Publications ayant comme libellé ‘euthanasie assistée’

Ce long titre, je n’ai eu qu’à le piquer à la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Normalement, l’affaire dont il est question, tout le monde a dû en entendre parler, vu qu’elle est bien relayée par toutes les feuilles de chou. Ceci-dit, si cette polémique concernant l’euthanasie d’Eluana, une italienne qui est dans un état végétatif depuis 17 ans divise l’opinion publique en Italie, nous avons eu le même débat en France récemment avec Chantal Sébir, et un peu plus tôt avec l’actrice Maïa Simon.

Bon sang, j’ai déjà crié que nul ne pouvait posséder un être humain. Nous devons être notre propre maître. C’est vrai dans la vie, mais ça devrait aussi être le cas dans le choix de notre mort ! La plupart des religions monothéistes interdisent le suicide (enfin, ils n’ont pas trop de moyens de représailles, aussi, il promettent l’enfer à ceux qui choisissent cette formule). Mais bon sang, de quel droit ? Pourquoi ne pourrait-on pas choisir de partir quand notre forme physique ne nous permet plus de rester digne ?

Actuellement, en France comme en Italie d’ailleurs, l’euthanasie assistée est interdite. Par contre, on tolère que quelqu’un qui ne vit plus que sous forme de légume puisse mourir… de faim et de soif ! En effet, dans certaines conditions, il est possible de débrancher les tuyaux de perfusion des personnes vivant depuis longtemps dans un état végétatif. Résultat (choquant en ce qui me concerne) : plutôt que d’avoir droit à une mort rapide et calculée, le patient-légume va tranquillement se dessécher, et doucement, tout doucement, va mourir faute d’être alimenté. Est-ce là le seul geste de dignité que nous devons à nos semblables ?

Comme cette pratique de petite mort a du choquer aussi Silvio Berlusconi, il a voulu faire passer (pour l’instant en vain) un décret-loi pour empêcher que l’italienne ne soit débranchée. Toutes les pressions du Vatican, des ministres, des collectivités locales se sont appliquées à mettre en garde médecins et établissement hospitalier pour qu’Eluana reste en « vie ». Mais messieurs, si la mort à petit feu vous choque, n’y a-t-il rien de mieux à faire ?

A titre personnel, je le crie haut et fort. De la même façon que j’ai sur moi une carte de donneur d’organes (une fois mort, si je peux encore servir à quelque chose…), j’aimerais pouvoir porter une carte pour qu’on ne me laisse pas traîner 17 ans à l’état de légume. Et pour que si on décide d’abréger cet état de mort-vie, qu’on choisisse une méthode plus radicale que de me laisser mourir de faim. Comme disait Michel de Montaigne, la mort ne doit être au pire qu’un mauvais quart d’heure à passer. C’est pourquoi si la France continue à jouer les hypocrites, si un jour la malchance veut qu’un tel choix s’impose à moi, c’est en Suisse que j’irai finir mes jours, avec l’aide de médecins humanistes…

download Fond musical : Kansas – Dust in the wind

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