ambiante. Comme nous d’ailleurs, ce qui ne nous aide pas à penser autrement… ;
    – oui, l’arme nucléaire ne pourrait être utilisée que par un fou. Mais Hitler (dont je faisais référence) n’en était-il pas un ? Et sinon, tu as raison, on verra peut-être plus des guerres type Corée que Darfour (quoi que… l’un n’empêche pas l’autre). Mais ça ne me rassure pas pour autant…
    – oui, je me suis planté. J’ai pris le PIB calculé par taux de change, pas le PIB PPA. D’ailleurs, le calcul tout fait est ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_mondiale . Maintenant, même avec une moyenne à un peu plus de 600 € mensuels, qui est prêt à vivre avec ça pour assurer une relative équité mondiale ?

    Bref, avec tout ça, je pense que tu porte bien ton pseudo de « Oui » 😉

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