Publications de la catégorie ‘Livres/revues’

Le cœur ou… la raison. Tel est le sous-titre (bien senti) de ce roman. Sophie organise des défilés pour une maison de couture. Elle est mariée à David, qu’elle aime et qui l’aime. Une vie douce, sans heurt. Elle est entourée de ses « inséparables » (Diane, Audrey, et Max), trois amis et confidents sans qui elle ne fait rien. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que… et bien voilà. Elle va tomber amoureuse d’un bel Italien. Au point d’être prête à tout plaquer pour lui. Mais lui prend peur (le croit-elle), et refuse cette vie. Fin de l’histoire. Pour un temps seulement. Cette idylle reprendra de plus belle, offrant à Sophie ce bol d’oxygène dont elle a besoin pour supporter sa vie. Cette alternance de « rompons – et ça recommence » se reproduira plusieurs fois. Et malgré tout, les vies de chacun continuent (Sophie aura un enfant, une fille, qu’elle découvrira malade ; lui sortira avec quelqu’un d’autre). Qu’attendre d’une telle historie ? La situation peut-elle se répéter ainsi éternellement ?

Un roman plaisant à lire. Écrit comme s’il s’agissait d’une autobiographie (peut-être y en a-t-il une part d’ailleurs ?) écrite à l’attention du bel Italien (l’auteur parle à « tu » dans le livre, et je crois qu’on n’en connaîtra pas le prénom). Mais… 150 pages, dont les scènes sont décrites de façon synthétique, comme un résumé, ne suffisent peut-être pas pour nous faire entrer dans les personnages, pour nous faire vibrer. On comprend, on a envie de savoir la suite… mais on ne rentre pas dedans. Dommage… Le thème était bon, mais n’y avait-il rien de plus à creuser ?

download Fond musical : Christophe Maé – On s’attache

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Il y a quelques mois, miss Tatie Céline m’avait offert trois Fred Vargas, que j’ai dévorés cet été sur la plage. Je n’ai pas pris le temps de vous en parler en revenant. Alors, petite séance de rattrapage. Il s’agit de :

  • Pars vite et reviens tard,
  • Sous les vents de Neptune,
  • Dans les bois éternels.

Pour ceux qui ne connaissent pas (et qui n’avaient pas lu mon ancienne critique sur « L’homme aux cercles bleus »), Fred Vargas écrit des romans policiers mettant en scène le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Cet officier est à la police ce qu’Eve Angeli est à la physique quantique. Enfin… en apparence seulement. Il ne semble avoir aucune méthode, ne suit aucune logique (il y est allergique d’ailleurs), il est sensible, zen, rêveur… et ça marche. Appelez ça sixième sens, intuition, coup de bol. Mais qu’importe : il résout les affaires. Son flaire tient peut-être dans le fait qu’il sait créer une alchimie en s’entourant des bonnes personnes. Adrien Danglard, son collègue et Ami, dont la culture et la logique n’ont d’égal que son affection pour les bouteilles. Le lieutenant Violette Retancourt, qui a l’aspect et la force d’un bulldozer et l’agilité d’un singe. Coté privé, il a une relation plutôt chaotique avec Camille Forestier, du genre je t’aime-moi non plus ou revient-fout le camp.

Dans Pars vite et reviens tard, un ancien marin breton, Joss Le Guern, gagne sa vie en remettant au goût du jour le métier de crieur public. Or, ce dernier se met à lire des messages inquiétants, au moment où commence une épidémie de grand «  4  » peints à l’envers sur les portes des appartements de la ville (ces symboles étaient censés protéger de la peste aux siècles derniers). Adamsberg n’aime pas cette concordance de signes. Et il a bien raison : une série de meurtres commence…

Dans Sous les vents de Neptune, Jean-Baptiste Adamsberg subit des troubles psychosomatiques parce qu’il est rattrapé par de vieilles affaires où le meurtrier tuait ses victimes à l’aide d’un trident. Bien que connaissant le meurtrier (un juge qui a réussi à rendre le frère du commissaire Adamsberg suspect n°1 d’un des meurtres qu’il a commis), il n’a jamais pu prouver sa culpabilité. Mais le juge ne tuera plus personne : il est décédé. Enfin, le croyait-on. Sauf que… une nouvelle victime, plantée par un trident, entre en scène. Œuvre du fantôme du juge ? D’un imitateur ? Le commissaire sera suivi par cette affaire (et deviendra même suspect à son tour) jusqu’au Quebec, où il suivra (un peu de force) un stage sur les preuves basées sur les analyses ADN. A noter que c’est mon moment préféré du bouquin : les dialogues entre le flic frenchie un peu déglingué, et nos cousins d’Amérique…

Enfin, dans Dans les bois éternels, le sixième sens d’Adamsberg l’empêchera de croire à une coïncidence dans un double meurtre ayant eu lieu à Paris. Son enquête l’emmènera dans une Normandie rustique, et le Béarn, sa terre d’origine.

Le lecteur trouvera dans ces romans ce qu’il veut. Des histoires policières assez originales et bien ficelées. Mais aussi, la description de relations humaines, de rouages qui font tourner le monde. Le tout dans un style très précis, très efficace. Bref, Fred Vargas, on aime ou on n’aime pas, mais ça ne laisse surtout pas indifférent…

download Fond musical : Ennio Morricone – BO du film « Peur sur la ville »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Voici un livre qui est un vrai alien dans la bibliosphère. Il s’agit d’une autobiographie fictive d’un jeune autiste. Dit comme ça, ça n’est pas super bandant, et on se dit qu’on va passer un moment chiant et intello. Pas du tout !!! Revenez !

En fait, le mot autiste est écrit nul part dans le livre (et encore moins les mots syndrôme d’Asperger dont il est certainement question). On rentre dans ce roman sans vraiment savoir à quoi s’attendre, sinon ce qu’on lit en quatrième de couverture : Christopher John Francis Boone a 15 ans, et il vit chez son père (sa maman est morte d’une crise cardiaque) dans la petite ville de Swindon située au nord de Londres. Il est assez génial : il vous explique aisément le crible d’Ératosthène pour trouver les nombres premiers (toute ma jeunesse ;-) ), tente même de nous expliquer le problème de Monty Hall (auquel se heurte toujours mon esprit buté, mais j’y arriverai un jour…). Il aime les listes, la vérité, l’ordre, la logique. Par contre, il ne comprend pas bien les êtres humains. Tout comme ces drôles de relations qui existent entre eux. Il ne comprends pas les smileys par exemple :-) :-( Il ne supporte pas qu’on le tienne, ni même qu’on le touche. Il aime bien le rouge et le vert, mais pas le jaune ni le marron.

Alors, quand Siobhan, une de ses professeurs, lui propose d’écrire un livre, il décide d’écrire un roman policier, dont il est lui-même l’enquêteur. L’énigme ? À la façon de Sherlock Holmes (dont il est fan), il va tenter de découvrir qui a tué Wellington, le chien de Mme Shears, une voisine.

C’est donc ce roman que vous tiendrez dans les mains. Ce livre, écrit par Christopher. Vous allez donc voir le monde à travers les yeux de cet adolescent autiste… Et il va lui en arriver des choses. Que d’aventures, que de découvertes… Coté style, ça m’a énormément fait penser au livre « des fleurs pour Algernon » de Daniel Keyes (l’auteur doit écrire non pas avec son style à lui, mais avec le style qu’aurait le personnage qui est sensé rédiger le livre). Bref, à lire absolument, pour comprendre, mais aussi pour le plaisir.

download Fond musical : Hans Zimmer – Leaving Wallbrook/On the road : BO du film « Rain Man »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Mi-juillet, alors que le soleil commençait à pointer son nez, laissant présager un été chaud nécessitant une bonne pile de bouquins pour passer la torpeur estivale sur la plage, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres électronique une publicité pour ce livre. Du spam en quelque sorte, qui méritait juste d’atterrir dans le dossier du même nom. Seulement voilà. Étrangement, je me suis laissé tenter. J’ai cliqué sur le lien qui menait vers le site de l’auteur, je me suis dit « pourquoi pas », et je l’ai commandé. L’ouvrage a du m’arriver durant mes vacances, et je ne l’ai lu que ce week-end (ceci-dit, vous verriez ma « to read list » …).

Je vais essayer de vous la faire courte : un prof d’histoire dans un lycée se voit confier la garde de l’appartement de son voisin, un vieux scientifique de renom, mystérieusement disparu. Plus qu’un appartement, il s’agit surtout d’un capharnaüm digne de l’antre de Géo Trouvetou. Et, au milieu de ce fourbi, une machine, composée d’un gros ordinateur et de modules étranges…

Dans la publicité du livre, on lit qu’il s’agit à la fois d’un roman policier, d’amour, qui traite de maladies dégénératives, de la guerre, de la violence quotidienne, du deuil, du bonheur, et qu’il cherche à interpeler le lecteur sur chacun de ces thèmes. Et promis-juré, c’est vrai. Seulement, il traite tout ça en… 138 pages (aérées, en grosses polices de caractères) ! Dommage… Beaucoup de choses sont juste survolées. Certaines idées, certainement très justes, auraient certainement supporté un développement plus approfondi : manque quelques définitions afin qu’on s’entende sur les mots employés, quelques arguments… Pas que le rythme soit trop rapide, mais les idées sont souvent jetées comme affirmation, sans discussion. Dommage, le filon que suit ce roman était vraiment bon…

download Fond musical : Eurythmics – Sweet Dreams

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Voilà que j’étais chez un bouquiniste nancéien à la recherche du dernier Gavalda et de quelques ouvrages à lire sur la plage, lorsque je tombe sur… sur quoi ? Oui bon d’accord, avec l’image ci-contre, ça n’est pas une surprise…

Tout comme l’avait fait l’année dernière Pénélope Bagieu avec ma vie est tout à fait fascinante, miss Margaux Motin vient de publier un recueil qui reprend les planches de son BDblog (plus quelques planches inédites).

Le résultat est à la hauteur du blog. Sur la forme, c’est un bel ouvrage de 136 pages (j’avais trouvé celui de miss Bagieux un peu light), très bien fini. Sur le fond, des tranches de vie (qu’on suppose autobiographiques), bourrées d’autodérision, de second degré, d’humour un peu scato… Les mecs en prennent pour leur grade… et je vous rassure, les filles aussi.

La logique voudrait que ce soit une œuvre girly. Mais peut-être à cause de l’humour, ou une fois encore, à cause d’un coté féminin assumé, j’ai adoré. Alors que je connaissais le blog (il y a longtemps que j’ai le feed RSS dans mon agrégateur), pour autant, je me suis bidonné comme une baleine en le lisant. Bref, petit achat à faire sans hésitation

download Fond musical : Beverly Craven – Promise me

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Bon, je ne vous cacherai plus que j’ai envie de gloutonner tout ce qu’a écrit cette auteur (si si, je vous ai déjà cassé les pieds avec Je l’aimais et Ensemble c’est tout).

Contrairement aux deux livres cités ci-dessus, il ne s’agit pas ici d’un roman, mais d’un [beaucoup trop] maigre recueil de nouvelles (environ une douzaine), toutes très courtes (le livre ne fait que 150 pages, alors pensez vous, un trajet Nancy-Dijon en train aura largement suffit pour le dévorer en ce qui me concerne).

Parce que oui, encore une fois, ce livre, je l’ai dévoré. Pourtant, je ne suis pas fan de nouvelles. Je trouve ce style frustrant : on voudrait souvent en savoir plus, voir se construire une histoire autour… Mais là, les textes sont tellement courts qu’ils ressemblent à un cliché. Un polaroïd en quelque sorte (je parle d’une techno que les moins de 20 ans ne peuvent pas… ;-) ). Pas le temps de s’attacher à l’histoire donc, quoi que…

Et ces histoires me direz-vous ? Hey hey… je vous vois venir, vous voudriez bien que je vous raconte hein ? Et bien non ! Sachez juste qu’il y a des histoires d’amour. Mais aussi… des histoires de désespoirs, voire des histoires de folie. De vraies surprises à chaque fois. Je dirais comme au début de « forest gump » : c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber (quoi que maintenant, dans les boîtes de chocolats, ils mettent des photos avec les compositions). En tout cas, c’est bluffant. Une constante tout de même : de l’humain, des relations humaines, des sentiments… Bref, au cas où vous ne l’auriez pas compris : même si ça n’est pas dans le même genre que les deux premiers romans que j’ai lu, pour autant, j’ai adoré. Aussi, sur les conseils de Vincent, je file acheter la consolante.

download Fond musical : Guillo – Humain : on reste dans le thème…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Anna Gavalda - Ensemble, c'est toutAvant toute chose, je vous le dis tout de go : j’assume. Donc, pas la peine d’essayer de me mettre en boîte avec ça : j’ai certainement un coté midinette. Ça, c’est dit ;-)

Comment vous résumer ce livre… Vous parler de l’histoire ? Oh, quelques lignes suffiraient… On dit souvent qu’on est la conséquence de notre enfance, de notre jeunesse. Alors voilà quatre âmes perdues, abimées, torturées… Quatre êtres sur la brèche, qui surfent sur la ligne ondulée qui sépare le ying et le yang. Un cliché de ce qu’on trouve à tout coin de rue. Une artiste anorexique, un cuistot qui se tue dans le boulot et la routine pour ne pas regarder autour de lui, un aristo qui aurait simplement aimé qu’on l’oublie et qu’on le laisse vivre, une vieille touchée par Alzheimer mais oubliée par le plan qui porte son nom… Une main charitable par ici, une petite étincelle par là les empêchent de sombrer totalement. Le hasard va les rassembler dans un vaste et poussiéreux appartement haussmannien qui ne leur appartient pas. Et on comprend vite que chacun sera la béquille de l’autre. La fin, elle se devine.

Quoi ! Pas de suspense, ou si peu ? Mais alors, qu’est-ce qui fait que ce bouquin, une fois qu’on l’a dans les mains, on ne peut plus le lâcher, au risque d’avoir une tête de zombie en arrivant au taf le lendemain ? Avant tout, il y a le style. Bon sang ! Ce roman est le troisième d’Anna Gavalda, écrit après le fabuleux je l’aimais. Et à nouveau, il faut avouer que l’auteur a un sacré coup de patte. Encore plus acéré que dans le précédent roman je crois. Mais ça n’est pas tout. De belles lettres ne suffisent pas à elles seules à rendre quelques bouts de vie intéressants. Il y a… ces personnages ! Haut en couleur. Écorchés vifs oui… mais vivant. Oh, ils ne le savent peut-être pas encore. Il leur manque peut-être à éclore, mais quels caractères. Quelles âmes. Quelles relations. Je me suis permis (c’est assez rare) de vous raconter l’histoire, mais pour ce qui est de cette magie envoutante qui émane de ces protagonistes, des détails des chemins qu’ils parcourent, de leurs rencontres… Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. Achetez le livre ! Personnellement, je pars acheter les suivants.

download Fond musical : Keith Jarrett – The Koln concert (Part 1), 24/01/1975 : Depuis le temps que je cherchais une excuse pour vous la caser cette musique, cette fusée. Une impro à écouter jusqu’au bout, l’esprit ouvert…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Gunnar Staalesen - Le loup dans la bergeriePromis juré, j’avais commencé ce livre avant d’avoir vu (ou même lu) Millenium. Je ne suis donc pas tombé sous le coup d’une hypothétique mode visant à promouvoir une culture nordique (norvégienne en l’occurrence). Et pourtant… Ça pourrait être le rôle de ce livre (nous montrer qu’il existe d’autres pays que la France et autres pays latins ou anglo-saxons qui savent produire de belles oeuvres).

En soit, le fil conducteur du livre n’est pas hyper original. Tout part d’un détective privé (Varg Veum, dont le nom signifiait dans l’ancien temps « le loup dans le sanctuaire » et qui désignait un proscrit), personnage qui sera récurrent dans une dizaine de livres de Gunnar Staalesen. Ce privé officie dans la petite ville de Bergen (petite note culturelle : ville qui compte aujourd’hui ~250′000 habitants), et n’a pas de concurrence… mais pas trop de clients non plus. Pourtant, parce qu’il a une sorte de principe, il refuse les affaires de divorce (trop répugnant à son goût). C’est pourquoi il refusera de suivre la femme de William Moberg, un avocat de cette vile, spécialisé dans les affaires de stupéfiants. Mais il acceptera, quelques jours plus tard, de suivre cette même femme, quand cette demande émanera non plus du mari, mais du frère qui cherche à renouer le contact avec elle pour une histoire d’héritage. Drôle de coïncidence que deux personnes différentes cherchent à faire suivre une même femme pour deux raisons différentes à quelques jours d’intervalle. Coïncidence d’autant plus troublante quand, dans la foulée, cette femme est retrouvée assassinée dans sa voiture, dans son garage, alors que son mari est en déplacement d’affaire dans l’autre bout du pays…

Un livre facile à lire, prenant, avec plein de rebondissements… Ce qui m’a amusé, c’est tout d’abord le coté exotique des noms de quartiers ou de villes (Lindås, Osterøy,… ), noms aux consonances bien nordiques (et plutôt imprononçables pour moi qui n’ai pas l’oreille affutée pour les langues étrangères), contenant des o barrés et des a surmontés de jolis petites bulles. Ensuite, à l’époque où les experts de je ne sais quelle ville étasunienne font leurs investigations à coups de séquençages ADN ou de simulations sur ordinateur, c’est rafraichissant de renouer avec un héro des années 70 qui travaille sans téléphone mobile et encore moins Internet. Bref, petit livre de poche à glisser dans votre sac de plage cet été.

download Fond musical : Salif Keita – Yamore : j’ai découvert cet album (Moffou) il y a quelques jours seulement grâce au blog de MariedesOrmes, et depuis, il tourne en boucle dans mes oreilles

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Je viens de me faire enchaîner par Jérôme afin de vous présenter

quels sont les 6 livres qui me représentent le mieux.

Comme l’a fait remarquer Jérôme, on n’attend pas de moi que je vous indique quels sont mes 6 livres préférés [du moment], mais bien ceux qui me représentent le mieux, sous entendu je suppose, ceux qui m’ont aidé à me construire comme je suis. À noter que Jérôme s’était lui-même fait taguer par Marc’s blog, qui rappelle qu’en France, 43% de la population ne lit pas un seul livre de l’année ! C’est édifiant…

Étant un « monsieur plus » né, je vais avoir du mal à m’arrêter à six livres ; alors, disons que je vais plutôt vous indiquer six thèmes :

  1. En tout bien tout honneur Enid Blyton : Les Cinq et le galion d’or. Oui, car il faut bien une allumette pour enflammer la mèche d’une passion… Ma première rencontre avec les « vrais » livres (sans image) a été avec le Club des 5. Il y en a eu bien d’autres évidemment ensuite, les Bob Morane, … ;
  2. Le maître des noms de Josef Ladik. Je vous ai mis celui-là parce que c’est le dernier en date, et qu’il est plus proche de mes préoccupations actuelles. Mais j’aurais très bien pu vous mettre à la place this perfect day d’Ira Levin, Globalia de Jean-Christophe Ruffin, ou encore mieux, 1984 de George Orwell ;
  3. Le grand secret de Barjavel. J’ai pris celui-là au hasard, tant René Barjavel est une source inépuisable de bon livres de SF, écrits dans un style jouissif (qui n’a pas pris une ride après bientôt 100 ans d’âge) ;
  4. La politique du rebelle de Michel Onfray. Ici aussi, difficile de faire un choix avec cet auteur, qui parfois m’a aidé à mettre des mots sur mes pensées, et qui, inversement, a su aussi m’interroger autrement ;
  5. Le fléau de Stephen King. Et oui, j’ai eu ma période livres d’horreur et d’épouvante, et avouons que si cet auteur a dans ses productions quelques déchets, il a aussi quelques chefs-d’œuvres en la matière, si ça n’est sur les idées, au moins coté style ;
  6. Et pour finir avec un policier, je dirais le Concile de pierre de Jean-Christophe Grangé. J’aurais pu prendre un autre Grangé, ou un Fred Vargas, voire un Agatha Christie, l’idée étant de dire que j’aime aussi les bons romans policiers.

Difficile de s’arrêter à six ouvrages. D’ailleurs, peut-être qu’il y a un mois, ou dans un mois, je vous aurais donné une autre réponse. Aussi, pour compléter cette liste, je passe le relais à d’autres blogueurs (qui ne manqueront pas de dire « mince, celui là, je voulais le mettre« , ou qui, inversement, vous donneront des références totalement différentes) : Fabien, Virginie, Maxime (qui pourra ainsi m’aider à comprendre quels livres peuvent amener quelqu’un à s’engager politiquement si jeune), et tien pourquoi pas, à ZigZornif qui va nous faire ça entre deux coups de pédale ;-)

download Fond musical : Sea and Field – Les livres

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Avant toute chose, sachez que ce roman est le primer livre de l’auteur (qui exerce le métier de juge d’instruction par ailleurs). Et je ne dis pas ça pour lui chercher une excuse… bien au contraire. Je serais presque plutôt tenté de crier au génie.

Bon, je me débarrasse tout de suite du petit reproche : l’éditeur (First). D’habitude, je ne m’attarde jamais sur la forme (je me fiche de lire un livre en édition de poche ou en reliure cuir). Mais là… fautes de frappe, erreurs typographiques, polices qui changent de taille d’un coup… Ça fait drôle. Bon aller, coté reproche, ça, c’est fait ! Car pour le reste…

Ce roman de 442 pages est classé dans la catégorie « thriller ». Et ça ne lui rend pas hommage, c’est bien plus que ça ! Il contient beaucoup beaucoup plus que ce qu’annonce la quatrième de couverture, c’est un vrai cadeau. Avant tout, c’est un univers d’anticipation très orwellien (l’histoire se passe durant la décennie 2040), et il est pourtant… très contemporain (gloups). Je viens de finir ce livre, et j’ai encore froid dans le dos.

Quand on lit « 1984″ de Georges Orwell, on se dit qu’on n’est pas passé loin, mais qu’on n’y est pas encore. Dans « This Perfect Day » (« Un bonheur insoutenable » en français) d’Ira Levin, on se dit qu’on s’en rapproche. Inversement, à la lecture de la vision géopolitique de « Globalia » de Jean-Christophe Rufin, j’en étais arrivé à penser que ce style qui consiste à crier aux loups vis à vis de notre démocratie qui pourrait devenir un gouvernement totalitaire était peut-être exagéré. Mais là… Ouaou… Mince !!! À quelques détails près, nous y sommes !!! Une société de l’information exacerbée avec Internet, des capteurs, et des caméras partout (l’originalité ici est que tout ça est centralisé dans un système informatique appelé Gorgone). Des lois liberticides et des citoyens contrôlés, pour les protéger du terrorisme, et les protéger de leur propre bêtise. Des puces RFID. Des machines à voter. Un gouvernement qui détient les médias (à moins que ce ne soit le contraire), des lobbies qui « soutiennent » les candidats aux élections, en échange de lois bien pensées pour faire grimper les cours de la bourse. La discrimination positive. Bon sang mince, cette fois-ci, tout y est. Ou plutôt, nous y sommes, dans un monde orwellien…

Au delà de l’univers en lui-même, le fil conducteur du roman est une idée originale, elle aussi bien ficelée. Un flash mob qui a mal tourné dans les années 2020 donne l’argument nécessaire au gouvernement pour interdire tous les jeux non homologués par lui-même (loi qui a le double avantage de contrôler le jeu, cet opium du peuple déjà utilisé dès l’antiquité, tout en assurant ainsi la rentrée dans les caisses de l’état de l’intégralité des bénéfices dégagés par cette activité). Aussi, quand Anne Ripley trouve un carnet manuscrit dans le métro, à la lecture des premières lignes, on sent bien que sa vie va changer… En effet, que feriez-vous si, vous-même, vous trouviez un cahier commençant ainsi :

<< Ce que vous lisez est vrai. Vous n’êtes pas la candidate involontaire du dernier reality show. La vie est un spectacle et vous êtes l’un des figurants qui va passer au stade d’acteur. C’est à la fois votre plus grande chance et votre plus grand malheur.
Qu’est-ce que vous pouvez gagner ? La vie de l’être qui vous est le plus cher. Ce que vous pouvez perdre ? La même chose et endurer d’y survivre. Mauvaise nouvelle : une fois que vous avez ouvert le carnet, vous ne pouvez pas quitter la partie.
>>…

download Fond musical : Amy MacDonald – This is the life : récente découverte, cette fille a un rock & roll plein de peps !

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.