Publications de la catégorie ‘Coup de gueule’

Normalement, si vous avez un cerveau et le sens de l’observation, ce titre ne devrait rien vous apprendre. Ces derniers temps, l’information à la TV me rappelle surtout l’ancien logo d’EMI (le Jack Russell à coté du gramophone) : « la voix de son maître ».

Jusque là, j’ai pensé que leur travail se limitait à casser ceux qui ne veulent pas rentrer dans les rangs, et à porter la bonne parole des potes du patron. Par contre, j’avais la candeur de penser que pour les petits sujets, les thèmes sans importance, les Laurence Ferrari et consorts faisaient leur boulot. Qu’est-ce que je suis sot…

Ce soir, petit sujet sur le thème « attention braves gens, une fois par siècle, la Seine déborde. Si ça devait arriver, ce brave zouave du pont de l’Alma aurait de l’eau au dessus des chevilles, au dessus des genoux, voire jusqu’aux épaules comme dans le cas de la grande crue de 1910, quand les parlementaires devaient aller dans l’hémicycle en barque. Ah, le zouave du pont de l’Alma… Ceci dit, le provincial que je suis ne sais pas grand chose de ce zouave. Me voilà donc parti sur sa présentation sur Wikipedia pour voir ce qui lui vaut cette popularité. Et dès les premières phrases de l’article, que lis-je ?

« [...]la statue d’un zouave en pied érigée en 1856, qui sert d’instrument populaire de mesure des crues de la Seine. Lorsque le niveau de la Seine atteint les pieds de ce Zouave, les voies sur berges sont en général fermées[...]. Le zouave est plus haut qu’à l’origine, suite à son haussement en 1970 lui retirant toute signification. À repère égal, les crues qu’il signale sont plus graves. »

Et bien voilà. Même pour les marronniers, les journalistes annoncent des futilités brodées d’erreurs qui peuvent êtes révélées dès la lecture des premières lignes d’une encyclopédie en ligne. Que faut-il croire alors ?

download Fond musical : Stephan Eicher – Déjeuner en paix

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Simple hypothèse de travail. Imaginez que vous êtes esclave ooops pardon, caissièr(e) dans un supermarché quelconque. Et vous décidez d’aller bosser qu’un jour sur dix (dans le meilleur des cas). Que vous arrive-t-il ??? Et bien oui, vous êtes viré(e). Bon, moins grave : vous appuyez sur les touches de votre caisse, et vous vous trompez de bouton. Résultat : viré(e). Vous voulez moins grave encore ? En voyant passer une laitue sur le tapi roulant, vous facturez une scarole. Même résultat : viré(e). Aller, ne pleurez pas. Finalement, vous échangez un boulot de merde où vous vous faites insulter pour le SMIC par 100% de temps libre payé au RMI, ça n’est pas si grave…

Autre hypothèse de travail : vous êtes député, et vous n’assistez qu’à une séance sur dix. Ainsi, le groupe d’opposition peut s’amuser à une partie de cache-cache et sortir de derrière les poteaux pour s’infiltrer dans l’hémicycle à la dernière minute et faire barrage à la loi liberticide que vous êtes censé voter (et qui devait passer les doigts dans le nez, vous êtes dans la majorité [présidentielle], bordel ! Et vous en êtes fier !!!). Autre cas : vous êtes député, et vous n’assumez pas les consignes de vote données par votre groupe parlementaire. Alors, vous vous trompez bêtement de bouton lors du vote (c’est compliqué, il y en a deux, des boutons…). Bon, à ce stade de l’histoire, vous pensez que j’ai un grief contre les députés (pourquoi pas d’ailleurs, quand on voit comment ils dépensent leur argent ?). Alors, regardons l’autre chambre : celle de nos vénérables sénateurs. À leur propos, comme ils ne sont pas élus directement par un peuple supposé idiot, on se dit qu’il doit s’agir d’élites infaillibles. Qu’ils sont présents à chaque séance, et qu’ils ne se plantent pas de bouton ? Si seulement…

Je ne sais pas si vous connaissez une caissière qui a fait les erreurs listées ci-dessus. Mais moi, je connais les députés qui n’étaient pas là le 9 avril pour voter HADOPI. Je connais celui qui, à lui tout seul, a fait pencher la balance lors du vote erroné du 24 octobre à propos de la taxation des banques. Enfin, je connais le nom du sénateur qui, hier, a non seulement voté pour ses petits camarades (qui étaient tous absents), mais qui en plus, s’est planté de bouton (faisant passer l’amendement qui était opposé à la loi qui aurait du passer haut la main elle aussi).

Bon, je vous rassure : il n’y a pas eu de conséquence pour ces pauvres élus. Ils ont toujours leur poste, touchent toujours leurs soldes (notez que j’ai mis un « S » car ils les cumulent), peuvent toujours profiter des privilèges comme une voiture avec chauffeur ou des remboursements de tickets de transport en commun (en 1ère bien sûr). Oufff…

Je pourrais donc dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes finalement ? Et bien non. Parce que malheureusement, comme nous ne sommes pas dans une démocratie, quelques coups de baguettes magiques ont permis de faire tout de même passer ces lois respectivement liberticides, injustes, et de magouilleurs. Et pendant ce temps là, les restos du cœur sonnent la sirène d’alarme, car ils ne savent pas s’ils pourront nourrir notre pauvre caissière limogée (ainsi que ses 999′999 congénères qui arriveront en fin de droit en 2010) pendant tout l’hiver, qui pourrait être long, malgré ce qui se dit à Copenhague

Nb : heureusement, ce qui me rassure, c’est qu’au parlement européen, les eurodéputés se sentent obligés d’aller voter, sinon, ça se saurait… C’est pathétique, vraiment.

download Fond musical : Jena Lee – j’aimerais tellement : petite dédicace pour Jade, dont s’est « la musique préférée » (sic) du moment (et en lui souhaitant que les choses s’améliorent pour leur génération…).

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Lu sur l’excellent slate.fr : il existerait deux types de netsurfeurs : ceux qui lancent plein de fenêtres, et ceux qui utilisent les onglets. Évidement, la navigation entre les différentes pages se fait en restant dans le navigateur quand on utilise les onglets, alors qu’on dépend du système d’exploitation et de sa barre des tâches quand on lance plusieurs fenêtres.

Rien que pour ça, on va m’expliquer que les onglets, c’est mieux. Oui non mais d’accord, mais vous oubliez un détail messieurs les ergonomes, et pas des moindres.

En effet, dans les logiciels, la mode est de rajouter des « barres » (sous-entendu « barres horizontales »). Ubuntu a même la bonne idée de nous en mettre deux par défaut, une en haut et une en bas. Si on ajoute à ça le cadre de la fenêtre, la barre de menus, la barres des outils, et pourquoi pas la barre personnelle, cette fameuse barre des onglets, la barre d’état… Ca commence à faire beaucoup !!!

Et pour couronner le tout, les concepteur de PC suivent cette mode en provenance des TV : le 16/9ème, voire maintenant le 16/10ème.

Et bien c’est gagné, sur un netbook 7 pouces, voilà ce que ça donne (photo réalisée sans trucage, et encore, je n’ai pas poussé le vice à ajouter une barre google ou yahoo) :

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Et voilà, on a réinventé le Minitel. Surfer sur une page qui fait 10 lignes de haut, ça n’est pas le pied. De grâce, rendez-nous nos écrans 4/3 (qui a dit que j’étais psychorigide ?), ou bien chers développeurs de logiciels, pensez aux netbookiens, et mettez vos gadgets sur les cotés.

Maintenant, je vous vois venir : vous allez me dire qu’il y a bien d’autres raisons de râler actuellement. Au hasard : la disparition du ministère des droits de l’homme, ou le catapultage du fils spirituel de Maurice Papon au ministère de l’intérieur. Mais ça, d’autres l’ont fait pour moi. Ceci dit, c’est vrai que ça fout les boules…

download Fond musical : Helmut Fritz – Ca m’enerve

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cliquez pour voir Saez aux victoires de la musiqueCes dernières années, j’ai pour habitude de boycotter les victoires de la musique, comme l’invitait à le faire le site d’evene d’ailleurs. Déjà parce que je n’avais pas envie de revoir un présentateur faire des louanges mielleuses et imméritées à Christine Albanel, comme ça a déjà été le cas au MIDEM lors des derniers NRJ Music Awards. Mais surtout, parce que c’est le genre de soirée qui met en valeur l’industrie du disque… Or, ne trouvez-vous pas qu’il y a un paradoxe dans l’expression « industrie du disque » ? L’art est-il industrialisable ???

Cette même industrie du disque qui se pose en lobby pour faire passer en force cette honteuse loi HADOPI. Pour ceux qui ne suivraient pas l’actualité du net, un petit cours de rattrapage sur ce qu’est cette loi qui sera débattue dans quelques jours :

  • sur le site de la quadrature du net, qui invite d’ailleurs tous les blogeurs à procéder au black-out de leur site, ce qui explique pourquoi le présent article est en berne,
  • sur le site de l’April, qui appelle lui aussi à la mobilisation,
  • sur le site blogeee,
  • sur le korben’s blog,
  • et tant d’autres

Heureusement, quelques artistes profitent d’être dans ce système pour prendre le maquis, et dire ce qu’ils ont à dire sur ce monde économique et financier dans lequel nous sommes. En l’occurrence, hier soir, c’est l’artiste Saez qui a eu le courage d’écrire au pied levé un texte et une chanson pour dénoncer les milliards engrangés sur le dos de la crise. Entre parenthèses, à ce sujet (merci Virginie pour le lien), je ne peux m’empêcher de vous faire suivre l’excellente caricature de TOX :

cliquez pour voir Saez aux victoires de la musiquePour revenir aux victoires de la musique, si, comme moi, vous n’avez pas vu cette séquence avec Damien Saez en direct, voici le lien (ou cliquez sur l’image ci-contre). Je n’ai rien à ajouter, sinon mes applaudissements, et le script du début du texte :

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  Tes parents sous anxiolytique dans les mines modernes,
Du gasoil dans la bagnole rentrait la tune dans ta compagnie,
Tes bénéfices aux actionnaires, toi qui galère pour payer des fringues à tes mômes,
Que t’es triste à mourir.
La jeunesse est au shit, à la c, à la colle,
Dit-moi qu’est-ce qu’on lui offre qui vaille mieux que ça ?
Que l’appât du gain toujours encore de l’avoir sur nos êtres,
Nous n’avons plus de rêve que celui d’oublier,
Tu les as vu les autres ?
Ils ont le regard pauvre, plein de sous dans leurs poches,
La commission qu’ils se sont faits pour le crédit de leurs bagnoles,
Ils sont en Porsche ou en Aston, toujours accompagnés d’une conne,
Ils ont le regard de la mort, le regard de la mort,
L’obscurantisme décidément fait des petits de jours en jours,
C’est sûr eux, ils brûlent pas de bagnoles,
Pendant qu’ils font des farandoles, dans leurs putains de boîtes de nuit,
Dans leurs putains d’assemblées, c’est sûr qu’ils font partie de la communauté.
[...]
>>  
download Fond musical : Raphael – Cela nous aurait suffi : dans le même style…

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Gaza«  Lecteur, oublie un moment le fracas des préjugés Hamas-Israël, Islamistes-sionistes. Je ne suis pas venu ici pour te dire qui a commencé. Un seul souci m’a guidé sur ces routes dangereuses : rendre compte de ceux qui n’y peuvent rien ; les civils.  ». C’est ainsi que commence la petite BD que vous pouvez lire ici.

Le rapporteur qui a croqué cette BD a accompagné un groupe de quatre parlementaires suisses venus en « voyage touristique » (autrement dit, leur venue n’était pas officielle). Malheureusement, ne vous faites aucune illusion : ce qu’il décrit ressemble exactement à ce que vous avez pu lire ici ou (utilisation de bombes au phosphore blanc, de bombes DIME engendrant des blessures qui ne peuvent être soignées, de bombes à l’uranium appauvri…). Après la lecture de cette BD, vous comprendrez que je n’ai pas d’autres commentaires à ajouter.

download Fond musical : ACDC – Hells bells

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Ce long titre, je n’ai eu qu’à le piquer à la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Normalement, l’affaire dont il est question, tout le monde a dû en entendre parler, vu qu’elle est bien relayée par toutes les feuilles de chou. Ceci-dit, si cette polémique concernant l’euthanasie d’Eluana, une italienne qui est dans un état végétatif depuis 17 ans divise l’opinion publique en Italie, nous avons eu le même débat en France récemment avec Chantal Sébir, et un peu plus tôt avec l’actrice Maïa Simon.

Bon sang, j’ai déjà crié que nul ne pouvait posséder un être humain. Nous devons être notre propre maître. C’est vrai dans la vie, mais ça devrait aussi être le cas dans le choix de notre mort ! La plupart des religions monothéistes interdisent le suicide (enfin, ils n’ont pas trop de moyens de représailles, aussi, il promettent l’enfer à ceux qui choisissent cette formule). Mais bon sang, de quel droit ? Pourquoi ne pourrait-on pas choisir de partir quand notre forme physique ne nous permet plus de rester digne ?

Actuellement, en France comme en Italie d’ailleurs, l’euthanasie assistée est interdite. Par contre, on tolère que quelqu’un qui ne vit plus que sous forme de légume puisse mourir… de faim et de soif ! En effet, dans certaines conditions, il est possible de débrancher les tuyaux de perfusion des personnes vivant depuis longtemps dans un état végétatif. Résultat (choquant en ce qui me concerne) : plutôt que d’avoir droit à une mort rapide et calculée, le patient-légume va tranquillement se dessécher, et doucement, tout doucement, va mourir faute d’être alimenté. Est-ce là le seul geste de dignité que nous devons à nos semblables ?

Comme cette pratique de petite mort a du choquer aussi Silvio Berlusconi, il a voulu faire passer (pour l’instant en vain) un décret-loi pour empêcher que l’italienne ne soit débranchée. Toutes les pressions du Vatican, des ministres, des collectivités locales se sont appliquées à mettre en garde médecins et établissement hospitalier pour qu’Eluana reste en « vie ». Mais messieurs, si la mort à petit feu vous choque, n’y a-t-il rien de mieux à faire ?

A titre personnel, je le crie haut et fort. De la même façon que j’ai sur moi une carte de donneur d’organes (une fois mort, si je peux encore servir à quelque chose…), j’aimerais pouvoir porter une carte pour qu’on ne me laisse pas traîner 17 ans à l’état de légume. Et pour que si on décide d’abréger cet état de mort-vie, qu’on choisisse une méthode plus radicale que de me laisser mourir de faim. Comme disait Michel de Montaigne, la mort ne doit être au pire qu’un mauvais quart d’heure à passer. C’est pourquoi si la France continue à jouer les hypocrites, si un jour la malchance veut qu’un tel choix s’impose à moi, c’est en Suisse que j’irai finir mes jours, avec l’aide de médecins humanistes…

download Fond musical : Kansas – Dust in the wind

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Alors, supposons que vous constituiez un fichier nominatif de surfeurs (sur Internet hein, pas à Lacanau). Que ce fichier soit collecté en fonction des habitudes des surfeurs. Ensuite, que vous utilisiez ce fichier nominatif pour envoyer massivement des dizaines de milliers d’emails par jour. Pour faire du prosélytisme pour un commerce. Voire pour intimider les gens. De quoi seriez-vous traité ? De spammeur ? De fraudeur à l’arnaque nigérienne ?

Et bien non. Ce mailing de masse visant à défendre la pauuuuvre petite industrie du disque et de la vidéo devrait être bientôt légalisé. C’est ce qu’a promis notre bon président. Et comme ministres, parlement, et sénat écoutent maintenant la voix de son maître sans sourciller… Ce que seigneur dit doit être fait !

Et qu’importe si des études (néerlandaise entre autre) démontrent que le téléchargement (même illégal) peut être bénéfique.

Aussi, après le mois de mars si tout va bien, la loi HADOPI sera votée. Enfin, moi, je vois au moins deux avantages à ça : tout d’abord, l’industrie du disque a promis de retirer les DRM des fichiers audio vendus en ligne. C’est un début, reste à faire pareil pour les vidéos… Deuxième bon plan : ça va être très pédagogique pour les internautes, afin qu’ils apprennent à crypter et sécuriser leurs échanges. En cette période liberticide (tien, encore un exemple), un peu de résistance ne fera pas de mal…

download Fond musical : France Gall – Résiste

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Qu’on le veuille ou non, nous sommes dans une république basée sur le concept de démocratie représentative. Nous voyons défiler devant nous des prétendants qui, à travers leur profession de foi, nous font de belles promesses. Puis vient le temps du choix, où les électeurs, en 4 petits tours, signent un chèque en blanc à un courant politique pour 5 ans. Dès lors, ce groupe politique a le pouvoir d’appliquer ses promesses… ou pas. C’est le jeu de notre cinquième république, encore plus évident maintenant que nous avons un calendrier des élections présidentielles qui colle avec celui de l’Assemblée Nationale.

Un certain nombre de gardes-fous évitent que cette situation accouche d’un régime totalitaire. Tout d’abord, parce que même si le président choisit son premier ministre, la constitution du gouvernement par celui-ci est souvent l’occasion de retours d’ascenseur, de compromis, etc. Ainsi, même s’ils appartiennent pour la plupart du même mouvement politique (ou au pire, à des mouvements proches), chacun peut avoir sa propre vision des choses, ce qui fait les ministres ne causent pas nécessairement d’une seule voix (ça amène parfois à des situations cocasses, et tant mieux). Ensuite, même s’il a la majorité parlementaire avec lui, le gouvernement doit tout de même faire valider ses idées par les assemblées (Parlement et Sénat). Et là, d’autres courants de pensées proposent des amendements, il y a débat, et in fine, ça évite que des textes dangereux ou incitant des réactions épidermiques de la part du peuple ne sortent.

Seulement voilà. Avec le pouvoir en place, tous ces systèmes de sécurité sont en train de sauter. Tout d’abord, le président a choisi un premier ministre qui écoute la voix de son maître, et les ministres sont invités à faire de même. Ensuite, il fait passer la plupart des textes controversés en urgence (alors que rien ne le justifie). Cette procédure d’urgence évite les allers-et-retours entre le Parlement et le Sénat (le texte ne fait qu’un seul voyage). Et comme ça ne suffit pas, il souhaite maintenant museler l’Assemblée Nationale avec un texte dont deux articles au moins ne vont pas dans le sens de la démocratie :

  • tout d’abord, le temps des débats sera limité,
  • et il sera possible de mettre au vote des amendements sans discussion.

Bon, je sais que les gens ne sont pas fans des textes liés à notre constitution, en particulier les lois organiques. Aussi, je vais traduire. Lorsqu’un gouvernement a une majorité à l’Assemblée Nationale, ses textes de loi devraient passer comme une lettre à la Poste au Parlement (quoi que ces dernières passent de moins en moins bien, mais c’est un autre problème). Or, les parlementaires peuvent proposer des amendements (je traduis : des changements) au texte. L’opposition ne s’en prive pas, et même les députés du même groupe politique le font, parce qu’un texte n’est jamais parfait du premier coup. Ces amendements sont l’occasion de débats, et il n’est pas rare que les députés de l’opposition arrivent à convaincre suffisamment de membres de la majorité à voter certaines de leurs propositions, faisant valider celles-ci.

Avec la nouvelle loi qui était en discussion la nuit dernière, les amendements pourront être soumis au vote parlementaire sans débat (sans que celui qui le propose puisse venir défendre son idée). Ils auront d’autant moins de chance de remporter la majorité des votes. Pire : si le texte a du mal à passer, il suffira au groupe majoritaire d’attendre la fin du temps de discussion (qui deviendra borné avec une limite maximale), et le texte pourra être voté « en force ».

On se résume : un gouvernement qui ne parle que d’une voix (celle de son maître), des allers-et-retours limités entre Sénat et Assemblée Nationale, et cette dernière muselée… Je n’ai vraiment pas l’impression que tout ça va dans le sens de la démocratie.

Le groupe PS, que je trouve un peu « mou de la gauche » ces derniers temps, s’est réveillé et s’est vivement opposé à cette nouvelle loi la nuit dernière, amenant à une situation qui n’était pas intervenue depuis l’après-guerre : un groupe politique est descendu pour chanter la Marseillaise et clamer le mot « Démocratie ». Pendant ce temps là, le Président de l’Assemblée jouait les autistes, et passait en revue les propositions d’amendement. Pathétique.

Là où je suis inquiet, c’est que si la situation semble émouvoir quelques blogueurs, rien ou si peu dans la presse. Au JT ce soir : le fait divers d’une employée de banque assassinée, Barack Obama à la Maison Blanche, une épidémie virale hivernale, la fin de carrière de Laure Manaudou… Mais rien sur le rabotage de notre démocratie. La presse écrite n’est pas plus loquasse. Au pire, on nous explique bien le certains députés ont joué les mauvais garçons indisciplinés, et que l’UMP dénonce l’obstruction de la gauche… mais le fond du problème n’est pas évoqué de façon pédagogique, afin que chacun puisse comprendre les enjeux.

En attendant, le PS a décidé de boycotter l’assemblée, alors que le Modem a gentiment laisser le passage en revue de la loi sans opposition (je saurai m’en souvenir).

Question : à partir de quel moment, de quelle frontière pourrons-nous dire que nous ne sommes plus en démocratie ?

download Fond musical : Frou Fruo – Holding out for a hero : d’après la BO de Shrek 2

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Il faut que je vous raconte une histoire vraie. J’ai fait le début de mes études jusqu’en maîtrise à Dijon, à la fac de sciences. Et là bas, j’ai vu une chose étrange… Une guerre entre deux gangs d’étudiants en physique. Bon, des gangs civilisés, j’en conviens. Pas de ceux qu’on voit dans les banlieues excentrées, où de mauvais sauvageons brûlent des voitures (mais qui leur en voudrait, on se réchauffe comme on peut par le froid qu’il fait). Mais des gangs tout de même. Impossible de voir des membres de ces deux clans autour de la même table au resto U. Inconcevable de voir les deux équipes monter un programme de cours cohérent et concerté. Non, ils ne se parlaient pas. Les publications de l’un était décriées par l’autre. Lorsqu’un étudiant intégrait un labo pour y faire sa thèse, il devenait automatiquement un ennemi indésirable dans l’autre labo.

La raison de ce conflit ? J’ai eu du mal à la percer… C’est une thésarde qui nous faisait les TP de deuxième année qui avait fini par m’expliquer. Il y a fort fort longtemps, deux étudiants en physique/chimie, copains comme cochons, avaient un peu abusé de liquide à forte teneur éthylique lors d’une soirée. L’histoire a oublié si la discussion a dérapé parce que leur opinion divergeait sur la masse du boson de Higgs, ou si l’un regardait avec trop d’insistance le décolleté de la copine de l’autre… mais il est advenu un moment où les deux compères en sont arrivés à avoir une explication virile et sportive, faisant voler les chaises dans la pièce. Résultat ? Le couple d’amis s’est transformé en frères ennemis, et la notoriété obtenue par chacun lors de leur nomination respective à la tête d’un laboratoire de recherche n’y a rien changé. La suite, vous l’avez devinée. Chaque étudiant affecté dans un des laboratoires était formaté pour apprendre à détester les étudiants de l’autre unité. Ce qui est le plus « drôle », c’est que lorsqu’on m’a raconté cette histoire, un des deux responsables de labo avait quitté l’Université de Bourgogne depuis de nombreuses années, et l’autre avait gagné le titre de Professeur Émérite, et il ne mettait plus souvent les pieds sur le campus. Pourtant, les rancœurs ancestrales perduraient…

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce que ce soir, comme je l’ai fait récemment pour les évennements en Géorgie, suite à l’actualité qui se déroule dans la bande de Gaza, j’ai voulu vous décortiquer l’histoire du conflit israélo-palestinien, afin de vous [et de m']aider à comprendre les tenants et les aboutissants de cette guerre. Comme d’habitude, j’ai fait le tour des sites des journaux ayant pignon sur rue, puis les site des blogueurs de terrain… puis j’ai lu les commentaires postés sur ces billets. Édifiant !!!

Impossible de déterminer la cause exacte de ce conflit. Mais surtout, à lire les commentaires, je peux vous dire que ça n’est pas prêt de s’arrêter. Quel que soit le blog ou le site où je me suis rendu, il suffit qu’un des commentaires soit [même légèrement] partisan pour qu’automatiquement, un internaute de l’autre camp commence à l’insulter, à lui rejeter la faute du conflit, à lui demander des excuses pour porter un tel nom ou utiliser un tel pseudo… et aucun des deux camps ne semble prêt à avoir une lecture mesurée et intègre des faits qui se déroulent là bas.

D’aucuns pourraient penser que c’est dans la nature humaine de ressasser les vieilles rancœurs, et d’attiser la haine par la violence. Pourtant, les ethnologues pourraient vous parler de peuplades qui, à l’instar des Indiens d’Amérique, qui avaient compris le risque d’escalade dans la violence que pouvait engendrer une vendetta. Les plupart des peaux-rouges ne tuaient pas leurs ennemis, préférant leur pourrir la vie, plutôt que de risquer une loi du talion illustrée par un comptage stérile des victimes inutiles.

Ma question du soir : quand on lit ce genre d’article, et quand on lit les commentaires irréfléchis de certains internautes (un exemple parmi d’autres), je me demande pourquoi la sagesse indienne ne prend pas dans ce conflit ? Le niveau de violence est-il devenu trop important pour qu’on puisse s’avouer vaincu et dire qu’il est trop tard ?

download Fond musical : Dire Straits – Brothers in arms

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Je ne fais que relayer une vidéo bien fichue vue chez Maxime :

http://www.dailymotion.com/videox7p10i
download Fond musical : France Gall – Diégo, libre sans sa tête

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