Patch du module NPDS "td-galerie"

Si vous avez déjà installé le module "td-galerie" version 1.0 de tribal-dolphin avec une base MySQL version 4.1, vous avez peut-être rencontré un bug : les images situées sur les vignettes des dernières photos mises en lignes ne correspondent pas aux images affichées en cliquant dessus.

De plus, en utilisant ce module, vous souhaitez peut-être voir disparaître le blocs de droite, de gauche, ou les deux.

Si vous êtes dans une de ces situations, le patch que je viens de préparer est fait pour vous. Il est disponible dans la section "Téléchargements". N’oubliez pas de lire le fichier "LisezMoi.txt" fourni avec…

[note du 16/08/2008 : suite à un changement de moteur du site, la zone de téléchargement dont il est question n’existe plus. De plus, ce billet n’a plus d’intérêt, le module td-galerie ayant évolué, le bug n’existe plus]

Attention, les attaques de type "hacking social" arrivent en langue française !

On était habitué d’avoir de pauvres étrangers nous demander quelques euros pour récupérer leur trésor bloqué dans un pays exotique quelconque. Pour quelques milliers d’euros seulement, on débloque une fortune de plusieurs millions de dollars. En échange, une fois cette somme débloquée, on en récupère un pourcentage non négligeable.

Evidemment, on sent l’arnaque. Ceci d’autant plus facilement que ces attaques sont "broadcastées" en langue de Shakespeare. Les malheureux qui envoient la somme demandée n’entendront plus jamais parler de leur argent.

Seulement attention !!! Les premières versions de ces arnaques arrivent en langue de Molière. J’en ai reçu une récemment. Je vous mets ci-dessous le texte original.

Aussi, si vous recevez un courriel de ce style, vous savez ce qu’il vous reste à faire : le mettre à la corbeille.

Voici le texte en question :

Sujet :

Aide

Date :

Sat, 2 Jul 2005 22:32:57 +0200 (CEST)

De :

vnenita1@ozu.es

Pour :

undisclosed-recipients:;

Bonjour et veuillez m’excuser,

Mon nom est Villaran Nenita. citoyenne des Philippines,
je suis la veuve d’un ancien ministre des Finances des
philippines qui est mort le 15 mai 2002. Mon mari est
tombé malade et il a été transferé en France pour se
faire traiter mais il est mort plus tard d’ulcère et
il a été enterré.

J’ai hérité de la somme totale de 22 millions de
dollars de mon dernier mari,cet argent gardé dans un
coffre métallique est déposé avec une sécurité dans
une société de finances ici aux philippines.
En raison de l’instruction que j’ai fixée avant le
dépôt,personne ni meme le gouvernement ne pourra
retrouver la trace de cet argent jusqu’à ce que je
me decide à récuperer ma caisse.Ceci pour une
securité maximum.

Pour cette raison,la societé a usée de la diplomatie
pour transferer la mallette à Abidjan en Cote d’Ivoire
où elle a une surccusale. Ce transfert a été codé
conformement au contrat qui nous lie comme un tresor
de famille.

La société elle même ne sait pas ce qui se trouve
dans cette mallette qui a été envoyée des
philippines en Cote d’ivoire dans une mallette. Ma
préoccupation majeure aujourd’hui est de faire sortir
cette mallette de la Cote d’Ivoire pour une autre
destination. C’est pour cela que je vous envoie ce
message afin que vous m’aidiez car le procedé qui a
permi le transfert de la caisse à abidjan peu etre
repris pour une autre destination .qui quel que soit
l’adresse que vous pensez etre sûre et vous donnerez
le transfert s’effectuera. Je pense pouvoir vous
faire confiance. Bien sûr vous aurez un pourcentage
conséquent. En fait, depuis la mort de mon mari, ses
frères m’ont sérieusement poursuivie , essayant de me
supprimer pour qu’ils puissent avoir les documents de
ses propriétés.

Ils ont avec succès rassemblé toutes ses propriétés,
cependant ils ne se sont jamais arrêtés là, ils m’ont
demandée de leur donner les differents numeros des
comptes banquaires de mon dernier mari.

Mais ils n’aurons jamais connaissance du dépôt que
j’ai effectué avec la société de sécurité et qui est
maintenant à Abidjan-Côte d’Ivoire, parce que c’est
mon avenir et mon destin . La famille de mon dernier
mari ne sait pas l’existence secrète de ce dépôt que
j’ai fait avec la société de sécurité et elle ne le
saura jamais . Vu la pression que ma belle famille
exerce sur moi La situation devient incontrôlable.

C’est pour cela j’ai decidé de trouver une personne
digne de confiance qui pourrais m’aider à recuperer
cette mallette de la Cote d’Ivoire pour la
transferer à son adresse.Je suis une veuve et je
suis desemparée. Venez à mon secour car la
situation devient de plus en plus difficile. Si
vous êtes prêt à m’aider je vous donnerez le
contact de la societé afin de prendre contact avec
eux pour le transfert.

Je vous donne tous ces renseignements pour votre
entière coopération.

Merci de votre comprehension.

Que le seigneur vour garde

Cordialement,

Madame Villaran Nenita.

————————————————-
Nueva Barra de Herramientas de OZÚ. Navega Más
facilmente por Internet.¡Descargatela gratis!
http://barra.ozu.es/
————————————————-
Correo enviado desde http://www.ozu.es

Addendum du 18 juillet 2005 : je viens de recevoir un commentaire à cet article d’une fille dont le pseudo est Julia Brandeau. Elle semble aimer faire tourner en bourrique ces arnaqueurs. Pour en savoir plus, voici l’url de son site : http://nigeria419.over-blog.com/

Jean-Pierre GATTEGNO – Une place parmi les vivants

Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas présenté de livre. Il est vrai que je lis moins de romans ces derniers temps.

Ce coup-ci, nous allons parler d’un polar. Quoi que… Maintenant que j’ai lu la fin du livre, je ne sais plus si je dois le classer dans ce style.

D’accord, il y a meurtres. Meurtres de jeunes filles tout au long du bouquin. Mais étrangement, ça n’est pas l’intrigue du livre. Quoi que, à bien y réfléchir, ça aurait pu le devenir, vu que le héros est abordé par un type qui se fait passer pour le serial killer de ces pauvres filles. Il y a aussi un autre meurtre, à la fin du livre (mais je ne vous dirai pas de qui). Quoi qu’il en soit, contrairement aux Colombo ou à Agatha Christie, la recherche du meurtrier n’est pas l’énigme.

Il y a vols. Ah là, oui. C’est plus le sujet. Mais ce sont des vols peu ordinaires. Vols d’amours, vols d’histoires, vols de romans…

Bref, plutôt inclassable cette oeuvre. Pas un seul policier n’y figure. Et sans faire naître le moindre univers noir, nous nageons pourtant sans arrêt en pleine imposture, le grand thème du livre. Au final, Jean-Pierre GATTEGNO (connu des cinéphiles au travers des adaptations de "Neutralité malveillante" par Francis Girod, ou plus récemment "Mortel transfert" par Jean-Jacques Beinex) signe un roman original : c’est du Kafka sans fantastique, du Simenon sans Maigret, du Philippe Djian sans univers glauque…

Et c’est en fait ce qu’on pourrait lui reprocher. Quand on goutte un plat sans sel, ou sans poivre, c’est original. Ca change. On est heureux de découvrir une nouveauté. Mais au final, quand on a faim, ça n’est pas vers cette cuisine qu’on se tourne, parce que, justement, il lui manque quelque chose.

Le OUI des espagnols… ?

DrapeauEuropeen.pngSimple question : auriez-vous voté OUI ou NON au référendum du dimanche 29 mai 2005 si vous aviez eu entre les mains un projet de constitution tronqué ? Un projet dans lequel le Titre III aurait été supprimé ?

Et bien voilà. Les médias étrangers, notre gouvernement, et d’autres encore cherchent à nous faire culpabiliser en nous disant "regardez les Espagnols : ils ont bien voté oui".

D’accord, ça peut s’expliquer en partie parce que l’Europe a beaucoup apporté à l’Espagne (en terme de subventions, d’emplois). Mais ça peut aussi s’expliquer… parce que l’exemplaire papier du projet de traité qui leur a été remis était censuré du Titre III (vous savez, le plus polémique) !!!

Le texte qui leur a été remis dans la boîte aux lettres est le suivant : cliquez ici pour obtenir l’original sur le site officiel www.constitucioneuropea.es

D’accord, les sites internet contenaient cette version, et la version complète aussi. Mais combien de citoyens espagnols se sont connectés pour aller vérifier ?

Le plus drôle dans cette affaire, c’est qu’en France, même les partisans du NON n’ont pas relevé cette censure.

Je vous laisse juger…

[article initialement posté le 02/06/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Coup de gueule contre le débat politique qui a suivi le résultat du référendum !

DrapeauEuropeen.pngTout d’abord, ça n’est pas une surprise pour ceux qui me connaissent, j’ai voté NON au référendum concernant le projet de constitution européenne (enfin, c’est comme ça qu’ils ont appelé ce texte).

Aussi, comme beaucoup de Français ce soir, j’étais à 22h devant mon petit écran pour voir le résultat : 55% de NON, avec un taux de participation très important. Ca devrait être une victoire ? Mais c’est une victoire triste… où disons de demi-teinte. Je me souviens des élections présidentielles de 1981 (je n’avais pourtant que 11 ans à l’époque, j’étais loin d’avoir la majorité qui m’aurait permis de voter). Mais je me rappelle qu’à 20h, des gens sont allés dans la rue pour sabrer le Champagne, que les voitures passaient en klaxonnant… Or, ce soir, sauf si je suis devenu sourd ou aveugle : rien. Et il paraît qu’ils ne sont que quelques centaines à fêter ce résultat place de la Bastille. D’accord, l’enjeu n’était pas celui d’une élection présidentielle. Mais tout de même : il était à l’échelle non pas d’un pays, mais d’un continent !

Alors, pourquoi en demi-teinte cette victoire ? Parce que je me sens citoyen européen dans l’âme. Et pourtant, j’en suis arrivé à voter NON à un projet de constitution européenne. Il y a de quoi être triste, non ? Je suis rassuré tout de même : je ne laisserai pas à mes enfants une constitution créant une gouvernance proche d’un état totalitaire (une démocratie technocratique complexe, qui ne contrôle pas sa monnaie, qui ne peut quasiment pas être modifiée, qui ne propose qu’une seule forme de politique – l’ultra-libéralisme -, qui grave dans le marbre à tout jamais la liste de ses alliers militaires, qui n’intègre pas la laïcité, le dialogue social, et la protection de ses ressources et de son environnement dans ses piliers fondateurs… et je m’arrêterai là sur la critique).

Où est la raison de l’énervement qui mérite ce coup de gueule me direz-vous ? Il vient de l’écoute que je viens de faire des réactions aux résultats des différents cadres des partis politiques.

Je suis désolé messieurs les élites politiques. J’ai beaucoup discuté autour de moi avec les gens qui allaient mettre un bulletin dans l’urne aujourd’hui, en leur demandant leurs idées, et la raison de celles-ci. Et les causes du NON ne sont pas aussi complexes que vous voulez le dire. Si ce maigre échantillon constitué des gens avec qui j’ai discuté sur ce sujet est représentatif, alors, le NON a majoritairement deux causes :

  • vous avez les gens contre l’europe. Qu’ils soient nationalistes d’extrême droite, ou encore partisans de De-Villier (je ne suis pas spécialiste es politique : y a-t-il une différence ?), le résultat est le même : ils sont Français, et votent contre l’Europe, quel que soit le texte qu’on leur proposera. Mais bon, soyons lucides. Quelle est la part de cet électorat : 10 % des Français ? 15% ? Peut-être 20 % ? Quoi qu’il en soit, ils ont toujours existé (et ils étaient probablement encore plus nombreux au moment de Maastricht, ce qui n’a pas empêché le OUI de passer à l’époque). Ce ne sont pas eux qui ont fait pencher la balance ;
  • et il y a les gens pro-européens, qui ne voulaient pas de l’Europe qui leur était proposée. Pour les raisons déjà invoquées ci-dessus, et pour bien d’autres encore.

Alors, en faisant la somme des 45% d’électeurs qui ont voté "OUI", et la part non négligeable de ces gens qui sont européens dans l’âme, mais pas pour l’Europe qui leur était proposée aujourd’hui, ça fait une très forte majorité de citoyens prêts pour la construire, la constitution européenne. Pourquoi ces gens là n’ont pas été consultés avant ? J’y reviendrai.

Voilà comment, de mon point de vue, j’analyse le résultat de ce soir. Alors, je vous en prie messieurs et mesdames les élites politiques, arrêtez de marteler des propos que je qualifierai d’âneries (et ce, pour ne pas vous froisser, le mot contre-vérité convenant mieux à mon avis). Aussi :

  • NON, je ne suis pas contre l’Europe ! Et NON, il n’y a pas 55 % de citoyens contre l’Europe ;
  • NON, je n’ai pas, mais absolument pas peur. Arrêtez de dire que j’ai besoin d’être rassuré vis à vis de l’Europe !!! Cette phrase, que j’ai entendue de nombreuses fois ce soir – dans la bouche de meneurs politiques de bords pourtant différents -, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, qui m’a fait prendre ma plume. Pensez-vous vraiment que je sois idiot au point que si on m’avait expliqué mieux les choses, si on m’avait raconté des paroles gentilles et rassurantes, j’aurais voté OUI ? C’est vraiment prendre l’électorat français pour ce qu’il n’est pas. Il a voté NON, pas parce qu’il avait peur, mais parce qu’il ne voulait pas du projet qu’on lui a remis dans sa boîte aux lettres ;
  • NON, je n’ai pas voulu sanctionner le gouvernement ! C’est incroyable ça ! Admettons que le projet de constitution ait été un très bon texte. Ou même seulement (je m’en serais contenté) un texte acceptable. Dès lors, croyez-vous vraiment que j’aurais voté NON à ce projet capital, qui m’engage moi, mes concitoyens, et mes enfants sur un sujet majeur, juste pour déstabiliser mon gouvernement, pour lui envoyer un message ? Bien sûr que si le texte avait été bon, j’aurais voté OUI ! Je ne dis pas que quelques électeurs aient pu faire un vote contestataire, mais leur nombre n’aura pas pesé lourd. Pour envoyer un message fort au gouvernement, je lui donne rendez-vous aux prochaines élections présidentielles et législatives ;
  • et enfin NON, je ne crois pas que les autres pays européens aient voté OUI. A ma connaissance, seul le peuple espagnol a voté OUI. Les autres états ont laissé s’exprimer leurs représentants. Or, regardons l’exemple français. Les députés français ont été interrogés sur leurs intentions de vote : une très grande majorité aurait voté OUI ! Or, rappelons que 55% des français viennent de voter NON. Il est indiscutable que sur ce sujet au moins, les représentants des Français à l’Assemblée Nationale ne représentent pas l’opinion de leurs électeurs ! Alors, quand j’entends que les Allemands sont pour ce texte constitutionnel, parce que leur assemblée l’a ratifié, ça me laisse rêveur…

Et maintenant, que faire ? Peut-être faut-il tout simplement faire aujourd’hui ce qu’il aurait fallu faire avant : écouter le peuple. Une constitution ne doit-elle pas être rédigée par une assemblée constituante, désignée pour ce travail, qu’elle réalise en écoutant les avis du peuple ? Or, aujourd’hui, les dirigeants européens écoutent plus les lobbies "finantico-industriels" que le peuple européen.

Avouons que c’est en partie la faute de ce dernier : lors de la plupart des élections européennes, le taux d’abstention est souvent indécent. Pour que le peuple soit écouté, encore faut-il qu’il s’exprime (j’espère – sans trop y croire – que la leçon aura été entendue ce soir par l’électorat : pour que vos élus vous écoutent, encore faut-il que vous vous exprimiez : allez voter).

Mais ce fort taux d’abstention n’explique pas tout : malheureusement, la puissance d’un grand groupe industriel ou financier a souvent plus de poids que l’électorat. Les moyens de pression utilisés sont rarement des intéressements financiers directs (la peur de se faire inculper pour corruption existe), mais sont souvent plus vicieux : le chantage par exemple. C’est du genre << Si tu soutiens mon idée/mon projet, je baisse mes tarifs dans les appels d’offres que tu lanceras dans ton pays sur les produits que je vends. Ou je délocalise des usines dans ton pays. Ou encore, si tu ne me soutiens pas, je ferme mes usines chez toi. Débrouille-toi alors avec tes chômeurs… >>. Je vous invite à reprendre l’historique du projet de loi sur les brevets logiciels, c’est affligeant : une écrasante majorité de l’assemblée parlementaire européenne lutte contre une poignée d’élus du Conseil Européen, pour que ce dernier ne passe pas en force un projet de loi légalisant les brevets sue les logiciels. Et le Conseil ne manque ni d’audace ni de culot, en proposant la signature en force de ce projet lors d’un conseil ayant pour thème… la pêche ! (rapport entre les poissons et les programmes informatiques ???).

Alors, NON, messieurs les penseurs de nos partis politiques, nous ne sommes pas hébétés et incompréhensifs devant les mesures ou les lois qui nous tombent dessus en provenance de Brussel. Bien sûr qu’on les comprend ces lois. Et même, nous comprenons à qui elles profitent ! Et ça n’est pas nécessairement aux citoyens européens (remarquez que j’utilise le terme de citoyen européen, je continue à y croire).

A lire entre les lignes du projet de constitution qui nous a été proposé, j’ai l’impression qu’une partie non négligeable de l’électorat a su reconnaître dans ce texte le fantôme de ces lobbies, qu’on ne connaît que trop bien. Si peurs et craintes il y a, c’est peut-être de là qu’elles proviennent.

Alors, tout le monde s’est accordé à le dire, la France est dans une situation délicate. Bien que pro-européenne, bien que devant rester fidèle à ses engagements passés, effectivement, elle met un frein à la construction européenne telle qu’elle commençait à se constituer.

N’est-ce pas justement l’occasion de proposer la conception, de cette assemblée constituante ? Afin qu’enfin, on ait un projet de constitution ouvert, qui laisse la possibilité aux citoyens de choisir leurs politiques, leurs représentants, ces derniers ayant alors la possibilité de choisir leurs alliers militaires, de jouer avec les leviers monétaires en contrôlant la banque centrale, de garantir la laïcité qui est la seule voie qui permettra à tous les citoyens, bien que de confession et d’idées différentes, de vivre ensemble en harmonie…

Dans les médias, le débat politique précédant le vote qui vient d’avoir lieu était d’une médiocrité affligeante. Depuis que j’ai ma carte d’électeur, c’est la première fois que j’ai connaissance d’arguments provenant directement du peuple, via les sites Internet (forums, blogs, etc.), dans la rue ou en discutant avec mes collègues, d’un niveau largement supérieur à ce qui pouvait être diffusé dans les différentes presses. Aucune des idées – reprises dans ce grief – qui viennent directement de l’électorat n’ont été reprises et débattues. Les seuls arguments étaient "il n’y a pas de plan B", "on va devenir les moutons noirs de l’Europe", "en cas de non, la France sera dans une position difficile", "ce qui nous est proposé n’est pas social, alors, caca prout (sans proposer autre chose)", "on ne peut pas être européen et voter NON"… Bref, du haut niveau de dialectique !!! Avec ce genre d’argument, on progresse…

Manifestement, à les écouter ce soir, ces chers présidentiables, ministrables, et autres têtes pensantes, j’ai peur qu’ils n’aient pas compris (à de rares exceptions près) ce qui vient d’être exprimé dans les urnes. J’espère que cette bouteille à la mer, lancée par un citoyen n’appartenant à aucun parti politique, mais qui se sent brimé et incompris ce soir, sera peut-être lue par un ou deux décideurs, et qu’elle aidera ces derniers à leur faire prendre conscience de certaines choses.

[article initialement posté le 30/05/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte

L’histoire : un jeune cadre moyen (informaticien de son état) tombe petit à petit dans la dépression… Ne cherchez rien d’autre. Je préfère le dire tout de suite : ceux qui aiment lire un bouquin pour son histoire doivent passer leur chemin.

Bref, notre jeune homme parcourt la France pour donner quelques formations sur un progiciel développé pour le ministère de l’agriculture. Il fait ce chemin avec un collègue, guère mieux dans ses baskets que lui. Ce pauvre homme, pas spécialement beau, a "bien du mal à conclure" avec les filles… Et ce duo est prétexte à l’auteur pour faire passer l’idée du livre : selon lui, la sexualité est une forme d’économie de marché, une économique libérale, qui s’apparente à la réussite financière.

Tout comme il y a des gens qui réussissent leur carrière et d’autres qui échouent, il y a des gens qui réussissent leur vie sexuelle, d’autres qui manquent leur cible. Certains auront plusieurs carrières, et les réussiront toutes. D’autres n’auront qu’un seul métier, mais auront pour autant une vie confortable. Enfin, il y a les gens qui échouent dans leur vie professionnelle. Selon Houellebecq, pour la vie sexuelle, même classement : il y a ceux qui auront moult conquêtes, d’autres seront fidèles à une personne, et d’autres connaîtront des déserts sexuels toute leur vie. Certains réussissent sur les deux tableaux, d’autres sur un seul, et enfin, il y a ceux qui échouent dans les deux domaines (relationnels et professionnels).

Bref, c’est l’idée principale développée. A mon avis, il y a une bonne part de vérité dans cette façon de voir les choses. Malheureusement, les arguments avancés me semblent "light".

Au détour d’un passage dans un hôpital, ou en écoutant la confession d’un prêtre (un ami du héros avec qui le lecteur fera de brèves rencontres), l’auteur abordera succinctement le thème de l’euthanasie. Trop succinctement à mon goût.

Autre thème du livre : la dépression (celle dans laquelle plonge le héros). Si cette dernière est relativement bien décrite, l’auteur n’en tire rien. Au contraire. Le dernier quart du livre n’est qu’une suite de descriptions de morceaux de pensées et de morceaux de vie du dépressif. Arrivé à la fin du livre, je me demande l’utilité de toute cette narration. Ou bien il manque quelque chose à ce livre (une conclusion, une ponctuation finale), ou bien il y a quelque chose en trop.

Bref, vous l’aurez compris, la fin est lassante… Mais j’ai peut-être loupé quelque chose. A vous de juger.

« Pourquoi j’ai mangé mon père » – Roy LEWIS

Terrrrrrible. Il y a des livres qui sont indispensables à lire. Celui-ci en est un. Pas qu’il contienne des idées neuves, mais il a une façon très originale de les présenter.

mangepere.pngJe m’explique. Le pitch en deux mots : l’histoire se déroule dans le pléistocène (je suis allé chercher de quoi vous faire un petit rappel : << pléistocène : période géologique qui s’étend d’il y a 1,8 million d’années à il y a 10’000 ans. Cette période est caractérisée par des cycles répétés de glaciations globales intensives, ou ères glaciaires, séparées par des stades interglaciaires plus chauds. >> ). Bref, vous l’aurez compris tout seul : nos héros ne sont pas des homo-sapiens-sapiens (hommes modernes), mais de respectables pithécanthropes. On y voit l’histoire (qui s’étale sur près d’une génération) d’une horde de ces pré-hommes. Leurs difficultés, leurs solutions, leurs erreurs…

Je dois vous l’avouer : j’avais un peu peur avant d’attaquer la lecture de cet ouvrage. L’auteur confirme qu’à cette époque, il y a moult tribus qui n’avaient à leur disposition que 200 ou 300 mots pour s’exprimer. Alors, dans un livre qui donne dans le paléontologique, je craignais que le style soit aussi limité que ce maigre vocabulaire (à la façon du film " la guerre du feu " de Jean-Jacques ANNAUD, qui a un scénario sans le moindre dialogue oral).

Mais ici : que nenni ! Au contraire… On y trouve des dialogues, des effets de style, et des idées tout ce qu’il y a de contemporain ! Ce décalage entraîne des situations très comiques.

Et c’est la première surprise de ce livre : il est extrêmement drôle. Passé les premières pages, une fois que nous acceptons cet anachronisme, on rit beaucoup. Par le texte au premier degré. Mais aussi, parce que l’auteur, au travers de paraboles, nous renvoie en pleine figure toutes formes de travers, d’interrogations, de pensées toutes à fait modernes, et même, étrangement, d’actualité.

J’ai dis étrangement ? En effet… Bien que traduit en français qu’en 1990, sachez que l’auteur a écrit cet ouvrage en 1960 ! Et pourtant, au travers des découvertes de nos ancêtres (découverte et maîtrise du feu, de l’art pictural, de la construction des armes, de la stratégie, de la diplomatie, de l’amour, de la croyance en l’au-delà), on y trouve des interrogations sur " faut-il breveter une idée comme la création du feu avec des silex" (quand on pense au battage actuel sur les brevets logiciels, on ne peut que sourire), sur " faut-il aller de l’avant, expérimenter, rechercher, ou bien faut-il se contenter de ce qu’on a ?"…

Et pour faire naître ces dilemmes, l’auteur a su distribuer habilement à ces personnages les différents caractères et modes de pensées politiques. On y trouve Edouard (le père), un génial inventeur très humaniste et progressiste, Vania (l’oncle), un vrai conservateur réactionnaire (pléonasme ?), Ian, le globe trotteur, l’aventurier qui revient dans sa tribu pour raconter ce qu’il a découvert dans le reste du monde…

Bref, très bon livre ! (CQFD)

A lire absolument…

DrapeauEuropeen.pngJe suis tombé par hasard (non, finalement, ça n’est pas un hasard) sur un site à lire absolument.

Je dois préciser que de base – pour qu’on ne me traite pas d’intégriste ou de psychorigide – je me sens citoyen européen dans l’âme. J’ai déjà voté oui à l’Europe, et malgré certaines conséquences perverses, je ne regrette pas ce choix.

Maintenant, sur la constitution européenne, je dois avouer que pour une fois, je me posais pas mal de questions. Sans vraiment pouvoir avancer des arguments forts, les quelques remarques que je pouvais lire par ci ou par là ne m’inspiraient pas confiance. Mais ce sentiment relevait plus de l’intuition que du scientifiquement recevable.

Or, je crois que je viens de tomber sur un excellent site, ouvert, argumenté, qui se limite à 5 raisons pour lesquelles il faut voter non (l’auteur du site admet qu’il y en a plus que 5, mais il dit que chacune de ces 5 là valent, à elles seules, un refus du traité de constitution).
Bien entendu, je vous laisse libre de juger et de débattre. Voici le lien :

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm

[article initialement posté le 07/04/2005 sur desvigne.org, remis en ligne après réinstallation du site le 23/07/2005]

Deux livres

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler d’un livre, mais de deux. Ils ont en commun d’avoir été écrits par des auteurs contemporains, qui ne manquent pas une occasion de peindre notre société, sans oublier de le faire parfois avec des couleurs vives, parfois avec des couleurs grises, et parfois aussi, en grattant bien la toile avec leurs outils.

M.Houellebecq-LesParticulesElem.pngLe premier est de Michel Houellebecq : « Les particules élémentaires ». Je dois avouer que je suis bien embarrassé pour en parler. Pourtant, le style est bon. Pourtant, la façon de décrire l’univers des personnages, notre univers, est criante de vérité. J’y ai noté moult citations, plus vraies les unes que les autres. Seulement, le scénario, qui sert de fil conducteur au roman, ne m’a pas accroché. C’est la vie un peu triste, trop fade, de deux demi-frères. Ce maigre fil conducteur est prétexte à l’auteur de montrer plusieurs facettes de notre société. Bref, à lire pour le fond, pas pour l’historie.

F.Beigbeder-99Fr.pngLe second est de Frédéric Beigbeder : « 99 francs ». Je vous rassure tout de suite : pour que les amnésiques qui ont déjà oublié les francs puissent tout de même suivre, il existe une version traduite en Euro : 14.99 € :o) ) Cette fois-ci, l’accroche tourne autour de la vie d’un créatif, tantôt dépressif, tantôt shooté à la cocaïne. Au travers du petit microcosme des publicitaires, il nous éclaire certaines facettes stupides de notre société de consommation. Ici aussi, les personnages ne sont pas vraiment seins d’esprits, mais cet ouvrage contient plus d’humour que le précédent, ce qui le rend vraiment plus agréable à lire.
Bref, deux romans à ne pas manquer, si vous souhaitez regarder notre univers au travers des yeux des jeunes auteurs…

La franc-maçonnerie

Ayant changé de moteur de site web (je suis passé de BLOG:CMS à NPDS), je me suis mis en quête de remettre en ligne les anciens articles (en tout cas, les plus importants) sur ce nouveau site. Or, sur l’ancien site, j’avais posté deux articles sur la franc-maçonnerie.

Le premier était un article assez provocateur (c’était étudié pour) dont le rôle était de dresser la liste des idées reçues que je me faisais sur la franc-maçonnerie. J’ai posté cet article sur mon site, et aussi sur le forum du site d’une des loges du "Grand Orient De France" (GODF pour les intimes) : la loge "l’eau vive".

J’ai posté le second article quelques jours après ce premier. En effet, après avoir débattu sur le forum avec des francs-maçons et des profanes, ma vision des choses a évolué, et il devenait honnête de publier mes évolutions de pensée.

Ci-dessous, le texte intégral et original de ces deux articles.

Article n° 1 du 17/03/2005 : "Petite dissert’ sur la franc-maçonnerie"

Je suis tombé totalement par hasard sur le site de la loge " l’Eau Vive " (je sous-titre pour les non connaisseurs – pour les profanes – : c’est une loge de la franc-maçonnerie).

Or, sur ce site, il existe des forums où des profanes peuvent débattre sur différents sujets, en rapport avec la franc-maçonnerie. Dès lors, je me dis " chouette " ! Depuis le temps que j’ai des tonnes de questions à poser et de réflexions à faire sur ce courant de pensée… L’occasion est trop belle.

Je me mets à écrire, écrire, et je me rends compte que la longueur du texte (et le nombre de sujets qu’il contient) dépasse les quelques lignes qui constituent généralement un article de forum sur Internet.

Deux solutions s’offrent à moi : soit poser mes questions et lancer des débats au compte-gouttes. Ca risquait de prendre du temps, et les fils de discussion risquaient de ressembler à un fourre-tout difficile à synthétiser. L’autre solution, que je viens d’adopter, était de rédiger un petit essai. Sans ambition, ce texte pourra, je l’espère, faire réagire les francs-maçons, tout comme les profanes.

En préambule, je souhaite vous prévenir que le ton de ce texte risque de vous paraître narcissique. Mais c’est normal. J’y raconte mes questions, mes réflexions, mes façons de voir. Ca n’est pas une [auto/psych]analyse. Ce que je souhaite, c’est avant tout susciter des réactions, et lire vos commentaires, vos réponses, vos opinions. N’hésitez pas à m’envoyer des e-mails, à poster dans les forums.

Autre précision : n’étant pas franc-maçon, je risque d’utiliser certains termes maçonniques (profane, loge, initiation, etc.) à mauvais escient. Merci d’être indulgent si vous êtes initié. Et si vous êtes simple profane, mieux vaut vous cultiver un peu (sur Internet ou ailleurs) pour comprendre ces quelques termes ; sinon, vous risquez vite d’être perdu (je ne les expliquerai pas vraiment).

Pour commencer, vous l’aurez compris, on ne passe pas son temps à écrire un texte sur un sujet qui nous laisse indifférent. Pourquoi ais-je été intrigué, fasciné, et pour autant, pourquoi n’ais-je pas intégré ce courant de pensées ?

Tout d’abord, on est forcément intrigué par ce qu’on ne connaît pas (curiosité oblige). Il est vrai que les francs-maçons ont le chique pour cultiver le secret. Des signes de reconnaissance inconnus, un langage imagé, des rites, symboles et coutumes dont ne sont dévoilés que quelques bribes, juste de quoi attiser notre curiosité… Sans compter que certains textes, articles, livres et romans s’amusent à cultiver (à tort ou à raison) des légendes autour des francs-maçons. Ces derniers y sont parfois liés aux Templiers, parfois sataniques, parfois vus comme des mains de marionnettiste qui tiennent dans l’ombre les ficelles de la société dans laquelle nous vivons…

Malgré ça, difficile (pour moi en tout cas) de rester insensible à l’objectif premier de la franc-maçonnerie. Je ne suis pas initié. Aussi, je dirai peut être une énormité. Mais je crois que l’objectif premier des francs-maçons est d’ " aider l’Homme à devenir plus grand ". Plus sage. Plus ouvert. Plus mûr. En un mot : devenir meilleur.

Avec tous ces secrets, ces rites, et un objectif repris si souvent par les ouvrages ésotériques, on ne peut s’empêcher de se demander si la franc-maçonnerie ne serait pas une secte. Je ne suis pas sûr d’avoir vraiment un jour la réponse à cette question. Les initiés s’en défendent. Ils nous expliquent que beaucoup de choses les différencient. On peut quitter une loge quand on veut. On ne subit alors aucune pression. On ne vous demande pas d’argent (quoi que… j’ai cru lire le contraire quelque part – un pourcentage de votre salaire serait le bienvenu – ; quelqu’un confirme ?). Et on ne vous impose pas d’idée (ici aussi, je reviendrai sur ce sujet). C’est vous qui devrez découvrir votre vérité, votre savoir.
On vous demande juste de revendiquer les valeurs sur lesquelles repose la franc-maçonnerie. J’ai entendu dire que ces valeurs étaient celles des grands bâtisseurs des cathédrales, des architectes du siècle des lumières… On nous parle d’ouverture d’esprit, de soif d’apprendre et d’enseigner, de l’art d’écouter les autres et d’argumenter quand c’est notre heure.

Tout ça " sonne bien ". En toute honnêteté, je suis conquis. Aider l’Homme à devenir meilleur… quelle belle ambition. Si on est curieux. Si on aime, plus ou moins régulièrement, se poser des questions sur des thèmes comme l’origine de l’Homme, son devenir, son savoir, sa faculté de s’organiser en sociétés, son intelligence, l’utilisation qu’il fait de celle-ci pour concevoir des sciences, des techniques. Sur les relations qu’il entretient avec ses congénères, avec son environnement. Si on aime réfléchir sur " comment on fonctionne soit même ", chercher à comprendre comment sont les autres, quels sont leurs schémas de pensées, leurs ambitions, leurs préférences, leurs attirances, leurs peurs. Si on aime prendre de temps en temps du recul face à la vie, à éloigner son nez du guidon dans sa vie quotidienne. Alors, on ne peut pas rester insensible à la franc-maçonnerie. On ne peut pas ne pas être pris de curiosité.

Dès lors, pourquoi ne pas devenir franc-maçon ? Je poserais la question à l’envers : pourquoi le devenir. Les francs-maçons indiquent souvent les même motivations.

Tout d’abord, la fraternité. Ce sentiment d’appartenir à un groupe solidaire. On y est bien, on y est apprécié et reconnu, et on apprécie et reconnaît les autres. On s’entre aide. On laisse les animosités et autres sentiments primaires et animaux au vestiaire.

Seulement, en ce qui me concerne, je n’ai pas la fibre familiale très développée. Je sais, par expérience personnelle ou de visu, que de tels liens, qu’ils soient familiaux, amicaux, ou d’autres natures, ne sont pas construits en acier trempé. En effet, considérant que même chez les francs-maçons, il existe une hiérarchie, je ne vois pas comment empêcher certaines personnes d’être carriéristes, d’avoir des ambitions de pouvoir. On risque alors d’y retrouver les mêmes perversions que dans d’autres modèles : des gens qui calculent leurs relations, leurs prises de parole, etc. Avec comme objectif d’atteindre les hauteurs de la pyramide de la hiérarchie.

Autre coté pervers : il est souvent rapporté que statistiquement, les francs-maçons ont, dans leurs " vie civile ", des postes souvent élevés. Même si chaque loge pourra vous parler de l’exemple de telle ou telle personne qui est ouvrier, ou simple " gratte papier de base ", en général, j’ai plutôt l’idée que les loges sont remplies de gens ayant un niveau d’étude et un niveau hiérarchique professionnel plus élevé que la moyenne. Alors, comment savoir si certaines personnes ne se rapprochent pas de la franc-maçonnerie uniquement pour lier des contacts avec des gens influents, pouvant servir leurs ambitions personnelles ?

Dernier coté vicieux de cette fraternité : si un frère " dérape ", " pète un fusible ", " fait une grosse boulette qui va l’envoyer tout droit en prison " (ça peut toujours arriver, nous ne sommes que des hommes), que doit-on faire ? Le laisser tomber ? Le défendre ? Simplement le soutenir ? Qu’est ce que ces choix peuvent nous amener à faire que nous n’aurions pas fait sans cette notion de fraternité ?

La deuxième raison souvent évoquée pour l’adhésion à une loge, c’est ce besoin de " cogiter en groupe ". Avoir des pensées seul dans son coin, c’est bien. Mais en débattre avec d’autres personnes, ça nous oblige souvent à progresser : on découvre de nouvelles idées, des façons de voir différentes, … Or, dans " la vraie vie ", ce genre de dialogue est difficile. On peut rencontrer des gens butés qui n’acceptent pas d’autres points de vue. Des gens inintéressés par toute discussion un peu philosophique. Et surtout, il faut trouver les moments propices à cette discussion (avec les rythmes de folies que nous avons, la TV, etc., ces moments deviennent rares). Appartenir à une loge, ça nous assure que les autres membres ont déjà fait la démarche d’avoir envie de débattre, de dialoguer, et de respecter des règles qui permettent à chacun de s’exprimer.

Je dois avouer que c’est probablement l’aspect que je trouve le plus intéressant dans la franc-maçonnerie. Encore faut-il être sûr que ce ne soit pas une chimère. En effet, simple question : combien de " vrais " athées appartiennent à une loge maçonnique ? Je parlais tout à l’heure de la liberté de pensée. Oui, on n’est pas tous obligés d’avoir la même religion pour être franc-maçon. Mais si j’ai bien compris différentes lectures, il est par contre difficile de l’être sans croire au minimum au " grand créateur ". Je traduirais ça par " dieu unique ", et " dieu qui n’a peut être pas le pouvoir de tout gérer au quotidien, de tout manipuler, tout contrôler, mais qui au moins, a inventé les règles primordiales qui nous régissent ".
Pour ma part, ma vraie croyance est une tendance à avouer mon ignorance. En effet, il pourrait exister un dieu du style " grand créateur ". Mais alors, pourquoi pas plusieurs ? Ou, plus blasphématoire pour les francs-maçons : pourquoi pas " pas de créateur du tout " ? Dieu n’est-il pas tout simplement une invention de l’Homme ? Les choses ne peuvent-elles pas être, tout simplement. Sans qu’aucune forme ou être supérieur ne les ait créées ? Le fait de penser ainsi m’éloignera-t-il à tout jamais des loges francs-maçonniques (tout commentaire sera bienvenu) ? Bien sûr, on va m’expliquer que ce genre de pensée n’est pas interdite dans les loges. Mais on va aussi m’expliquer que de raisonner en partant de telles hypothèses risque de déboucher sur des idées qui se révèleront incompatibles avec les fondements et rites des loges. Plutôt démago comme raisonnement, non ?

Parmi les raisons qui poussent aussi certaines personnes à être franc-maçon, on retrouve aussi l’idée d’être " entre hommes ". Remarquez : je n’ai pas mis de majuscule à homme. Sous-entendu : à l’écart des femmes. En effet, simple profane qui lit ces lignes : sache qu’a l’origine, les femmes ne pouvaient pas faire partie d’une loge franc-maçonnique. Ni les homosexuels, ni les handicapés d’ailleurs. Les choses ont changé depuis : maintenant, on trouve des loges uniquement féminines, et des loges mixtes. Malgré tout, même si les meurs évoluent, ce sexisme ne démontre par la très revendiquée " ouverture d’esprit ", ni cette faculté qu’auraient les frères à " laisser leurs instincts primaires au vestiaire, et d’élever le débat ". Sans commentaire.

Pour conclure. Vous l’aurez compris : je trouve les idées fondamentales de la franc-maçonnerie très attirantes. Mais dans les faits, j’ai peur que ces ambitions ne restent que des voeux pieux.

Simple exemple : je connais une personne ayant un métier respectable. Et un poste des plus haut placé et respecté dans sa profession. Pourtant, dans la vie de tous les jours, cette personne a tendance à prendre les gens de haut. A être très possessive quant à son savoir (et oui, le savoir, c’est le pouvoir). Bref, très éloignée de l’idée que je me fais de l’altruisme. Aussi, quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre que cette personne était franc-maçon ! Je me faisais une toute autre opinion de ce que pouvait être quelqu’un dont une ambition majeure était de faire grandir l’humanité. D’accord, on peut toujours imaginer que cette personne avait peut-être, en d’autres lieux, à d’autres moments, des façons d’agir plus louables. Mais alors, pourquoi ne pas être ainsi tout le temps ? On peut aussi imaginer que c’était peut-être une brebis galleuse au sein de la loge (et oui, nous ne sommes que des hommes, et dans toute organisation – même chez les francs-maçons -, on peut trouver des gens qui ne respectent rien). Quoi qu’il en soit, si être franc-maçon, c’est lui ressembler, je ne veux pas être initié.

Sauf si j’ai oublié quelque chose ?

Article n° 2 du 30/03/2005 : "Franc-maçonnerie : droit de réponse avec moi-même"

Comme me l’a fait remarquer Herodote dans son commentaire, suite à mon petit laïus sur la franc-maçonnerie, quelques débats se sont déroulés sur les forums de la loge " l’Eau Vive ".

Ces échanges avec des maçons comme avec des profanes, très enrichissants, m’ont permis de trouver quelques réponses (probablement pas toutes) aux questions que je me pose/posais sur la franc-maçonnerie.

Bien entendu, je pourrais maintenant vous refaire un speech, du style " ce que je pensais avant " / " ce que je pense maintenant ". Seulement, ça risquerait d’être un peu long, et de n’intéresser… que moi-même.

Aussi, je pense, cher visiteur qui pourrait atterrir par hasard sur ces quelques lignes, que le mieux, pour comprendre la franc-maçonnerie est :

  • soit de lire les ouvrages décrivant ce courant. Je n’ai pas moi-même suivi ce chemin. Aussi, je n’ai pas de référence à proposer. Mais il paraît que toutes les librairies sont remplies de livres sur ce sujet ;
  • et/ou, d’en discuter avec les francs-maçons eux même. Pour ce, je suppose que l’idéal est d’en connaître un ou plusieurs. Dans le cas contraire, alors, je vous propose de faire comme moi : aller lire, éventuellement, aller vous présenter et débattre sur les forums du site de la loge déjà citée (je vous donne le lien direct : http://godf-eauvive.org/partagium/Files/).

D’ailleurs, je serais tenté de vous dire que cette dernière solution présente plusieurs avantages. Elle est plus interactive qu’un livre (on peut poser ses propres questions, celles qui nous préoccupent), et on obtient des réponses de la part de francs-maçons, mais aussi, de la part de simples profanes comme nous. Je n’y ai pas trouvé d’opposant, mais tout de même, plusieurs mouvements de pensées s’y expriment.

Mais surtout, nous ne sommes pas dans une relation orale, mais écrite. Ca nous oblige à bien formuler ses idées, et plus important, ça laisse une trace des réponses. Et je dois avouer que parfois, il faut lire plusieurs fois certains posts pour en cerner toute la profondeur. Pas qu’il y ait de message codé. Seulement, certains thèmes ne peuvent se contenter d’une oreille distraite.

Pour conclure, j’ai fait sur ce site des rencontres très enrichissantes, et j’ai dialogué avec des personnes sincères, ouvertes, " philosophes ", et pour autant pas dénuées d’humour. Je ne sais pas si je ferai moi-même la démarche de devenir un jour " initié " (il me reste peut-être à voir si cette voie est celle qui me correspond, ou peut-être, à attendre le bon moment, que je sois suffisamment mûr ou sage), mais en tout cas, je ne fais pas de réaction épidermique à cette idée…