Trois Fred Vargas pour le prix d’un

Il y a quelques mois, miss Tatie Céline m’avait offert trois Fred Vargas, que j’ai dévorés cet été sur la plage. Je n’ai pas pris le temps de vous en parler en revenant. Alors, petite séance de rattrapage. Il s’agit de :

  • Pars vite et reviens tard,
  • Sous les vents de Neptune,
  • Dans les bois éternels.

Pour ceux qui ne connaissent pas (et qui n’avaient pas lu mon ancienne critique sur « L’homme aux cercles bleus »), Fred Vargas écrit des romans policiers mettant en scène le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Cet officier est à la police ce qu’Eve Angeli est à la physique quantique. Enfin… en apparence seulement. Il ne semble avoir aucune méthode, ne suit aucune logique (il y est allergique d’ailleurs), il est sensible, zen, rêveur… et ça marche. Appelez ça sixième sens, intuition, coup de bol. Mais qu’importe : il résout les affaires. Son flaire tient peut-être dans le fait qu’il sait créer une alchimie en s’entourant des bonnes personnes. Adrien Danglard, son collègue et Ami, dont la culture et la logique n’ont d’égal que son affection pour les bouteilles. Le lieutenant Violette Retancourt, qui a l’aspect et la force d’un bulldozer et l’agilité d’un singe. Coté privé, il a une relation plutôt chaotique avec Camille Forestier, du genre je t’aime-moi non plus ou revient-fout le camp.

Dans Pars vite et reviens tard, un ancien marin breton, Joss Le Guern, gagne sa vie en remettant au goût du jour le métier de crieur public. Or, ce dernier se met à lire des messages inquiétants, au moment où commence une épidémie de grand  » 4  » peints à l’envers sur les portes des appartements de la ville (ces symboles étaient censés protéger de la peste aux siècles derniers). Adamsberg n’aime pas cette concordance de signes. Et il a bien raison : une série de meurtres commence…

Dans Sous les vents de Neptune, Jean-Baptiste Adamsberg subit des troubles psychosomatiques parce qu’il est rattrapé par de vieilles affaires où le meurtrier tuait ses victimes à l’aide d’un trident. Bien que connaissant le meurtrier (un juge qui a réussi à rendre le frère du commissaire Adamsberg suspect n°1 d’un des meurtres qu’il a commis), il n’a jamais pu prouver sa culpabilité. Mais le juge ne tuera plus personne : il est décédé. Enfin, le croyait-on. Sauf que… une nouvelle victime, plantée par un trident, entre en scène. Œuvre du fantôme du juge ? D’un imitateur ? Le commissaire sera suivi par cette affaire (et deviendra même suspect à son tour) jusqu’au Quebec, où il suivra (un peu de force) un stage sur les preuves basées sur les analyses ADN. A noter que c’est mon moment préféré du bouquin : les dialogues entre le flic frenchie un peu déglingué, et nos cousins d’Amérique…

Enfin, dans Dans les bois éternels, le sixième sens d’Adamsberg l’empêchera de croire à une coïncidence dans un double meurtre ayant eu lieu à Paris. Son enquête l’emmènera dans une Normandie rustique, et le Béarn, sa terre d’origine.

Le lecteur trouvera dans ces romans ce qu’il veut. Des histoires policières assez originales et bien ficelées. Mais aussi, la description de relations humaines, de rouages qui font tourner le monde. Le tout dans un style très précis, très efficace. Bref, Fred Vargas, on aime ou on n’aime pas, mais ça ne laisse surtout pas indifférent…

download Fond musical : Ennio Morricone – BO du film « Peur sur la ville »

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