Publications de la catégorie ‘Philo/Politique’

Assurément, ça y est, c’est la crise. On nous la promettait depuis des lustres, qu’elle soit systémique et profonde, ou qu’elle soit passagère, ses effets se font sentir : les boîtes se débarrassent des esclaves emplois précaires (bye bye les intérims). Et ça n’est qu’un début…

Devant cette crise, on remarquera plusieurs attitudes :

  • l’attitude jugée courageuse (rrrhhmm rrrhhmm) de certains hommes de droite, qui disent qu’il faut laisser faire le capitalisme, et qu’il faut tout au plus réglementer un peu ici et là, surtout du coté des paradis fiscaux (ce qui nous arrange plutôt pas mal, ça mettrait fin à l’hémorragie de la fuite des capitaux), ou qui pensent qu’il faut mettre fin au dollar roi (qui a dit pourquoi pas l’euro ?) ;
  • l’attitude cacophonique du PS qui ouvre son congrès demain. Ce que j’ai retenu des dernières motions pour lesquels les enrôlés ont [presque] massivement voté ? Il faut changer de système pour un modèle plus juste, pour un modèle qui inclut le progrès social. Heuuu… Oui d’accord, mais en pratique, c’est quoi ce modèle ? Quelqu’un a une idée ? Non mais parce qu’il y a un siècle, l’idée économique (à laquelle j’adhère de principe) du PS était de dire “mettons de l’argent [public] dans des grands projets/travaux, ça créera des emplois, les gens toucheront un salaire,  dépenseront cet argent, qui sera l’essence de la pompe capitaliste, qui va alors se réamorcer, et ça relancera l’économie”. Franchement, j’ai toujours trouvé cette idée assez lumineuse. Seulement voilà, au delà de l’esthétisme, il y a un principe de réalité : ça ne marche pas ! Je ne suis pas économiste, et c’est dommage, j’aimerais bien comprendre pourquoi. Mais force est de constater que ça été testé à de nombreuses reprises : ça permet en effet de faire vivoter quelques familles, mais ça ne relance pas l’économie. Le front populaire n’est jamais arrivé à sortir notre monde occidental de la crise. C’est une belle guerre qui l’a fait. La où je voulais en venir, c’est que depuis cette fausse bonne idée, le PS n’a jamais proposé d’autre modèle économique/financier qui tienne la route ;
  • sinon, on voit ressurgir les idées de gauche (les vraies) : il faut faire dans le social. Je reconnais, c’est tentant. Sur le papier, ça marche. La solidarité, arrêter de penser à soit en s’en mettant plein les poches, penser aussi aux autres… Seulement voila. Ici aussi, principe de réalité : l’Homme n’est pas philanthrope. C’est un animal social, qui éprouve de la pitié. Alors, donner un peu à manger au gars qui meurt de faim au coin de la rue, OK. Mais accepter de partager ses ressources pour que tout le monde vive avec à peu près avec le même niveau de richesse : peu sont prêts à le faire. Rappel : PIB mondial divisé par nombre d’habitants égal à 437 €/mois (chiffres de 2004). Alors, je repose la question, combien sont prêts à vivre avec 437 €/mois ? L’Homme est social, un peu, mais il est aussi individualiste. En gros, il y a tout d’abord Moi, puis Ma Famille, mes proches, un peu les autres qui ne sont pas trop loin… et le reste du monde n’a qu’à se débrouiller. Ça n’est pas un hasard si les applications des modèles communistes n’ont jamais marché. D’accord, on va me dire que c’est parce qu’ils n’ont jamais été bien appliqués. Qu’ils ont été utilisés par des dirigeants totalitaires… Oui, mais enfin bon, qu’on me montre un endroit au monde où ça marche. D’accord, dans quelques villages isolés, au milieu de la savane ou des forêts vierges (qui disparaissent), ça fonctionne plus ou moins. Mais sitôt qu’on élargit l’échelle : il y a toujours un ou deux malins qui profitent du système, et même si ça n’est pas la majorité, ça suffit à tout faire partir en vrille.

Alors c’est tout ? C’est fini ? Il n’y a vraiment plus aucune utopie en laquelle croire ? Personne n’est capable d’imaginer un modèle de vie, un modèle social, un modèle économique (j’utilise ce mot, mais on peut le changer) qui prenne en compte l’aspect social de l’être humain, mais aussi (parce qu’il est ainsi), sa composante non négligeable d’individualisme ? Les seuls qui pourraient (peut-être, même pas sûr) seraient les anarchistes. Mais il paraît qu’ils sont occupés à casser les caténaires du TGV (à moins que ça, ce soit de la propagante de MAM). Alors quoi, personne ?

download Fond musical : Eddy Mitchel - Il ne rentre pas ce soir : Chanson qui reviendrait d’actualité ?

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Si vous êtes sur Nancy le 7 novembre prochain, et si vous êtes un blogueur ou un simple blogophile, notez sur votre agenda que la 4ème république des blogs (RdB pour les intimes) aura lieu à partir de 19h00 à l’Alérions Café (petit merci à Maxime qui s’occupe de l’organisation de cet événement).

Pour les détails comme l’adresse, les inscriptions, etc, il y a même une page facebook faite exprès pour vous…

download Fond musical : Jean-Philippe Goude - Picnic music (de l’album “Rock de chambre”) : BOF de “Nos enfants chéris”

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Billet “rapide” à chaud à propos de cette brève que je viens de lire sur le site de rue89. Je vous la résume en quelques mots : 169 francs-maçons, maîtres de loges du Grand Orient de France, viennent d’être convoqués par le Grand Maître de cette obédience devant un tribunal maçonnique, et risquent tous potentiellement une suspension individuelle. Leur crime ? Avoir initié des femmes.

Cette information mérite quelques éclaircissements pour ceux qui ne connaissent pas la franc-maçonnerie. A noter que je serai rapide, n’étant pas moi-même spécialiste. J’ai juste retenu quelques idées concernant la franc-maçonnerie (mouvement humaniste discret travaillant avec des règles et rites très stricts), que je vais vous livrer afin de vous aider à comprendre la nouvelle ci-dessus (mais je peux me tromper, n’hésitez pas à me corriger).

Si je voulais être provocateur, je dirais qu’en France, la franc-maçonnerie est quelque chose d’aussi complexe que… les religions par exemple (c’est dire). En gros, initialement, il n’y avait certainement qu’un seul mouvement de francs-maçons, qui n’acceptait en son sein (acceptation qui porte le nom d’initiation) que des hommes. Puis, il y a eu des “forks” comme diraient les geeks ;-). Plusieurs mouvements ayant des visions différentes sur certains points se sont séparés. Ces mouvements sont appelés obédiences. Chaque obédience a son “pape” (appelé Grand Maître). Au niveau local, les francs-maçons se réunissent dans un temple en groupes appelés des loges. Les grands points qui différencient ces obédiences sont :

  • la mixité (si traditionnellement, les plus anciennes obédiences sont exclusivement masculines, ce dernier siècle a vu naître des obédiences exclusivement féminines, d’autres mixtes, voire n’imposant rien et laissant à leurs loges le choix de définir leurs propres règles) ;
  • la pratique de règles plus ou moins ésotériques différentes (on parle de rites). Ces rites définissent par exemple comment est constituée la hiérarchie de l’obédience, comment se déroulent les réunions (les tenues), le mode de fonctionnement, l’obligation ou pas de croire à une sorte de dieu créateur appelé grand architecte de l’univers, etc. ;
  • les sujets de prédilection (même si tous les sujets intéressent les obédiences, certaines vont plutôt axer leurs travaux sur la laïcité, d’autres sur les droits de la femme, etc.).

A noter que toutes ces obédiences avaient historiquement plus ou moins l’habitude de se quereller. Mais ces dernières décennies, elle se reconnaissent entre elles, et préfèrent afficher une certaine unicité autour de leur idéal commun : promouvoir l’Homme et l’Humanité.

Ma description est évidemment incomplète, et on va me dire qu’il existe une certaine forme de démocratie (par exemple, la hiérarchie dont je parle est élue, certains postes ne peuvent être tenus ad vitam eternam, etc.). Je suis sûr qu’on voudra aussi insister sur le fait que la franc-maçonnerie n’est ni une secte ni une religion (ce en quoi je suis maintenant convaincu).

Pour revenir à nos moutons, la news concerne la plus grande obédience française : le Grand Orient de France (souvent abrégé en GODF), mouvement conservateur qui n’accepte pas la mixité. Enfin, pour être précis, ils acceptent la présence de visiteuses (franc-maçonnes initiées dans une autre obédience qui est ouverte aux femmes), mais ils s’interdisent d’initier eux même une femme. Personnellement, je trouve ça très réac, mais ils ont des arguments pour se défendre (du genre défense de la liberté : “nous on ne veut travailler qu’entre hommes, et il existe assez d’obédiences en France si vous voulez travailler entre femmes, ou dans des groupes mixtes”), et je ne veux surtout pas troller ici.

Quoi qu’il en soit, il semblerait bien qu’il existe des dissidents au sein du GODF, et que le grand chef est bien décidé à sévir contre eux, juste pour l’exemple.

Je me garderai bien de mettre mon grain de sel dans ce petit monde qui semble déjà bien s’agiter tout seul. Personnellement, sur le fond, je me sens tout à fait proche des valeurs de la franc-maçonnerie. Mais sur la forme, je ne m’y retrouve pas. Trop ésotérique à mon goût. J’ai une grande méfiance des symboles (notion utilisée abondamment en franc-maçonnerie), ne croyant pas que ceux-ci soient universels, ce qui peut amener à des contres-sens. Tel objet ayant tel symbolique dans notre monde occidental évoquera peut-être tout autre chose à des habitants d’autres régions du monde. Et puis, je ne me vois pas dans un costume, à suivre des rites…

Et franchement, mesdames et messieurs les francs-maçons, au delà de ces travaux symboliques et de ces rites, mettez-vous à notre place, pauvres non-initiés (on dit profanes) que nous sommes : alors que j’ai franchement le sentiment que les libertés individuelles se réduisent comme peau de chagrin, alors que j’ai profondément l’impression que l’obscurantisme et l’aliénation de l’homme par l’homme revient en force, ou plutôt, utilise des techniques sournoises qui ne sont plus celles que vous avez l’habitude de combattre, ne pensez-vous pas qu’il n’est pas de sujet plus grave à traiter que de savoir s’il faut travailler entre mecs et couper la tête à ceux qui ont initié quelques femmes (qui sont certainement de grands Hommes) ? Je n’ai évidemment pas mon mot à dire, vous faites bien ce que vous voulez, mais le message que j’ai envie de vous crier, c’est que vous continuer depuis des siècles à vous agiter sur des combats d’arrière garde comme la mixité, vous saver toujours bien vous battre (et c’est tant mieux, parce qu’il y a toujours danger) contre les fantômes des ennemis que vous avez vaincus il y a un siècle en inscrivant dans le marbre de notre constitution l’idée de laïcité, mais qu’inversement, votre silence sur certains aspects de l’évolution de notre société est totalement assourdissant. Ne vous trompez-vous pas de combat ?

download Fond musical : Julie - Femme : décidément, j’adore cette artiste

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Il y a quasiment 4 ans jours pour jours, le 3 septembre 2004, 344 personnes (dont 186 enfants) mourraient dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord (fédération de Russie). Quel était donc le crime commis par ces gens pour subir un tel sort ? Et bien tout simplement d’être citoyens russes.

Tout de suite, notre réflexe nous invite à pointer du doigt les méchants terroristes. Seulement, vous êtes-vous déjà posé la question de savoir comment des gens, à priori tout à fait normaux et seins d’esprit, pouvaient en arriver à devenir des criminels sanglants capables de décimer froidement, aveuglément, et en toute conscience des centaines de personnes (dont une majorité d’enfants) juste parce qu’elles sont emblématiques d’une nation particulière ?

Revenons au contexte. En 1994, un certain Boris Eltsine crée la surprise en donnant l’ordre à ses troupes d’envahir la Tchétchénie, pays qu’il trouve un peu trop agité à cause de ses mouvements indépendantistes. La ville de Grozny tombe très vite, mais ce qui ne devait être qu’une frappe éclair se transforma en un véritable bourbier. Les soldats russes prirent place sans trop faire de cas des civilités humanistes, et de leur coté, les tchétchènes organisent la résistance pour pourrir la vie des troupes occupantes. Imaginez ce qu’un jeune de 18 ans peut ressentir lorsqu’il voit ses soeurs violées, ses parents fusillés, quand il se retrouve dans un quartier confiné par les troupes d’un pays qu’il ne reconnaît pas comme le sien, qui coupent tout moyen de communication et d’approvisionnement, afin d’amener la population à mourir de faim. Et pourquoi cette population subit ce traitement ? Tout simplement parce qu’elle ne souhaite pas se reconnaître comme sujet d’une nation qu’elle voit comme envahisseur impérialiste.

Pour sortir de l’impasse, Eltsine laisse naître une “République tchétchène d’Itchkérie”, à priori indépendante. Seulement, en septembre 1999, un dénommé Vladimir Poutine, alors Premier ministre russe, lance l’ordre d’envahir ce jeune état vu comme bien trop turbulent. De nouveau, la ville de Grozny tombe en janvier 2000. Pour ce même jeune qui a maintenant 24 ans, l’histoire semble se répéter. Les mêmes crimes et les mêmes tortures sont perpétrés à ses proches par les soldats d’une nation qu’il ne reconnaît toujours pas comme sienne.

Alors, il voit rouge. Alors, il devient autiste. Alors, pour venger ses frères, soeurs, parents, amis, il laisse parler sa violence, sa haine, sa soif de vengeance. Il n’aura qu’une envie : faire du mal à ce peuple qui a envahi ses terres plusieurs fois dans l’histoire, dont deux fois sous ses propres yeux en réalisant des actions stigmatisantes. Plus aucune conscience humaniste ne l’empêchera de prendre en otage des centaines d’innocents, dont plus de 200 enfants. De les traumatiser. De les laisser sans autorisation de se lever, de manger, de boire, ou même d’uriner… Et comme la diplomatie ne semble pas être la qualité première des russes, la fin, vous la connaissez, j’en redonne le bilan au début de ce billet.

Pourquoi un tel rappel me direz-vous ? Nous sommes en août 2008, et actuellement, les troupes russes viennent d’envahir la Géorgie. Le crime des Géorgiens ? Ne pas vouloir se soumettre au gouvernement russe, qu’ils voient comme une nation d’envahisseurs impérialistes. Ça ne vous rappelle rien ?…

Alors non. Je ne veux surtout pas défendre le terrorisme. Ni même les causes des indépendantistes (car je l’avoue, j’ai un peu résumé l’histoire en oubliant de préciser que ces indépendantistes tchétchènes sont soutenus par des intégristes religieux prônant des lois et des styles de vie qui m’exècrent et que je combats par ailleurs ; comme quoi, rien n’est simple…).

Non. Je voulais juste rappeler que cette violence n’apparaît jamais de façon spontanée. Il s’agit souvent d’une escalade dont l’origine vient de l’ignorance (souvent volontaire) de certaines personnes à respecter la volonté de liberté, d’intégrité, d’indépendance d’autres. Encore une fois, je vous invite à relire Etienne de la Boétie (promis, je vous résumerai ses pensées dans un billet spécifique, sinon, celui-ci sera trop long). Parce que certains sont avides de pouvoir et de richesses situées sur des terres qui ne sont pas les leurs, ils n’hésitent pas à asservir des hommes et des femmes, de façon subtile ou par la force. Et ça n’est pas une fois que cette cage est construite et consolidée par des siècles de techniques d’aliénation qu’il faut nous insurger, qu’il nous faut réagir. Tout d’abord parce que le niveau de négociation ou de violence nécessaire à la libération de ces hommes peut avoir atteint un seuil important. Mais aussi, parce que ces pauvres êtres asservis sont autant de proies faciles pour les idées extrémistes, elles aussi utilisées comme armes par d’autres requins, avides eux aussi de pouvoir et de richesses situées  sur des terres qui ne sont pas les leurs…

download Fond musical : La Grande Sophie - Les nouveaux héros

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Oooops !!!J ‘ai failli oublier de relayer l’information. Comme tous les ans, France Culture diffuse tous les jours les cours dispensés par Michel Onfray (mon maître spirituel s’il en est ;-) ) à l’Université Populaire de Caen.

Pour cette sixième saison, la thématique est : les radicalités existentielles. Les cours sont diffusés tous les soirs de 19h à 20h du lundi au vendredi. Le programme des prochaines émissions est ici, et les archives des anciennes (qu’on peut réécouter en streaming realaudio :-( ) sont archivées et audibles ici durant quelques semaines.

Petite information technique pour les geeks qui pourraient se croire brimés. Cette année, les flux realaudio (beurk) utilisent le protocole pnm (à la place du classique rtsp). Évidement, sous Linux, si on lance un bon vieux “mplayer -ao pcm:file=cours_no_01.wav  pnm://son.radio-france.fr/chaines/itema/2816/2816_21072008_2008C2816E0001.rm“, ça ne marche pas :-( . Aussi, j’ai regardé ce que c’était que ce protocole pnm… Ohhh, il est dit qu’il ressemble au protocole rtsp. D’ailleurs, il utilise le même numéro de port (7070). Y aurait-il à tout hasard une certaine compatibilité ? Essayons un “mplayer -ao pcm:file=cours_no_01.wav  rtsp://son.radio-france.fr/chaines/itema/2816/2816_21072008_2008C2816E0001.rm” (même URL où on remplace pnm:// par rtsp:// ) et… Oh ! Miraclum miraclette de la technologie moderne, ça marche :-) . Là, il ne reste plus qu’à convertir le fichier wav en mp3 avec un “lame -f cours_no_01.wav cours_no_01.mp3“. Je vous laisse écrire le scipt shell qui va bien maintenant ;-)

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musical :

 

 

Michel Onfray - Conférence n°1 de la 6ème saison (2007-2008) de l’UPC : Le siècle du moi


Si vous n’êtes pas nancéiens (déjà, vous ne savez certainement pas écrire le nom des habitants de Nancy : remarquez le i au milieu du mot ; bravo à ceux qui connaissaient la bonne orthographe), vous ne vous êtes certainement pas intéressés aux élections municipales de Nancy (d’ailleurs, j’en connais qui sont nancéiens et qui sont dans le même cas). Je vous la fait courte.

Candidats au premier tour :

  • André Rossino (dit "Dédé", voire "Dédé IV le vieux") : maire de Nancy depuis… 1983 !!! Un quart de siècle… Membre (Comme Jean-Louis Borloo) du PR (Parti Radical), petit parti (en nombre d’adhérents, ~600 paraît-il), mais incontournable : plusieurs de ses adhérents sont maires de villes de taille moyenne. Historiquement parti d’extrême gauche, il s’était récemment intégré à l’UDF, et est maintenant associé à l’UMP. Programme d’André Rossino : je vous promets de faire ce que j’aurais dû faire entre 2001 et aujourd’hui… Ca me rappelle une phrase de Raymond Barre : "Il faut mettre un frein à l’immobilisme". Son score au premier tour : 47,18% ;
  • Nicole Creusot (dit "Nini la rouge") : candidate officielle du PS. A enrôlé avec elle feu le parti communiste (qui n’a donc pas présenté de liste). Son score au premier tour : 28,02% ;
  • Françoise Hervé (dit "Sa Suffisance") : certainement la candidate la plus improbable. PS il y a bien longtemps, elle se positionne ainsi plutôt au centre aujourd’hui. Mais, à traduire sa liste (qui intègre des membres des deux partis verts, qui n’ont donc pas soumis de liste), elle serait plutôt du centre gauche. Ce qui est drôle : contre toute attente, elle a reçu le soutien de François Bayrou… écartant ainsi le candidat légitime : Alain Miton (président de feu UDF54, qui s’était présenté avec les couleurs du Modem à des élections législatives anticipées en 2006). Françoise Hervé a eu comme [décevant] score au premier tour : 14,72% ;
  • Stéphane Thomas : jeune candidat de la LCR "100% à gauche", il obtient le score honorable de 7,48% ;
  • enfin, Christiane Nimsgern : candidate pour la Lutte Ouvrière. Elle obtiendra un maigre 2,60%.

Vous avez tout compris : 3 candidats emportent plus de 10% des suffrages, et peuvent revenir en deuxième semaine. Maintenant, cher lecteur (ou chère lectrice), vous aurez su rapidement faire le calcul : en admettant que Nicole Creusot s’allie avec Françoise Hervé, et en faisant l’hypothèse que le report des voix des 2 candidats extrême gauche se fasse bien, notre Dédé garderait ses 47%, et perdrait la mairie. Or… Il n’en est rien !!! Ces deux fortes personnalités n’ont pas pu s’accorder, et nous avons le droit aujourd’hui à une belle triangulaire. Autant dire : Dédé n’aura même pas à trembler de devoir faire ses cartons. Nous voilà reparti pour un copier/coller de la précédente politique municipale pour 6 ans…

Les raisons de ce non accord ? Allez savoir… Si vous allez sur le site de Françoise Hervé : les conditions d’un ralliement proposées par Nicole Creusot sont inacceptables (c’est pas moi, c’est l’autre). Position de Nicole Creusot ? Ben allez savoir… Son blog reste muet. Il paraît qu’elle aurait perdu son Webmaster juste après le premier tour… et dire qu’elle veut gérer une mairie.

Ajoutez à cela des choses croustillantes :

  • durant l’entre deux tours sur France 3, durant une table ronde avec ses opposants du 2ème tour, Françoise Hervé a démonté en règle Alain Miton (rappelez vous, le président local du Modem ; moi je dis qu’avec des amis comme ça, on n’a pas besoin d’ennemi), et Nicole Creusot (faisant ainsi le jeu de Dédé IV le vieux) ;
  • les verts, alliés de Françoise Hervé au premier tour, demandent maintenant de voter Nicole Creusot ;
  • le Modem Nancéien soutient maintenant lui aussi Nicole Creusot (retour de flamme ?).

Je suis un bon citoyen. Je vais aller voter. Mais il est 16h30, et il ne me reste que 90 minutes pour faire mon choix : quelle liste de ses incompétents épouvantails candidats vais-je pouvoir glisser dans l’urne… ? A moins que je ne vote blanc (si ça pouvait servir à quelque chose…).

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BO de Dallas : (ton univers impitoyable…)


Cet article m’a été inspiré par un message (sous forme de recette) qui m’a été envoyé par Virginie. Voici la recette (en version synthétique personnelle) :

L’étouffe à la commission
Ingrédients :
  • un problème ou une préoccupation de la population (non solutionné de préférence). Le choisir vert ou bien mature, selon sa préférence ;
  • un ou deux faits-divers extraits de l’actualité, choisis pour inspirer la colère ou les sanglots chez la ménagère de moins de 50 ans ;
  • un bouquet garni d’âmes de bonne volonté assez crédules, d’amis politiques, et d’adversaires prêts à trahir pour quelques onces de pouvoir ou d’éclairage médiatique ;
  • 180 ramettes de 500 feuilles de papier Velin 80 grammes (ou 180 clés USB de 2 Go) ;
  • 78 minutes de vitrine télévisuelle sous forme de reportages, journaux télévisés, et conférence de presse.

Préparation :

  • prenez le problème, assaisonnez-le de faits-divers licencieux, et faites le dorer avec quelques phrases. Exemple : « C’est une vraie préoccupation des Français. Il convient en la matière de ne pas se précipiter, et d’agir dans la concertation, en recueillant l’avis d’un groupe d’experts qui sera chargé de remettre un rapport. Ce dernier ne sera pas un rapport de plus : je m’engage solennellement ici devant vous à mettre en oeuvre toutes les propositions qui y seront formulées. » ;
  • à l’aide du bouquet garni, montez une commission/comité de réflexion/groupe d’expert/ou mieux encore, un « Grenelle » ;
  • utiliser quelques minutes de vitrine télévisuelle pour placez le problème au sein de la commission (que vous aurez au préalable affublée d’un titre ronflant, mais que tout le monde désignera du nom de son président - choisi pour son ego démesuré -) ;
  • couvrez et laissez mijoter un temps qui ne devra pas être trop court pour éviter que le problème ne soit encore trop vif, ni trop long pour que le problème ne tombe pas dans l’oubli ;
  • introduisez ensuite les 180 rames de papier (ou les 180 clefs USB) puis attendez que la commission exprime son rapport de 500 pages en 180 exemplaires ;
  • arrosez ensuite abondamment le plat avec des minutes de vitrine TV pour la présentation du rapport par le président de la commission puis la remise officielle de ce rapport. N’hésitez pas à peaufiner la présentation en agrémentant ces minutes télévisuelles de déclarations péremptoires, et en exhibant le rapport bien haut ;
  • une fois les projecteurs éteints prenez le rapport encore tout chaud puis placez le dans la cave ou dorment et se meurent les milliers de rapport des commissions précédentes.

Je confirme : cette recette semble être une des favorites du président en place (et de sa Cour), comme ce fût le cas pour :

  • la commission sur la réforme des institutions (commission Balladur),
  • la commission chargée de la revalorisation du métier d’enseignant (commission Pochard),
  • la commission chargée d’étudier les moyens de renforcer la lutte contre le téléchargement illégal (commission Olivennes).

Pourtant, cette fois-ci, les gens semblent penser, pour une raison que j’ignore, que cette recette ne sera plus utilisée pour la dernière commission en date : la commission pour la libération pour le pouvoir d’achat (commission Attali, parfois appelée commission Attali-bérale ou Attila).

Résultat : les professions concernées descendent dans la rue, et manifestent pour lutter contre des réformes qui n’existent même pas sous la forme de projet (il s’agit juste une ligne dans un rapport). Derniers exemples en dates :

Quels seront les prochains ? Les pharmaciens ? Les salariés de l’INSEE ? Les élus des conseils généraux ? Les paris sont ouverts…

Appendice : pour être complet, voici la fin du message de Virginie, que je trouve tout aussi lumineuse que la recette donnée précédemment :

On notera toutefois que le toqué du 55 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris concocte aussi une délicieuse variante de la recette : l’étouffe à la table ronde, qui consiste à monter une table ronde de partenaires sociaux ou autres, à qui on demandera d’avaliser des mesures que l’on a déjà décidé de prendre. Dans cette variante, peu importe ce que la table ronde exprime, l’essentiel étant de démontrer :
  • soit que l’on agit en accord avec les partenaires sociaux,
  • soit parce qu’ils n’arrivent pas à trouver d’accord entre eux.

Cette dernière variante a été finement mitonnée par l’une des apprenties du chef Élyséen : Rachida Dati, qui nous a proposé un étouffe à la table ronde judiciaire des mieux abouties avec sa réforme de la carte judiciaire.

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Vangelis - BO “Les Revoltés du Bounty”


Quel est le point commun entre Aurore, étudiante de 20 ans, emprisonnée enfermée dans un centre de détention rétention, et Elise, 3 ans, pleurant au bord de la route en voyant son bus partir ? Toutes deux sont victimes des frontières, qui les empêchent d’aller à l’école.

La première histoire résulte d’un dégât collatéral de la loi Hortefeu (j’avoue avoir pris une histoire au hasard, ce qui fût simple à trouver, tant les exemples sont nombreux), la seconde provient (à nouveau) de l’Est Républicain d’aujourd’hui.

Tous les matins, Mattéo et Elise, 5 et 3 ans, partent avec leur maman de Marainville-sur-Madon (département des Vosges), et vont chez leur nounou à 2 Km de là, à Bralleville (Meurthe-et-Moselle). Quelques temps après, cette dernière les dépose dans le bus scolaire, direction l’école maternelle de Xirocourt (Meurthe-et-Moselle itou). Seulement voilà, la semaine dernière, les poussins sont restés au bord de la route : le chauffeur de bus avait reçu des consignes pour leur interdire de monter.

La raison ? Hors de question que le conseil général de Meurthe-et-Moselle (présidé par un socialiste, instituteur à la retraite [comme quoi on retrouve de la connerie partout] : Michel Dinet) paye le bus pour le petit Mattéo et pour la petite Elise. Ben oui : leur maman paye ses impôts dans le département des Vosges. Non mais !

Aussi, maintenant, je propose d’interdire à tous les habitants de Colombey-les-Belles (canton où Michel Dinet a été élu) de venir voir le feu d’artifice tiré le 14 juillet au dessus du canal de la Meuse à Nancy (hey oui, on l’a payé avec nos impôts, non mais !). La Meurthe-et-Moselle serait-elle donc devenue un département indépendant ? Ne recevant pas d’argent de l’état français ? Avec une frontière et des barbelés autour ? Faisons-nous au moins partie de l’espace économique européen ?

Je voudrais inviter tous nos dirigeants, qu’ils soient ministres de l’immigration, de l’intégration, et de l’identité nationale (beurk, il faut que j’aille me laver les mains maintenant), ou qu’ils soient conseillers généraux, à lire ou relire le "discours de la servitude volontaire" d’Etienne de la Boétie. Qu’ils n’oublient pas qu’ils sont nos maîtres uniquement parce que nous nous laissons asservir. Mais qu’un jour, lassé de subir leurs conneries sottises, tout un peuple pourrait bien les envoyer (au mieux) en retraite dans leur maison de campagne…

A mon sens, les frontières n’existent que parce que humainement, il serait impossible d’administrer toute la planète. Une division fédérale ne s’impose que pour délimiter les compétences d’une administration, incapable de gérer trop de surface, trop de ressources, trop de situations. Mais elle ne doit pas être prétexte pour interdire à quelqu’un de se rendre où il veut, à étudier dans le lieu qu’il souhaite. Ca, c’est de l’idéologie gratuite et perverse…

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Nourith - Partir


J’ai écouté d’une oreille ce soir une émission soit-disant scientifique en pré-primetime de M6. Le thème du jour : l’après pétrole. Que fera-t-on quand toutes les sources d’or noir se seront taries ? Car oui, il est une chose dont on peut être sûr : un jour où l’autre, cette denrée se fera rare, très rare… D’aucun diront que ça fait 50 ans qu’on nous bassine avec ça, qu’on nous disait à l’époque qu’il n’en restait plus que pour 50 ans. Alors pourquoi croire ceux qui nous disent la même chose aujourd’hui ? Qu’importe. Peut-être nous reste-t-il de quoi tenir 20 ans, ou 50 ans, ou 100 ans… De toute façon, en l’état actuel des choses, c’est l’économie de marché qui déterminera les règles du jeu. Le prix du pétrole montra au fur et à mesure où il se fera rare, ou que les vendeurs le rendront rare. Et à un moment, les alternatives au pétrole deviendront rentables.

Quelles prédictions peut-on tirer de tout ça ? Tout d’abord, nous ne nous en rendons pas encore trop compte (sauf peut-être pour l’énergie), mais tous les prix des produits dépendant du pétrole vont augmenter en fonction de l’évolution du cours du baril. Peut-être cette augmentation s’arrêtera lorsque des solutions alternatives seront utilisées (mais l’utilisation de techniques alternative ne dit pas que les prix stagneront, voir ci-dessous). Et comme il y a du pétrole, ou de l’énergie provenant du pétrole tout autour de nous, on ne se trompe pas en disant que le pouvoir d’achat des gens va, en moyenne, diminuer. Je dis en moyenne, car évidemment, les quelques personnes dont les revenus sont indexés sur le prix de l’or noir n’auront pas de souci à se faire.

Ensuite, d’autres produits vont devenir plus rares à trouver. En effet, en l’état actuel des techniques, la plupart des alternatives à la chimie pétrolifère sont basées sur l’utilisation de bioquelque chose. Autrement dit, de végétaux. Nous avons déjà capté que les carburants commençaient à être remplacés par des biocarburants. Résultat : les paysans se mettent à planter du maïs ou du colza, afin de produire de l’huile pour nos moteurs. Conséquence immédiate : le prix du blé monte. Alors, quand il faudra planter des pommes de terre pour fabriquer du plastique, ou du lin pour habiller nos mannequins, le prix du blé ne va pas seulement augmenter : il va exploser. Il est fort à parier que ça sera le cas des autres productions agro-alimentaires.

On se résume : dans les prochaines années, tout va augmenter. C’est déjà le cas pour les matières premières, qui se font de plus en plus rares dans les mines (métaux, hélium, uranium, etc.), pour l’énergie… ça sera bientôt le cas pour les produits manufacturés à base de ces matières premières, ou coûteuses en énergie, ou en matières alternatives produites exprès pour remplacer le pétrole. Enfin, ces nouvelles surfaces de terres agricoles utilisées pour récolter des végétaux comme alternative au pétrole prendra la place de la production agro-alimentaire, faisant monter les prix de la nourriture, engendrant pénuries, donc, famines. Le tout dans un déraillement climatique dont on ne sait pas les conséquences dans cette équation.

Bon, je vous rassure tout de suite : je me plante quasiment tout le temps dans mes prévisions, aussi pessimistes qu’elles soient. On peut toujours imaginer que la technologie trouvera d’autres alternatives (je pense par exemple à l’utilisation d’êtres vivants génétiquement modifiés comme usines chimiques, ou d’autres technologies encore plus inconcevables actuellement). Ou encore, qu’une grande révolution amène l’humanité à changer les règles du jeu (économiques, politiques). Mais là, je ne suis pas sûr que la transition se fasse sans quelques bains de sang.

A votre tour. Ce soir en vous couchant, laissez aller votre imagination, et essayez de voir votre avenir, à vous, à vos enfants, aux leurs… peut-être que ces ados obèses qu’on montre du doigt aujourd’hui auront-ils plus de chance finalement ?

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Etienne Perruchon - Dogora : Extrait de la BO du film “Ouvrons Les Yeux”


C’était ce soir la toute première république des blogs, organisée par maximepisano au Jean Lam’ à Nancy. Vous comprendrez que je lui laisse la primeur du compte-rendu… ;-)

Aussi, je me contenterai de vous faire part de mes impressions de néophyte. Car oui, je jouais bien le rôle du profane ce soir. Je ne sais plus où, mais je me suis étonné récemment en lisant quelqu’un qui avait dit que le monde des blogueurs était un microcosme. Et bien, j’avais tord de ne pas le croire. Enfin, en modulant un peu, je dirais que le monde des blogueurs politiques dans une ville de la taille de Nancy est un microcosme. En effet, ce soir, tout le monde semblait se connaître.

Petit aparté avant d’attaquer : si vous voulez arriver à l’heure d’un rendez-vous, ne choisissez pas le métier d’informaticien. Ca vous évitera de sortir 20 minutes après l’heure prévue, et d’arriver une demi-heure en retard. Je suis donc arrivé à une tablée d’une vingtaine de joyeux convives qui papotaient. Avouons qu’au début, ça causait pas mal politique (ceci dit, c’était le lieu pour). L’assemblée était, à ce que j’ai pu entendre, plutôt à gauche, verte, ou un peu orange (ou ex orange). Bref, peu de chance de voir une joute entre deux protagonistes qui auraient des idées fondamentalement opposées.

Ensuite, histoire de revenir sur le sujet des blog, on a un peu parlé technique bloguistique. Difficile de faire autre chose que d’en parler, n’ayant pas d’accès au wifi. Sur ce point, la star de la soirée a été l’Eee PC (j’avais amené le mien, tout comme Maxime, qui s’est acheté le sien ce matin même).

Puis, vers 21h, pour ma part, ce fût l’heure de dire au revoir à tout le monde, afin de pouvoir faire le bisou du bonsoir à mes poussins, avant qu’ils ne soient dans les bras de Morphée.

Pour conclure ? Une excellent initiative, à renouveler (maintenant que je commence à capter qui est qui). N’hésitez pas à venir aussi, simples lecteurs : il y a vraiment une bonne ambiance, accueillante, et pas prise de tête. Mon seul regret ? Ayant mon super portable, j’aurais du le faire tourner en demandant à chacun de mettre un petit mot, petit mot que j’aurais recopié ici. Ca sera pour la prochaine fois…

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Zazie - Je suis un homme