Publications de la catégorie ‘Coup de gueule’

Vous l’aurez remarqué, bien que travaillant dans une structure hospitalière publique, je n’ai jamais posté d’article sur le monde de la santé. Logique : étant fonctionnaire, j’ai un devoir de réserve qui, à défaut d’être législatif ou même réglementaire, m’invite à ne pas mordre la main qui me nourrit. Pour autant, j’ai du mal à ne pas vous parler de ma lecture d’un article du monde, ou des dernières annonces du gouvernement.

En fait, les hôpitaux ont subit depuis 15 ans une succession de mutations, dont la plupart sont méconnues du grand public, et qui, mécaniquement, sont en train de modifier en profondeur l’offre de soin en France. À ce stade, un petit décryptage s’impose.

L’histoire. Il y a 15 ans, il était de coutume de dire que si la santé n’avait pas de prix, elle avait un coût. Le problème est que personne n’était capable de mesurer ce coût. Abyssale certes, mais d’où provenait l’hémorragie ? Impossible à dire. Les budgets des hôpitaux étaient alors attribués… à la tête du client. En gros, chaque année, les caisses des hôpitaux étaient remplies par un « budget global » reconduit sans trop de négociation (dont le montant était plus ou moins important suivant le nombre de lits et le type d’activité effectué dans l’établissement), et par le ticket modérateur (constitué du « forfait hospitalier » — part du séjour non prise en charge par les caisses d’assurance maladie et payée par le patient ou sa mutuelle –, de l’éventuel supplément pour une chambre seule, etc.). Ce budget global était modulé par des chiffres d’activité (mesurés à louche via une Enquête Statistique des Établissements de Santé, la SAE), et par divers autres critères, comme le fait que tel ou tel directeur était pote avec le ministre (pratique pour avoir une rallonge afin de faire construire son plateau technique). Pas de comptabilité analytique digne de ce nom, et aucune contrainte qui incite vraiment les hôpitaux à être rigoureux.

Quant au pouvoir… il était dilué dans les mains des fonctionnaires de la direction des hôpitaux, les DDASS et DRASS, les Agences Régionales de l’Hospitalisation (ARH), les directeurs d’hôpitaux, les présidents des Conseils d’Administration (souvent, des élus locaux influents), une communauté médicale qui pouvait n’en faire qu’à sa tête…

Aujourd’hui : entre novembre 1995 (avec le plan Juppé) et aujourd’hui, plusieurs réformes ont changé les règles. Initiée par un timide PMSI – Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information – dont l’objectif était de mieux quantifier l’activité, les hôpitaux sont aujourd’hui doté « à l’activité » (tarification à l’activité, T2A pour les intimes). Les règles absconses de calcul du budget global sont remplacées par des factures de séjours hospitaliers présentées au fil de l’eau aux caisses d’assurance maladie. En clair, tels diagnostics, tels actes pratiqués sur le patient vont faire tomber son séjour dans un « profil type » (appelé Groupe Homogène de Séjour, GHS), qui détermine le montant de sa facture (vous l’aurez compris, son montant ne dépend plus vraiment de la durée du séjour). La manne des hôpitaux provient maintenant quasiment exclusivement du paiement de ces factures, et de quelques cacahuètes données pour des missions universitaires, de recherche, ou des missions de santé publique…

Coté gouvernance, là aussi, les choses ont changé. Au niveau régional, les pouvoirs détenus avant par les DASS/DRASS, les caisses, ARH, etc. sont concentrés maintenant dans les nouvelles Agences Régionales de la Santé (ARS). Son directeur devient ainsi une sorte de préfet de santé, qui reçoit ses ordres directement du ministère et de ses hauts fonctionnaires. Localement, ce sont les directeurs d’hôpitaux qui ont les pleins pouvoirs, et qui dépendent directement de ces Directeurs d’ARS. Les CA et autre conseil exécutif (devenus Conseil de Surveillance et Directoire) n’ont quasiment plus qu’à donner des avis (qui peuvent être suivis — ou pas — par les directeurs).

Les conséquences : cette « tarification à l’activité » est appliquée de façon quasi identique aux hôpitaux publics et aux hôpitaux privés. Or, ces derniers n’ont pas les mêmes contraintes. Par exemple, ils n’ont pas à supporter les lourdeurs administratives du code des marchés publics – qui impose des monticules de paperasse pour acheter un rouleau de papier toilette – ou du personnel « à statut ». De plus, les hôpitaux publics ont des missions de service public (alors que les hôpitaux privés peuvent focaliser leur activité sur les GHS les plus rentables –vous aurez remarqué par exemple qu’il n’y a aucune clinique privée qui possède un service de pédiatrie ? –).

Et les choses vont plus loin. Ces règles de tarification très libérales imposent aux hôpitaux publics à être plus efficaces : diminution des durées de séjour, restructuration des services, mutualisation entre hôpitaux pour réduire les dépenses… Le contribuable que je suis ne peut être que satisfait. Mais les cliniques privées vont plus loin. Détenues par des actionnaires qui sont pour la plupart des fonds de pensions étrangers cherchant la rentabilité coute que coute, on retrouve dans le monde de la santé privé des pratiques connues dans les milieux industriels : les cadres supérieurs sont plutôt bien payés, mais leurs missions oppressantes consistent à obtenir toujours plus du petit personnel, souvent quatre fois moins nombreux pour un même travail que ce qui est pratiqué dans les hôpitaux publics. Exemple : dans un hôpital public, il arrive que les locaux imposent de découper un service en 4 couloirs de 10 lits ; il faudra 4 infirmières la nuit pour assurer leur surveillance. Dans les cliniques, ces 4 mêmes couloirs déserviront 16 lits, qui formeront une étoile, et la salle de garde sera placée au centre. Deux infirmières pourront alors surveiller 64 lits, au lieu de 4 pour 40 dans le premier exemple. Bref, moins de personnel, un « turn over » de patients plus rapide dû à une diminution des durées de séjour… le personnel est ainsi bien plus sous pression. Se pose alors le problème de la sécurité des soins…

Seconde conséquence : avec l’urbanisation, les hôpitaux situés au milieux de la campagne soignent peu de population. Les praticiens qui y exercent (quand il y en a, car ces sites attirent peu de candidats) pratiquent peu. Or, tout chirurgien vous dira qu’il sera d’autant plus performant qu’il pratiquera régulièrement. Ainsi, on trouve des « hôpitaux de campagne » où le nombre d’accouchements ou d’opérations est insuffisant pour maintenir une équipe médicale suffisamment sollicitée, et donc, performante. Une première réponse à ce problème serait d’organiser un « turn over » des praticiens, en invitant les médecins des hôpitaux des grandes villes à prendre des gardes dans les hôpitaux de campagne. Mais l’état semble plutôt s’orienter vers une solution plus drastique : fermer les hôpitaux dans les campagnes (business is business…).

L’avenir ? On le devine. Une offre de soin concentrée dans les grandes villes. Un tiers des séjours hospitaliers effectués dans les hôpitaux publics appauvris par les règles de tarifications à l’activité qui compensent mal leurs contraintes administratives et leur mission de service public, et deux tiers dans des hôpitaux privés focalisés sur les activités rentables, et pour autant, pressurisés pour dégager un maximum de bénéfices pour leurs actionnaires. Les grands gagnants de ces réformes seront donc plus ces actionnaires, les industries qui ont des monopoles dans le monde de la santé (fluides médicaux, matériel biomédical, etc.), et les laboratoires qui ont toujours des lobbies bien placés pour inviter les politiques à organiser des campagnes de vaccination dès qu’un virus de grippe pointe son nez. Par contre, je ne suis pas sûr que le patient-contribuable y trouve son compte…

download Fond musical : Damien Saez – J’accuse : du grand Damien Saez… son dernier album est terrrrrrrible !

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Dans les pays où les gens ne savent pas ce qu’ils vont bien pouvoir manger, mon petit coup de sang de ce soir passerait pour un problème de riche inintéressant, je vous l’accorde. Qui plus est, vous raconter comme ça un brin de ma vie peut sembler carrément prétentieux. Mais selon la théorie de Maslow, ayant la santé et suffisamment à manger, un job et une paye qui tombe tous les mois, et des amis et amours parce que je le vaut bien (ou pas d’ailleurs, je les ai peut-être achetés ;-) ), il est normal que je focalise mon insatisfaction sur de bêtes problèmes matérialistes de forfaits téléphoniques. Vous voilà prévenus, si ça ne vous intéresse pas, vous avez le droit de zaper.

Bref, je vous plante le décors. Il y a un an, ma conjointe a eu un téléphone (le Magic G2 sous Androïd, trop bien !) pris chez SFR avec le forfait qui va bien (internet illimité, SMS/MMS illimités, et une heure de communication). De mon coté, ayant déjà le téléphone, j’ai pris une offre d’une heure chez le même opérateur, et une option Internet (Pass Surf 2.0 à 10 €/mois). L’ensemble me coutait alors mensuellement 5 € de moins que ma conjointe (mais sans les SMS/MMS illimités).

Or, le mois dernier, je constate qu’il existe une option « Surf illimité » avec SMS/MMS illimités à 15 €/mois. En annulant l’option « Pass Surf 2.0″, et en activant celle-ci à la place, je me retrouvais normalement avec les mêmes options et le même tarif que ma conjointe. Fût dit fût fait. Le service client au téléphone me valide tout ça, et me voilà à jouer du téléphone comme un ado. Or, ce soir, je regarde ma facture : voilà que tous les SMS/MMS étaient facturés ! Bonjour l’illimité !!! Mon sang ne fait qu’un tour, me voilà en ligne avec le service client (remarque : malgré le coté urluberluesque de la discussion, je tiens à souligner que le télé-opérateur sur lequel je suis tombé est vraiment resté pro, je n’ai rien à lui reprocher à lui, le pauvre…) :

– Moi : bonjour, j’ai pris le mois dernier l’option « Surf Illimité » censée inclure les SMS/MMS illimités, et ces derniers m’ont été facturés.
– Télé-op : voyons ça… oui, normal : l’option « Surf Illimité » c’est juste Internet, ça ne donne pas les SMS/MMS illimités.
– Moi : ça n’est pas ce qui m’a été expliqué le mois dernier quand j’ai pris l’option. J’ai d’ailleurs donné l’exemple de ce que je voulais à votre collègue en lui parlant du forfait de ma conjointe (et je lui explique l’historique).
– Télé-op : en effet, mais pour votre conjointe, c’est le forfait qui lui donne les SMS/MMS illimités, par l’option « Internet ». Maintenant, si on vous a mal renseigné, je vais vous faire un avoir sur votre prochaine facture du montant de vos SMS/MMS de ce mois (je vous l’ai dit, le type a essayé d’être arrangeant, ya pas à dire…).
– Moi : Merci. Bon, maintenant, comment avoir les mêmes options que ma conjointe, au même prix ?
– Télé-op : (à ce stade, je vous la fais courte, sinon, l’article va mesurer 15 Km) Ça n’est pas possible. J’ai l’option SMS/MMS illimités à 25 €/mois (gloups !!!!), ou un forfait qui inclut les SMS/MMS illimités, mais au total, ça revient à 10 € plus cher que votre conjointe (re-gloups !!!).
– Moi : heuuu, non merci, à ce prix là, je vais laisser tomber l’option SMS/MMS illimités. Mais au moins, est-ce que je peux revenir à l’option « Pass Surf 2.0″ qui était tout de même 5 euros moins cher pour avoir Internet tout pareil.
– Télé-op : (à nouveau, je résume, parce que je suis passé par « l’offre n’est plus commercialisée », puis par « ah si, je l’ai retrouvée », pour avoir le droit à), OK, mais par contre, il y a un petit problème. Je dois désactiver l’option « Internet illimité » tout de suite, et l’option « Pass surf 2.0″ ne sera réactivée qu’à la date anniversaire de votre facture, dans un mois (autrement dit : je paye 5 € de plus, mais en plus, Internet est coupé !). Autre solution : rappelez la veille de votre date anniversaire, ainsi, la coupure ne durera que 24h (re-re glups !!!).
– Moi : impossible, je serai à l’étranger…

Bon, devant l’impasse, j’ai remercié poliment le téléopérateur (si si, promis, je ne me suis même pas énervé, ce qui est rare chez moi en de pareille circonstance). Là, je suis allé faire un p’tit tour sur un comparateur d’offres. Et je vous le donne en mille ! Pour moins de 30 €/mois, soit 3 €/mois de moins que ce que je payais avant pour une heure de communication (et Internet mais sans les SMS/MMS), je me retrouve chez Virgin Mobile avec 5 heures de communication mensuelle (oui oui, ça n’est pas une faute de frappe, 5 fois plus), Internet illimité itou, et même les SMS/MMS illimités !!!

La morale de cette histoire ? Richard Branson n’ayant pas une réputation de philanthrope (Virgin fait bien vivre ses actionnaires), j’ai une offre chez lui avec 5 fois plus de temps de communication que chez SFR, et des options illimitées en plus (mes fameux SMS/MMS, yesss….). Ça vous laisse imaginer le niveau de marges que se font les opérateurs téléphoniques sur notre/votre dos… Et dire que pendant ce temps là, certains n’ont pas à manger (et voilà, la boucle est bouclée ;-) ).

download Fond musical : Jean-Jacques Goldman – Un goût sur les lèvres

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Ce blog est silencieux ces temps-ci, il est vrai, la faute à mes occupations diverses et variées dans la vraie vie. Ça n’est pas pour autant qu’il n’est pas des news qui me font pour le moinssursauter. Et au bout d’un moment, trop, c’est trop. Je vais vous relater deux événements qui semblent n’avoir aucun point commun. Et pourtant…

En août 2009, je lisais un livre : le maître des noms, de Josef LADIK. Et ce matin, je lis le résultat d’un sondage publié par 20 minutes : 58% des français sont d’accord pour interdire les apéros géants.

Le livre de Josef LADIK se passe dans un futur proche. Il décrit un monde très orwellien qui fait froid dans le dos, emblématique de ce que je redoute comme avenir pour mes enfants. Sauf que si le big brother de 1984 semble un peu démodé de nos jours, le monde peint dans le maître des noms ressemble comme deux gouttes d’eau à celui où l’on vit ! Remplacez l’actuelle démocratie molle par une dictature douce, et vous y êtes. Je ne suis pas le seul à penser la même chose. L’amie à qui j’ai donné le bouquin m’a même avoué avoir été troublée à sa lecture, tant il dérange : trop près de la réalité. Il nous montre qu’il ne manque pas grand chose à notre monde d’aujourd’hui pour basculer dans une société où, sous prétexte de vouloir notre bien malgré nous, tout nous est interdit, sauf ce qui profite à quelques individus qui ont le pouvoir.

Ce qui nous rassure, c’est qu’en refermant ce livre, on se dit qu’il reste encore quelques détails qui différencient notre univers de celui du roman. Bon, ce ne sont que quelques détails hein, mais ça rassure. Par exemple, dans la vraie vie, il n’est pas interdit d’organiser des réunions de masse. Les flash mobs ne sont pas prohibés que diantre !…

Alors, quand je lis que, sous prétexte qu’un mec bourré s’est jeté dans un fleuve lors d’un apéro géant organisé via facebook à Nantes, une majorité écrasante de moutons de français est d’accord pour interdire l’organisation de manifestations géantes… je crois rêver ! Mais bordel, réveillez vous !!! Depuis quand y a-t-il a besoin de regroupements massifs de personnes pour que les gens bourrés fassent des conneries ? Les livres de littérature qu’on nous imposaient de lire à l’école m’auront au moins appris que, de tout époque, il suffit d’un ou deux excités, et d’une ou deux bouteilles d’alcool (plutôt trois si vous préférez) pour qu’un accident arrive. Coups de couteau, paris stupides du niveau « à qui pisse le plus loin » qui finissent dans le fleuve… L’interdiction d’attroupement de masse n’y changera pas grand chose !

Mesdames et messieurs les Français, qui êtes prêts à accepter moult lois liberticides sous prétexte de défendre votre petite sécurité, réveillez-vous ! Tout d’abord, ne vous leurrez pas. Ça n’est pas votre sécurité que ces lois défendent. Mais la sécurité de ceux qui ont beaucoup à perdre (leurs milliards, leur pouvoir). Mais pas la vôtre, dont tout le monde se moque. Personne n’interdira un attroupement de trois gus bourrés sur un trottoir. Pourtant, ces trois là seront peut-être plus dangereux pour vous que les milliers de gens un peu éméchés certes, mais s’amusant dans un ambiance bon enfant dans les rues d’un centre ville.

Vous connaissez l’histoire de la grenouille ? Mettez une grenouille dans une casserole d’eau à 60°C. Elle trouvera cette eau trop chaude, et immédiatement, elle fera un bond pour sortir de la casserole. Maintenant, mettez cette même grenouille dans une eau à 20°C. Puis allumez le feu sous la casserole. Vous verrez. Oh, je ne dis pas que, petit à petit, la grenouille ne va pas trouver qu’il fait « un peu chaud ». Mais in fine, vous atteindrez les 60°C sans que le batracien ne se soit sauvé.

Alors, qui sommes-nous en fait ? Des moutons ou des grenouilles ? Les deux peut-être… Je profite d’avoir capté votre attention pour vous montrer un autre « détail » qui nous différenciait de la soft dictature de l’univers de Josef LADIK de celui de notre démocratie molle : dans le roman du maître des noms, les élus étaient promus à leurs postes par des lobbies, en échange du vote de lois visant à assurer la croissance de leur activité. Si vous n’avez pas peur de mal dormir ce soir, allez lire cet article de Seb Musset. Hop, un « détail » de plus qui disparaît… Alors, à quand l’implantation obligatoire de puces RFID ? Le bain dans lequel nous vivons est-il encore loin des 60°C ?

download Fond musical : Propaganda – P-Machinery : je n’ai jamais trop apprécié la version courte de cette chanson. Mais là, la version maxi 12 pouces m’a toujours donné des frissons…

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Normalement, si vous avez un cerveau et le sens de l’observation, ce titre ne devrait rien vous apprendre. Ces derniers temps, l’information à la TV me rappelle surtout l’ancien logo d’EMI (le Jack Russell à coté du gramophone) : « la voix de son maître ».

Jusque là, j’ai pensé que leur travail se limitait à casser ceux qui ne veulent pas rentrer dans les rangs, et à porter la bonne parole des potes du patron. Par contre, j’avais la candeur de penser que pour les petits sujets, les thèmes sans importance, les Laurence Ferrari et consorts faisaient leur boulot. Qu’est-ce que je suis sot…

Ce soir, petit sujet sur le thème « attention braves gens, une fois par siècle, la Seine déborde. Si ça devait arriver, ce brave zouave du pont de l’Alma aurait de l’eau au dessus des chevilles, au dessus des genoux, voire jusqu’aux épaules comme dans le cas de la grande crue de 1910, quand les parlementaires devaient aller dans l’hémicycle en barque. Ah, le zouave du pont de l’Alma… Ceci dit, le provincial que je suis ne sais pas grand chose de ce zouave. Me voilà donc parti sur sa présentation sur Wikipedia pour voir ce qui lui vaut cette popularité. Et dès les premières phrases de l’article, que lis-je ?

« [...]la statue d’un zouave en pied érigée en 1856, qui sert d’instrument populaire de mesure des crues de la Seine. Lorsque le niveau de la Seine atteint les pieds de ce Zouave, les voies sur berges sont en général fermées[...]. Le zouave est plus haut qu’à l’origine, suite à son haussement en 1970 lui retirant toute signification. À repère égal, les crues qu’il signale sont plus graves. »

Et bien voilà. Même pour les marronniers, les journalistes annoncent des futilités brodées d’erreurs qui peuvent êtes révélées dès la lecture des premières lignes d’une encyclopédie en ligne. Que faut-il croire alors ?

download Fond musical : Stephan Eicher – Déjeuner en paix

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Simple hypothèse de travail. Imaginez que vous êtes esclave ooops pardon, caissièr(e) dans un supermarché quelconque. Et vous décidez d’aller bosser qu’un jour sur dix (dans le meilleur des cas). Que vous arrive-t-il ??? Et bien oui, vous êtes viré(e). Bon, moins grave : vous appuyez sur les touches de votre caisse, et vous vous trompez de bouton. Résultat : viré(e). Vous voulez moins grave encore ? En voyant passer une laitue sur le tapi roulant, vous facturez une scarole. Même résultat : viré(e). Aller, ne pleurez pas. Finalement, vous échangez un boulot de merde où vous vous faites insulter pour le SMIC par 100% de temps libre payé au RMI, ça n’est pas si grave…

Autre hypothèse de travail : vous êtes député, et vous n’assistez qu’à une séance sur dix. Ainsi, le groupe d’opposition peut s’amuser à une partie de cache-cache et sortir de derrière les poteaux pour s’infiltrer dans l’hémicycle à la dernière minute et faire barrage à la loi liberticide que vous êtes censé voter (et qui devait passer les doigts dans le nez, vous êtes dans la majorité [présidentielle], bordel ! Et vous en êtes fier !!!). Autre cas : vous êtes député, et vous n’assumez pas les consignes de vote données par votre groupe parlementaire. Alors, vous vous trompez bêtement de bouton lors du vote (c’est compliqué, il y en a deux, des boutons…). Bon, à ce stade de l’histoire, vous pensez que j’ai un grief contre les députés (pourquoi pas d’ailleurs, quand on voit comment ils dépensent leur argent ?). Alors, regardons l’autre chambre : celle de nos vénérables sénateurs. À leur propos, comme ils ne sont pas élus directement par un peuple supposé idiot, on se dit qu’il doit s’agir d’élites infaillibles. Qu’ils sont présents à chaque séance, et qu’ils ne se plantent pas de bouton ? Si seulement…

Je ne sais pas si vous connaissez une caissière qui a fait les erreurs listées ci-dessus. Mais moi, je connais les députés qui n’étaient pas là le 9 avril pour voter HADOPI. Je connais celui qui, à lui tout seul, a fait pencher la balance lors du vote erroné du 24 octobre à propos de la taxation des banques. Enfin, je connais le nom du sénateur qui, hier, a non seulement voté pour ses petits camarades (qui étaient tous absents), mais qui en plus, s’est planté de bouton (faisant passer l’amendement qui était opposé à la loi qui aurait du passer haut la main elle aussi).

Bon, je vous rassure : il n’y a pas eu de conséquence pour ces pauvres élus. Ils ont toujours leur poste, touchent toujours leurs soldes (notez que j’ai mis un « S » car ils les cumulent), peuvent toujours profiter des privilèges comme une voiture avec chauffeur ou des remboursements de tickets de transport en commun (en 1ère bien sûr). Oufff…

Je pourrais donc dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes finalement ? Et bien non. Parce que malheureusement, comme nous ne sommes pas dans une démocratie, quelques coups de baguettes magiques ont permis de faire tout de même passer ces lois respectivement liberticides, injustes, et de magouilleurs. Et pendant ce temps là, les restos du cœur sonnent la sirène d’alarme, car ils ne savent pas s’ils pourront nourrir notre pauvre caissière limogée (ainsi que ses 999’999 congénères qui arriveront en fin de droit en 2010) pendant tout l’hiver, qui pourrait être long, malgré ce qui se dit à Copenhague

Nb : heureusement, ce qui me rassure, c’est qu’au parlement européen, les eurodéputés se sentent obligés d’aller voter, sinon, ça se saurait… C’est pathétique, vraiment.

download Fond musical : Jena Lee – j’aimerais tellement : petite dédicace pour Jade, dont s’est « la musique préférée » (sic) du moment (et en lui souhaitant que les choses s’améliorent pour leur génération…).

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Lu sur l’excellent slate.fr : il existerait deux types de netsurfeurs : ceux qui lancent plein de fenêtres, et ceux qui utilisent les onglets. Évidement, la navigation entre les différentes pages se fait en restant dans le navigateur quand on utilise les onglets, alors qu’on dépend du système d’exploitation et de sa barre des tâches quand on lance plusieurs fenêtres.

Rien que pour ça, on va m’expliquer que les onglets, c’est mieux. Oui non mais d’accord, mais vous oubliez un détail messieurs les ergonomes, et pas des moindres.

En effet, dans les logiciels, la mode est de rajouter des « barres » (sous-entendu « barres horizontales »). Ubuntu a même la bonne idée de nous en mettre deux par défaut, une en haut et une en bas. Si on ajoute à ça le cadre de la fenêtre, la barre de menus, la barres des outils, et pourquoi pas la barre personnelle, cette fameuse barre des onglets, la barre d’état… Ca commence à faire beaucoup !!!

Et pour couronner le tout, les concepteur de PC suivent cette mode en provenance des TV : le 16/9ème, voire maintenant le 16/10ème.

Et bien c’est gagné, sur un netbook 7 pouces, voilà ce que ça donne (photo réalisée sans trucage, et encore, je n’ai pas poussé le vice à ajouter une barre google ou yahoo) :

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Et voilà, on a réinventé le Minitel. Surfer sur une page qui fait 10 lignes de haut, ça n’est pas le pied. De grâce, rendez-nous nos écrans 4/3 (qui a dit que j’étais psychorigide ?), ou bien chers développeurs de logiciels, pensez aux netbookiens, et mettez vos gadgets sur les cotés.

Maintenant, je vous vois venir : vous allez me dire qu’il y a bien d’autres raisons de râler actuellement. Au hasard : la disparition du ministère des droits de l’homme, ou le catapultage du fils spirituel de Maurice Papon au ministère de l’intérieur. Mais ça, d’autres l’ont fait pour moi. Ceci dit, c’est vrai que ça fout les boules…

download Fond musical : Helmut Fritz – Ca m’enerve

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cliquez pour voir Saez aux victoires de la musiqueCes dernières années, j’ai pour habitude de boycotter les victoires de la musique, comme l’invitait à le faire le site d’evene d’ailleurs. Déjà parce que je n’avais pas envie de revoir un présentateur faire des louanges mielleuses et imméritées à Christine Albanel, comme ça a déjà été le cas au MIDEM lors des derniers NRJ Music Awards. Mais surtout, parce que c’est le genre de soirée qui met en valeur l’industrie du disque… Or, ne trouvez-vous pas qu’il y a un paradoxe dans l’expression « industrie du disque » ? L’art est-il industrialisable ???

Cette même industrie du disque qui se pose en lobby pour faire passer en force cette honteuse loi HADOPI. Pour ceux qui ne suivraient pas l’actualité du net, un petit cours de rattrapage sur ce qu’est cette loi qui sera débattue dans quelques jours :

  • sur le site de la quadrature du net, qui invite d’ailleurs tous les blogeurs à procéder au black-out de leur site, ce qui explique pourquoi le présent article est en berne,
  • sur le site de l’April, qui appelle lui aussi à la mobilisation,
  • sur le site blogeee,
  • sur le korben’s blog,
  • et tant d’autres

Heureusement, quelques artistes profitent d’être dans ce système pour prendre le maquis, et dire ce qu’ils ont à dire sur ce monde économique et financier dans lequel nous sommes. En l’occurrence, hier soir, c’est l’artiste Saez qui a eu le courage d’écrire au pied levé un texte et une chanson pour dénoncer les milliards engrangés sur le dos de la crise. Entre parenthèses, à ce sujet (merci Virginie pour le lien), je ne peux m’empêcher de vous faire suivre l’excellente caricature de TOX :

cliquez pour voir Saez aux victoires de la musiquePour revenir aux victoires de la musique, si, comme moi, vous n’avez pas vu cette séquence avec Damien Saez en direct, voici le lien (ou cliquez sur l’image ci-contre). Je n’ai rien à ajouter, sinon mes applaudissements, et le script du début du texte :

<<  
  Tes parents sous anxiolytique dans les mines modernes,
Du gasoil dans la bagnole rentrait la tune dans ta compagnie,
Tes bénéfices aux actionnaires, toi qui galère pour payer des fringues à tes mômes,
Que t’es triste à mourir.
La jeunesse est au shit, à la c, à la colle,
Dit-moi qu’est-ce qu’on lui offre qui vaille mieux que ça ?
Que l’appât du gain toujours encore de l’avoir sur nos êtres,
Nous n’avons plus de rêve que celui d’oublier,
Tu les as vu les autres ?
Ils ont le regard pauvre, plein de sous dans leurs poches,
La commission qu’ils se sont faits pour le crédit de leurs bagnoles,
Ils sont en Porsche ou en Aston, toujours accompagnés d’une conne,
Ils ont le regard de la mort, le regard de la mort,
L’obscurantisme décidément fait des petits de jours en jours,
C’est sûr eux, ils brûlent pas de bagnoles,
Pendant qu’ils font des farandoles, dans leurs putains de boîtes de nuit,
Dans leurs putains d’assemblées, c’est sûr qu’ils font partie de la communauté.
[...]
>>  
download Fond musical : Raphael – Cela nous aurait suffi : dans le même style…

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Gaza«  Lecteur, oublie un moment le fracas des préjugés Hamas-Israël, Islamistes-sionistes. Je ne suis pas venu ici pour te dire qui a commencé. Un seul souci m’a guidé sur ces routes dangereuses : rendre compte de ceux qui n’y peuvent rien ; les civils.  ». C’est ainsi que commence la petite BD que vous pouvez lire ici.

Le rapporteur qui a croqué cette BD a accompagné un groupe de quatre parlementaires suisses venus en « voyage touristique » (autrement dit, leur venue n’était pas officielle). Malheureusement, ne vous faites aucune illusion : ce qu’il décrit ressemble exactement à ce que vous avez pu lire ici ou (utilisation de bombes au phosphore blanc, de bombes DIME engendrant des blessures qui ne peuvent être soignées, de bombes à l’uranium appauvri…). Après la lecture de cette BD, vous comprendrez que je n’ai pas d’autres commentaires à ajouter.

download Fond musical : ACDC – Hells bells

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Ce long titre, je n’ai eu qu’à le piquer à la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Normalement, l’affaire dont il est question, tout le monde a dû en entendre parler, vu qu’elle est bien relayée par toutes les feuilles de chou. Ceci-dit, si cette polémique concernant l’euthanasie d’Eluana, une italienne qui est dans un état végétatif depuis 17 ans divise l’opinion publique en Italie, nous avons eu le même débat en France récemment avec Chantal Sébir, et un peu plus tôt avec l’actrice Maïa Simon.

Bon sang, j’ai déjà crié que nul ne pouvait posséder un être humain. Nous devons être notre propre maître. C’est vrai dans la vie, mais ça devrait aussi être le cas dans le choix de notre mort ! La plupart des religions monothéistes interdisent le suicide (enfin, ils n’ont pas trop de moyens de représailles, aussi, il promettent l’enfer à ceux qui choisissent cette formule). Mais bon sang, de quel droit ? Pourquoi ne pourrait-on pas choisir de partir quand notre forme physique ne nous permet plus de rester digne ?

Actuellement, en France comme en Italie d’ailleurs, l’euthanasie assistée est interdite. Par contre, on tolère que quelqu’un qui ne vit plus que sous forme de légume puisse mourir… de faim et de soif ! En effet, dans certaines conditions, il est possible de débrancher les tuyaux de perfusion des personnes vivant depuis longtemps dans un état végétatif. Résultat (choquant en ce qui me concerne) : plutôt que d’avoir droit à une mort rapide et calculée, le patient-légume va tranquillement se dessécher, et doucement, tout doucement, va mourir faute d’être alimenté. Est-ce là le seul geste de dignité que nous devons à nos semblables ?

Comme cette pratique de petite mort a du choquer aussi Silvio Berlusconi, il a voulu faire passer (pour l’instant en vain) un décret-loi pour empêcher que l’italienne ne soit débranchée. Toutes les pressions du Vatican, des ministres, des collectivités locales se sont appliquées à mettre en garde médecins et établissement hospitalier pour qu’Eluana reste en « vie ». Mais messieurs, si la mort à petit feu vous choque, n’y a-t-il rien de mieux à faire ?

A titre personnel, je le crie haut et fort. De la même façon que j’ai sur moi une carte de donneur d’organes (une fois mort, si je peux encore servir à quelque chose…), j’aimerais pouvoir porter une carte pour qu’on ne me laisse pas traîner 17 ans à l’état de légume. Et pour que si on décide d’abréger cet état de mort-vie, qu’on choisisse une méthode plus radicale que de me laisser mourir de faim. Comme disait Michel de Montaigne, la mort ne doit être au pire qu’un mauvais quart d’heure à passer. C’est pourquoi si la France continue à jouer les hypocrites, si un jour la malchance veut qu’un tel choix s’impose à moi, c’est en Suisse que j’irai finir mes jours, avec l’aide de médecins humanistes…

download Fond musical : Kansas – Dust in the wind

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Alors, supposons que vous constituiez un fichier nominatif de surfeurs (sur Internet hein, pas à Lacanau). Que ce fichier soit collecté en fonction des habitudes des surfeurs. Ensuite, que vous utilisiez ce fichier nominatif pour envoyer massivement des dizaines de milliers d’emails par jour. Pour faire du prosélytisme pour un commerce. Voire pour intimider les gens. De quoi seriez-vous traité ? De spammeur ? De fraudeur à l’arnaque nigérienne ?

Et bien non. Ce mailing de masse visant à défendre la pauuuuvre petite industrie du disque et de la vidéo devrait être bientôt légalisé. C’est ce qu’a promis notre bon président. Et comme ministres, parlement, et sénat écoutent maintenant la voix de son maître sans sourciller… Ce que seigneur dit doit être fait !

Et qu’importe si des études (néerlandaise entre autre) démontrent que le téléchargement (même illégal) peut être bénéfique.

Aussi, après le mois de mars si tout va bien, la loi HADOPI sera votée. Enfin, moi, je vois au moins deux avantages à ça : tout d’abord, l’industrie du disque a promis de retirer les DRM des fichiers audio vendus en ligne. C’est un début, reste à faire pareil pour les vidéos… Deuxième bon plan : ça va être très pédagogique pour les internautes, afin qu’ils apprennent à crypter et sécuriser leurs échanges. En cette période liberticide (tien, encore un exemple), un peu de résistance ne fera pas de mal…

download Fond musical : France Gall – Résiste

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