Publications ayant comme libellé ‘roman’

Le cœur ou… la raison. Tel est le sous-titre (bien senti) de ce roman. Sophie organise des défilés pour une maison de couture. Elle est mariée à David, qu’elle aime et qui l’aime. Une vie douce, sans heurt. Elle est entourée de ses « inséparables » (Diane, Audrey, et Max), trois amis et confidents sans qui elle ne fait rien. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que… et bien voilà. Elle va tomber amoureuse d’un bel Italien. Au point d’être prête à tout plaquer pour lui. Mais lui prend peur (le croit-elle), et refuse cette vie. Fin de l’histoire. Pour un temps seulement. Cette idylle reprendra de plus belle, offrant à Sophie ce bol d’oxygène dont elle a besoin pour supporter sa vie. Cette alternance de « rompons – et ça recommence » se reproduira plusieurs fois. Et malgré tout, les vies de chacun continuent (Sophie aura un enfant, une fille, qu’elle découvrira malade ; lui sortira avec quelqu’un d’autre). Qu’attendre d’une telle historie ? La situation peut-elle se répéter ainsi éternellement ?

Un roman plaisant à lire. Écrit comme s’il s’agissait d’une autobiographie (peut-être y en a-t-il une part d’ailleurs ?) écrite à l’attention du bel Italien (l’auteur parle à « tu » dans le livre, et je crois qu’on n’en connaîtra pas le prénom). Mais… 150 pages, dont les scènes sont décrites de façon synthétique, comme un résumé, ne suffisent peut-être pas pour nous faire entrer dans les personnages, pour nous faire vibrer. On comprend, on a envie de savoir la suite… mais on ne rentre pas dedans. Dommage… Le thème était bon, mais n’y avait-il rien de plus à creuser ?

download Fond musical : Christophe Maé – On s’attache

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Il y a quelques mois, miss Tatie Céline m’avait offert trois Fred Vargas, que j’ai dévorés cet été sur la plage. Je n’ai pas pris le temps de vous en parler en revenant. Alors, petite séance de rattrapage. Il s’agit de :

  • Pars vite et reviens tard,
  • Sous les vents de Neptune,
  • Dans les bois éternels.

Pour ceux qui ne connaissent pas (et qui n’avaient pas lu mon ancienne critique sur « L’homme aux cercles bleus »), Fred Vargas écrit des romans policiers mettant en scène le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Cet officier est à la police ce qu’Eve Angeli est à la physique quantique. Enfin… en apparence seulement. Il ne semble avoir aucune méthode, ne suit aucune logique (il y est allergique d’ailleurs), il est sensible, zen, rêveur… et ça marche. Appelez ça sixième sens, intuition, coup de bol. Mais qu’importe : il résout les affaires. Son flaire tient peut-être dans le fait qu’il sait créer une alchimie en s’entourant des bonnes personnes. Adrien Danglard, son collègue et Ami, dont la culture et la logique n’ont d’égal que son affection pour les bouteilles. Le lieutenant Violette Retancourt, qui a l’aspect et la force d’un bulldozer et l’agilité d’un singe. Coté privé, il a une relation plutôt chaotique avec Camille Forestier, du genre je t’aime-moi non plus ou revient-fout le camp.

Dans Pars vite et reviens tard, un ancien marin breton, Joss Le Guern, gagne sa vie en remettant au goût du jour le métier de crieur public. Or, ce dernier se met à lire des messages inquiétants, au moment où commence une épidémie de grand «  4  » peints à l’envers sur les portes des appartements de la ville (ces symboles étaient censés protéger de la peste aux siècles derniers). Adamsberg n’aime pas cette concordance de signes. Et il a bien raison : une série de meurtres commence…

Dans Sous les vents de Neptune, Jean-Baptiste Adamsberg subit des troubles psychosomatiques parce qu’il est rattrapé par de vieilles affaires où le meurtrier tuait ses victimes à l’aide d’un trident. Bien que connaissant le meurtrier (un juge qui a réussi à rendre le frère du commissaire Adamsberg suspect n°1 d’un des meurtres qu’il a commis), il n’a jamais pu prouver sa culpabilité. Mais le juge ne tuera plus personne : il est décédé. Enfin, le croyait-on. Sauf que… une nouvelle victime, plantée par un trident, entre en scène. Œuvre du fantôme du juge ? D’un imitateur ? Le commissaire sera suivi par cette affaire (et deviendra même suspect à son tour) jusqu’au Quebec, où il suivra (un peu de force) un stage sur les preuves basées sur les analyses ADN. A noter que c’est mon moment préféré du bouquin : les dialogues entre le flic frenchie un peu déglingué, et nos cousins d’Amérique…

Enfin, dans Dans les bois éternels, le sixième sens d’Adamsberg l’empêchera de croire à une coïncidence dans un double meurtre ayant eu lieu à Paris. Son enquête l’emmènera dans une Normandie rustique, et le Béarn, sa terre d’origine.

Le lecteur trouvera dans ces romans ce qu’il veut. Des histoires policières assez originales et bien ficelées. Mais aussi, la description de relations humaines, de rouages qui font tourner le monde. Le tout dans un style très précis, très efficace. Bref, Fred Vargas, on aime ou on n’aime pas, mais ça ne laisse surtout pas indifférent…

download Fond musical : Ennio Morricone – BO du film « Peur sur la ville »

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Voici un livre qui est un vrai alien dans la bibliosphère. Il s’agit d’une autobiographie fictive d’un jeune autiste. Dit comme ça, ça n’est pas super bandant, et on se dit qu’on va passer un moment chiant et intello. Pas du tout !!! Revenez !

En fait, le mot autiste est écrit nul part dans le livre (et encore moins les mots syndrôme d’Asperger dont il est certainement question). On rentre dans ce roman sans vraiment savoir à quoi s’attendre, sinon ce qu’on lit en quatrième de couverture : Christopher John Francis Boone a 15 ans, et il vit chez son père (sa maman est morte d’une crise cardiaque) dans la petite ville de Swindon située au nord de Londres. Il est assez génial : il vous explique aisément le crible d’Ératosthène pour trouver les nombres premiers (toute ma jeunesse ;-) ), tente même de nous expliquer le problème de Monty Hall (auquel se heurte toujours mon esprit buté, mais j’y arriverai un jour…). Il aime les listes, la vérité, l’ordre, la logique. Par contre, il ne comprend pas bien les êtres humains. Tout comme ces drôles de relations qui existent entre eux. Il ne comprends pas les smileys par exemple :-) :-( Il ne supporte pas qu’on le tienne, ni même qu’on le touche. Il aime bien le rouge et le vert, mais pas le jaune ni le marron.

Alors, quand Siobhan, une de ses professeurs, lui propose d’écrire un livre, il décide d’écrire un roman policier, dont il est lui-même l’enquêteur. L’énigme ? À la façon de Sherlock Holmes (dont il est fan), il va tenter de découvrir qui a tué Wellington, le chien de Mme Shears, une voisine.

C’est donc ce roman que vous tiendrez dans les mains. Ce livre, écrit par Christopher. Vous allez donc voir le monde à travers les yeux de cet adolescent autiste… Et il va lui en arriver des choses. Que d’aventures, que de découvertes… Coté style, ça m’a énormément fait penser au livre « des fleurs pour Algernon » de Daniel Keyes (l’auteur doit écrire non pas avec son style à lui, mais avec le style qu’aurait le personnage qui est sensé rédiger le livre). Bref, à lire absolument, pour comprendre, mais aussi pour le plaisir.

download Fond musical : Hans Zimmer – Leaving Wallbrook/On the road : BO du film « Rain Man »

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Mi-juillet, alors que le soleil commençait à pointer son nez, laissant présager un été chaud nécessitant une bonne pile de bouquins pour passer la torpeur estivale sur la plage, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres électronique une publicité pour ce livre. Du spam en quelque sorte, qui méritait juste d’atterrir dans le dossier du même nom. Seulement voilà. Étrangement, je me suis laissé tenter. J’ai cliqué sur le lien qui menait vers le site de l’auteur, je me suis dit « pourquoi pas », et je l’ai commandé. L’ouvrage a du m’arriver durant mes vacances, et je ne l’ai lu que ce week-end (ceci-dit, vous verriez ma « to read list » …).

Je vais essayer de vous la faire courte : un prof d’histoire dans un lycée se voit confier la garde de l’appartement de son voisin, un vieux scientifique de renom, mystérieusement disparu. Plus qu’un appartement, il s’agit surtout d’un capharnaüm digne de l’antre de Géo Trouvetou. Et, au milieu de ce fourbi, une machine, composée d’un gros ordinateur et de modules étranges…

Dans la publicité du livre, on lit qu’il s’agit à la fois d’un roman policier, d’amour, qui traite de maladies dégénératives, de la guerre, de la violence quotidienne, du deuil, du bonheur, et qu’il cherche à interpeler le lecteur sur chacun de ces thèmes. Et promis-juré, c’est vrai. Seulement, il traite tout ça en… 138 pages (aérées, en grosses polices de caractères) ! Dommage… Beaucoup de choses sont juste survolées. Certaines idées, certainement très justes, auraient certainement supporté un développement plus approfondi : manque quelques définitions afin qu’on s’entende sur les mots employés, quelques arguments… Pas que le rythme soit trop rapide, mais les idées sont souvent jetées comme affirmation, sans discussion. Dommage, le filon que suit ce roman était vraiment bon…

download Fond musical : Eurythmics – Sweet Dreams

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Anna Gavalda - Ensemble, c'est toutAvant toute chose, je vous le dis tout de go : j’assume. Donc, pas la peine d’essayer de me mettre en boîte avec ça : j’ai certainement un coté midinette. Ça, c’est dit ;-)

Comment vous résumer ce livre… Vous parler de l’histoire ? Oh, quelques lignes suffiraient… On dit souvent qu’on est la conséquence de notre enfance, de notre jeunesse. Alors voilà quatre âmes perdues, abimées, torturées… Quatre êtres sur la brèche, qui surfent sur la ligne ondulée qui sépare le ying et le yang. Un cliché de ce qu’on trouve à tout coin de rue. Une artiste anorexique, un cuistot qui se tue dans le boulot et la routine pour ne pas regarder autour de lui, un aristo qui aurait simplement aimé qu’on l’oublie et qu’on le laisse vivre, une vieille touchée par Alzheimer mais oubliée par le plan qui porte son nom… Une main charitable par ici, une petite étincelle par là les empêchent de sombrer totalement. Le hasard va les rassembler dans un vaste et poussiéreux appartement haussmannien qui ne leur appartient pas. Et on comprend vite que chacun sera la béquille de l’autre. La fin, elle se devine.

Quoi ! Pas de suspense, ou si peu ? Mais alors, qu’est-ce qui fait que ce bouquin, une fois qu’on l’a dans les mains, on ne peut plus le lâcher, au risque d’avoir une tête de zombie en arrivant au taf le lendemain ? Avant tout, il y a le style. Bon sang ! Ce roman est le troisième d’Anna Gavalda, écrit après le fabuleux je l’aimais. Et à nouveau, il faut avouer que l’auteur a un sacré coup de patte. Encore plus acéré que dans le précédent roman je crois. Mais ça n’est pas tout. De belles lettres ne suffisent pas à elles seules à rendre quelques bouts de vie intéressants. Il y a… ces personnages ! Haut en couleur. Écorchés vifs oui… mais vivant. Oh, ils ne le savent peut-être pas encore. Il leur manque peut-être à éclore, mais quels caractères. Quelles âmes. Quelles relations. Je me suis permis (c’est assez rare) de vous raconter l’histoire, mais pour ce qui est de cette magie envoutante qui émane de ces protagonistes, des détails des chemins qu’ils parcourent, de leurs rencontres… Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. Achetez le livre ! Personnellement, je pars acheter les suivants.

download Fond musical : Keith Jarrett – The Koln concert (Part 1), 24/01/1975 : Depuis le temps que je cherchais une excuse pour vous la caser cette musique, cette fusée. Une impro à écouter jusqu’au bout, l’esprit ouvert…

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Gunnar Staalesen - Le loup dans la bergeriePromis juré, j’avais commencé ce livre avant d’avoir vu (ou même lu) Millenium. Je ne suis donc pas tombé sous le coup d’une hypothétique mode visant à promouvoir une culture nordique (norvégienne en l’occurrence). Et pourtant… Ça pourrait être le rôle de ce livre (nous montrer qu’il existe d’autres pays que la France et autres pays latins ou anglo-saxons qui savent produire de belles oeuvres).

En soit, le fil conducteur du livre n’est pas hyper original. Tout part d’un détective privé (Varg Veum, dont le nom signifiait dans l’ancien temps « le loup dans le sanctuaire » et qui désignait un proscrit), personnage qui sera récurrent dans une dizaine de livres de Gunnar Staalesen. Ce privé officie dans la petite ville de Bergen (petite note culturelle : ville qui compte aujourd’hui ~250′000 habitants), et n’a pas de concurrence… mais pas trop de clients non plus. Pourtant, parce qu’il a une sorte de principe, il refuse les affaires de divorce (trop répugnant à son goût). C’est pourquoi il refusera de suivre la femme de William Moberg, un avocat de cette vile, spécialisé dans les affaires de stupéfiants. Mais il acceptera, quelques jours plus tard, de suivre cette même femme, quand cette demande émanera non plus du mari, mais du frère qui cherche à renouer le contact avec elle pour une histoire d’héritage. Drôle de coïncidence que deux personnes différentes cherchent à faire suivre une même femme pour deux raisons différentes à quelques jours d’intervalle. Coïncidence d’autant plus troublante quand, dans la foulée, cette femme est retrouvée assassinée dans sa voiture, dans son garage, alors que son mari est en déplacement d’affaire dans l’autre bout du pays…

Un livre facile à lire, prenant, avec plein de rebondissements… Ce qui m’a amusé, c’est tout d’abord le coté exotique des noms de quartiers ou de villes (Lindås, Osterøy,… ), noms aux consonances bien nordiques (et plutôt imprononçables pour moi qui n’ai pas l’oreille affutée pour les langues étrangères), contenant des o barrés et des a surmontés de jolis petites bulles. Ensuite, à l’époque où les experts de je ne sais quelle ville étasunienne font leurs investigations à coups de séquençages ADN ou de simulations sur ordinateur, c’est rafraichissant de renouer avec un héro des années 70 qui travaille sans téléphone mobile et encore moins Internet. Bref, petit livre de poche à glisser dans votre sac de plage cet été.

download Fond musical : Salif Keita – Yamore : j’ai découvert cet album (Moffou) il y a quelques jours seulement grâce au blog de MariedesOrmes, et depuis, il tourne en boucle dans mes oreilles

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