Publications de la catégorie ‘Songes’

J’avais l’autre jour une discussion dans un domaine très spécifique de mon métier. Et de là de m’entendre dire « oh mais ne t’inquiète pas, pour l’heure, la mode est à agir ainsi, mais dans vingts ans, tout le monde nous invitera à faire l’inverse, comme on faisait il y a vingt ans d’ailleurs ». Or, cette remarque (qu’un ami m’avait déjà faite il y a quelques années) semble s’appliquer à tout.

La vie serait un éternel balancier ? Je ne dis pas que c’est une vérité, mais avouons que la théorie tient debout : rares sont les contre-exemples. Gauche / droite, progressistes / conservateurs, Girondins / Jacobins, poujadisme / mondialisation, concentration / outsourcing, déterminismes / existentialisme…

Mais en fait, tout serait simple si ces alternances étaient régulières. Si la fréquence de ces changements était réglée comme une horloge. Or, ça n’est pas le cas. Par contre, j’ai noté que souvent, les progressistes prenaient les commandes d’autant plus violemment que les conservateurs les ont tenues longtemps. Ou inversement, les défenseurs de la décentralisation auront une politique molle si leurs opposants ne sont pas de fervents Jacobins. De là à penser que nous vivons dans un monde chaotique…

download Fond musical : Mylène Farmer – Desenchantée

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Je dialogue tous les jours avec des « geeks du net », ou avec des gens qui sont pour le moins des utilisateurs avancés de l’informatique et des technologies liées à l’informatique, à internet, aux réseaux sociaux, etc. Je leur demande leur identifiant twitter, l’adresse de leur profil facebook/netlog/myspace ou tout autre réseau social, l’URL du feed RSS de leur site, s’ils préfèrent bloguer sous wordpress ou dotclear, etc. Et c’est tout naturellement qu’ils me répondent. À force, j’aurais tendance à [tord de] penser que tout le monde maîtrise ces modes de communication.

Or, toi même, chèr(e) lecteur(ice), peut-être n’as-tu rien compris à ce dont je viens de parler. Pourtant, tu as Internet depuis l’époque des modems RTC (ceux qui faisaient un bruit de FAX pendant la connexion, et qui empêchaient votre grand-mère de vous joindre parce que ça sonnait toujours occupé), tu envoies des emails régulièrement, et tu surfes via google sur tout le web (la preuve, tu arrives à lire les présentes lignes).

Aussi, l’expression « fracture numérique » désigne souvent la frontière entre les gens qui ont le haut-débit (ADSL, câble, satellite, bientôt WiMax) et ceux qui ne l’ont pas. Mais avoir un accès à Internet signifie-t-il qu’on sait utiliser Internet et en tirer profit au maximum ? Comme dans bien des domaines dans la vraie vie (justice, accès aux soins, etc.), n’existe-t-il pas un Internet à deux vitesses, indépendamment du débit des modems ? Et dans ce cas, est-ce un handicap de ne pas être un geek du net ?

download Fond musical : Christophe Mae – L’art et la manière

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Excellente idée de Vincent hier soir : se retrouver entre « blog-potes » autour d’un verre au Jean Lam’ [ndr : pour les non nancéiens, c'est un bar de la place Stan]. On y a retrouvé Danièle Noël, Raphaël Vuitton, Maxime Pisano, Catherine Créhange, Fréderic Cuignet, Aurélie Bouquet, Célinextenso, et Mélanie. Je n’avais pas particulièrement prévu d’y aller pour jouer les grandes oreilles avec l’intention d’écrire un article, mais juste pour passer une bonne soirée entre amis (et ce fût le cas). Pour autant, je n’arrive pas à garder pour moi les réflexions que je me suis faites suite à cette rencontre.

En effet, dans ces soirées, difficile de ne pas parler politique (ce qui n’est pas pour me déplaire évidemment), d’autant que certains convives sont des sympathisants PS ou Modem, voire même sont candidats aux prochaines régionales. Et dans ce cas, j’ai une sale manie (je l’avoue), qui consiste à sonder la profondeur de l’engagement des dits sympathisants.

Pourquoi cette sale manie ? Moult raisons. Déjà parce qu’avouons-le, je ne sais pas si j’aurais le charisme, le talent, ou tout simplement la motivation pour être porte-drapeaux. À l’instar de Nietzsche, il me déplait de suivre autant que d’être suivit. Mes convictions sont miennes, et n’étant pas sûr d’avoir raison, je me vois mal à tenter de convaincre les autres.

Mais surtout, la vraie question est « pour quel courant politique serais-je prêt à me battre » ? Je l’ai déjà écrit de nombreuses fois, en tant qu’humaniste, il me déplait qu’un être humain puisse posséder un autre être humain, ce qui se traduit de bien des manières : comment les cinq pays les plus gros exportateurs d’armes soient aussi les cinq membres permanents de l’ONU ? Comment peut-on accepter que des pays tolèrent des systèmes où les enfants ne sont pas instruits, pour mieux les exploiter dans des usines ? Plus proche de nous, comment peut-on accepter que des gens ne puissent pas manger à leur faim, ne puissent pas dormir avec un toit sur la tête, alors que d’autres (une minorité) touchent plus que ce qu’ils pourraient dépenser en plusieurs siècles ? Or, à mon sens, le problème est vraiment systémique. Tant qu’on vivra dans une société où les entreprises sont mieux estimées, mieux protégées par les lois, moins imposées que les êtres humains, tant que nous vivrons dans un monde où la croissance est une condition indispensable pour éviter le chao (or, à ressources limitées, il est vraiment sot de penser qu’on puisse croître de façon exponentielle indéfiniment), nous verrons encore et encore des gens exploités, réduits à brader leur labeur, le corps, leur « temps de cerveau disponible » pour que d’autres engrangent outrancièrement des biens. Et pour ça, tous les moyens sont bons. La laïcité se pose en garde-fou pour éviter que les gens soient manipulés par les religions comme c’était le cas en France aux siècles derniers ? D’autres religions sont inventées pour contourner cette contrainte. Comme cette religion qui veut qu’il faille posséder des biens matériels (de marque de préférence) pour exister aux yeux des autres. Ajoutez à ça des crédits à la consommation et une morale qui vous invite à les rembourser (ce que les plus riches ne font même plus en toute impunité). Voilà comment le système tient.

Or, quel parti politique en France est prêt à mettre un grand coup de pied dans le système pour changer tout ça ? Les extrêmes oui. Ceux de droite, fascistes et nationalistes, qui sont aux antipodes de ce désir humaniste et égalitaire qui m’anime. Ceux de gauche, qui prônent des utopies où la la société (le « bien public ») remplace l’entreprise, mais toujours aux dépends de l’être humain (ça n’est pas un hasard si le communisme n’a jamais marché au delà de quelques groupuscules composés de peu de personnes). Les autres partis soit prônent le système en place (et on a actuellement le VRP de ceux là à la tête de notre gouvernement, et je me passerai de commentaire), soit s’en accommodent, et tentent de l’aménager à coup de réformes homéopathiques pour résoudre quelques problèmes seulement.

Pour ma part, je ne suis même pas sûr d’arriver à formaliser un système alternatif humaniste qui n’aurait pas des effets pervers moins pire que l’actuel. Dans ces conditions, quand bien même j’aurais une nature charismatique et plein de motivation, comment convaincre que je ferais mieux que les autres ?

Alors quoi me direz-vous ? Quelle est la conclusion de tout ça ? Faut-il baisser les bras et ne rien faire ? Une ancienne blogueuse (nea) m’avait dit une fois qu’il faut savoir rester pragmatique. Chercher en vain une alternative systémique revient souvent à ne rien faire, ou si peu (j’en suis là). Elle pensait qu’il fallait s’engager, au risque de ne changer les choses que petitement. Mais petitement, c’est déjà mieux que rien.

Hier, j’ai croisé des gens qui sont prêts à se battre. Pas pour faire une révolution, pas pour changer le monde. Pas en faisant des vœux pieux dénués de plans d’actions. Ils sont juste prêt à prendre des risques, à donner de leur temps et de leur personne pour faire avancer quelques trucs. C’est peu peut-être, mais c’est déjà ça.

Et je peux vous assurer que les candidats (ou simples sympathisants) avec qui j’ai parlé hier semblent sincères et motivés. Bien plus à mes yeux que ceux qui cumulent les mandats, et les enchaînent les uns derrière les autres avec comme simple source de motivation la peur de perdre leur place. Ça fait du bien et ça rassure de voir qu’il existe encore des vraies vocations en politique. Aussi, je serais presque tenté de leur souhaiter bonne chance, si je n’avais pas encore la candeur et l’espoir de penser que le choix d’un bon dirigeant ne doit pas résulter de la simple chance…

download Fond musical : Jean-Jacques Goldman – Les choses : en parlant de religion de la consommation…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


En rentrant vendredi soir, j’ai croisé deux employés de la Poste qui sortaient de mon immeuble. Vu l’heure tardive, j’ai compris qu’ils venaient certainement de passer vendre leur calendrier. Ça m’a rappelé qu’il était loin le temps où on leur glissait leur petites pièces ou leur petit billet de 50 francs. Maintenant, il acceptent les chèques, et vous signent même un reçu (à quand le lecteur de carte bancaire ?). Je ne serais pas étonné qu’ils payent des impôts sur cette manne.

C’est alors que j’ai réalisé qu’ils allaient payer des impôts sur de l’argent que j’avais gagné et sur lequel j’avais déjà payé des impôts. Or, depuis tout petit, on m’explique que ce qui est bien pour l’économie (enfin, pour le modèle économique qui régit notre monde), c’est quand l’argent circule. On nous le rabâche sans arrêt : il faut « con-so-mmer ». L’ennemi, c’est le bas de laine rempli d’argent qui dort dans l’armoire. Bon, je ne parlerai pas du coté écologiste de cette équation. Par contre, réfléchissez deux secondes à notre modèle d’imposition. Les impôts sont basés sur quoi ? Les impôts sur les revenus taxent… vous aurez compris, l’argent qui, justement, circule. Les impôts que payent les sociétés taxent les bénéfices ou les salaires, autant d’argent prêt à circuler. Et que dire de la TVA qui taxe (lourdement, et injustement) l’acte d’achat justement !

Or, sauf erreur de ma part, en dehors des impôts fonciers et de l’ISF, les impôts taxent la consommation. Je l’ai déjà dit plusieurs fois : je ne suis pas économiste. Aussi, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi taxe-t-on aussi fort l’argent qui circule, alors qu’on nous explique que c’est justement l’argent qui circule qui fait la santé de notre économie ? Pourquoi alors ne pas taxer l’argent dormant ? Les bas de laine, les livrets X, Y, ou Z (dont on ne taxe que les intérêts), les actions et autres obligations… Bref, imposer tout cet argent mort qui, justement, plomberait notre économie ? Histoire de mettre en place des règles du jeu qui invitent à gagner mais à ne pas accumuler les richesses ?

J’ai deux hypothèses pour expliquer ça : soit je n’ai rien compris à l’économie (je veux bien), ou alors, ceux qui ont le pouvoir de changer les choses sont justement ceux qui possèdent quelques bas de laine, ou voient leurs campagnes électorales sponsorisées par ceux qui ont quelques placements…

download Fond musical : Donna Summer – She works hard for the money

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Je vois pas mal de billets sur des thèmes un peu humanistes ces derniers temps. Je ne poste pas spécialement de commentaire sur chacun d’entre eux. Pour autant, j’avais envie d’attirer votre attention sur deux p’tites causes qui, pour le coup, ne vous coûteraient pas grand chose.

La première m’est inspirée par l’établissement où je travaille : il s’agit d’Octobre Rose. Non non, il ne s’agit pas d’un nouveau film avec la poursuite d’un sous-marin nucléaire transportant l’équipe du Paris Football Gay, mais d’une opération visant à promouvoir le dépistage du cancer du sein (cliquez sur l’image pour avoir le programme des événements liés à cette actualité). D’accord, on me dira que les messieurs ne devraient pas se sentir concernés  ; et bien si tout de même !

Ensuite, je n’aurais peut-être pas écrit un billet spécifique sur ce sujet, mais comme l’occasion m’en est donnée, voilà bien une autre bonne action qui ne coûte vraiment rien, et qui concerne le dont d’organe. Rappelons que les lois bioéthiques qui se sont succédées en France assurent quelques principes : consentement du donneur, gratuité, anonymat, interdiction de publicité, sécurité sanitaire et biovigilance. En théorie, en cas de décès, le principe du consentement présumé fait que toute personne est considérée consentante au don de ses organes en cas de mort encéphalique en vue d’une greffe, sauf si elle a manifesté son opposition de son vivant (et dans ce cas, la démarche officielle consiste à remplir un formulaire). Mais en pratique, si le défunt n’est pas inscrit sur le registre national des refus, les médecins cherchent toujours à connaître sa volonté, par exemple en interrogeant ses proches. Une autre solution (en dehors de poster un billet sur votre blog sur ce thème ;-) ) : portez sur vous une carte de donneur d’organes et de tissus humains. Et rassurez-vous : ça ne vous tuera pas (j’ai la mienne depuis 8 ans, et ça va bien, merci ;-)  ).

download Fond musical : Nino – Amor Amor

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


GPA

Et non… GPA n’est pas le dernier jeu à la mode sur Wii ou PS3. Ça signifie gestation pour autrui, appellation supposée plus esthétique que mère porteuse. C’est en lisant le billet consacré à ce thème sur Rhapsodie que je me suis souvenu d’un adage que m’a dit une fois un grand ami : « Dès qu’une technique est inventée, quoi qu’on fasse, elle sera utilisée. Une technique n’est en soi ni bien, ni mal. C’est ce qu’on en fait qui peut la rendre bonne ou mauvaise. Si on tente de l’interdire, il est probable qu’elle sera pratiquée sous le manteau, ou ailleurs. Dans des conditions non contrôlées. Et si cette technique touche à l’Homme, tous les dérapages sont alors possibles. Aussi, quand une nouvelle technique apparaît, si elle peut s’avérer dangereuse, plutôt que de l’interdire, mieux vaut l’encadrer pour s’assurer qu’on n’en sorte que le meilleur ».

Rappelons qu’en France, cette technique d’AMP (aide médicale à la procréation) qui consiste à payer un femme pour qu’elle porte l’enfant d’un couple stérile est interdite par la loi bioéthique de 1994. Or, en 2008, un groupe de travail du sénat, qui a travaillé sur la révision le cette loi prévue au premier semestre 2010, propose d’autoriser cette pratique, sous réserve qu’elle soit strictement encadrée. Un groupe multidisciplinaire devrait évaluer les demandes sur le plan médical, psychologique, social… et donner alors son avis sur le projet parental.

L’actualité, comme l’indique le webmaster de Rhapsodie, c’est que le journal du dimanche a publié ce matin un sondage qui indique que l’état d’esprit des français a évolué. Si cette pratique était globalement fustigée il y a 15 ans, elle est acceptée aujourd’hui par près de deux français sur trois. Et pour le coup, reconnaissons que mon opinion sur le sujet a évolué comme celle des sondés.

Instinctivement, moi aussi, je trouvais que la GPA s’apparentait à une marchandisation du corps humain. Dont acte. Mais comme le rappellent les phrases de mon ami : si c’est possible, ça se fera. Alors, autant que ça se fasse dans les meilleures conditions possibles, dans les conditions les plus humaines. Tout au plus, mon grand regret est qu’on ne facilite pas plus les alternatives à l’AMP, notamment les adoptions. Je comprends que là aussi, il faille éviter à tout prix la commercialisation des enfants. Mais quand on constate qu’il existe sur terre des milliards d’êtres humains malheureux, des centaines de millions d’orphelins, pourquoi promouvoir les techniques extrêmes d’AMP ? Sur ce sujet aussi, mettre un peu d’intelligence dans le système, l’encadrer correctement, ne serait-il pas une solution plus judicieuse ?

Dans un tout autre domaine, ça me rappelle la parentalité des homosexuels. Il y a quelques années, j’étais plutôt dubitatif sur le sujet. Comme tout le monde, je me disais « quid de l’équilibre de l’enfant, de son mécanisme d’élaboration de la normalité ». Depuis, j’ai pu constater comment les couples homosexuels pouvaient être des parents formidables. Comment les enfants n’étaient pas traumatisés plus que ça quand tout va bien. Et surtout… mon métier fait que je vois souvent de jeunes parents accueillir leur bébé. Et là… Je me dis que vraiment, tous ces bébés ne sont pas égaux. Non, vraiment pas. Si on demandait aux parents naturels ne serait-ce qu’un dixième de ce qu’on demande aux parents qui souhaitent adopter, le monde serait déjà bien plus juste…

download Fond musical : Dido – Life for rent

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Voici une réflexion que je me suis faite cet été, alors qu’on se baladait du coté de Boulogne-sur-mer. Nous patientions dans un petit jardin japonais situé dans la mairie de la dite ville, lorsque, en regardant mes pieds, je me suis rappelé une exposition d’Amélie Debray : « bon pied, bon oeil » (et oui, ça cultive un peu de regarder les JT quand Sarko n’a pas de message à faire passer les journalistes ne trouvent rien d’extraordinaire à nous conter dans l’actualité du monde). Le principe : par surprise, cette photographe a demandé à diverses personnalités de se déchausser, afin qu’elle photographie leurs pieds… au pied levé si j’ose dire. Certains n’ont pas voulu jouer le jeu, mais étrangement, une grande majorité s’est laissé faire.

Or, en repensant à cette expo dans ce petit jardin japonais, je me suis dit qu’en effet, quoi de plus représentatif de notre être que nos pieds ? Regardez la tête qu’ils font après avoir couru bien trop de Km. Ou comme ils sont à la fête (avec leur vernis pour la gente féminine) quand il sont de sortie. Ou comme ils sont tous bronzés en vacances à la plage. Et encore, je ne parle pas du contexte… La chaussure, elle aussi bien représentative d’où nous mettons les pieds. Et le sol où l’on marche, qu’il soit végétal en été, bitumé lors des soldes, ou de bambous dans un jardin japonais… Voici donc mon idée du jour : dorénavant, lorsque j’irai quelque part qui mérite qu’on y prête attention, je sortirai mon appareil, et pour vous, je prendrai mon pied ;-)

download Fond musical : Kenny Loggings – Footloose

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Cette question a été posée par mariedesormes dans un récent commentaire, qui en a amené un autre qui m’a beaucoup touché :-) J’en profite donc pour l’embrasser et la remercier.

En préambule, vous noterez que cet article est classé dans la catégorie «songes», et pas dans la catégorie «philo». Autant dire que le sujet est encore à l’état de friche, et que je n’ai pas fini d’y songer…

Coïncidence, le dernier livre que j’ai lu tente d’apporter une première réponse, que j’ai déjà entendue plusieurs fois : «je sais qu’on peut rire chaque jour et profiter de chaque instant sans réellement être heureux». Autrement dit, le bonheur ne serait pas une somme de plaisirs. L’idée mérite d’être creusée.

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je suis un hédoniste. Commençons déjà par nous fixer comme cible de nous faire plaisir, et de nous faire plaisir en faisant plaisir aux autres, en nuisant le moins possible. Objectif modeste certes, mais réaliste. L’eudémonisme (le bonheur pour tous) est plus noble, plus ambitieux… mais est-il accessible ?

Question de définition tout d’abord. Le plaisir, tout le monde semble savoir ce que c’est. C’est une sensation, une émotion dont la cause est aisément identifiable (délectation culinaire, jouissance sexuelle, plaisir d’offrir, etc.). Remarquons que le plaisir a des effets assurément éphémères.

Par contre, pour ce qui est de définir le bonheur… Tout le monde le cherche, semble savoir intuitivement ce que c’est. Mais quand il s’agit d’en donner une définition précise, ça se complique. Un exemple ? Si je vous demande de réfléchir à des images, des photos, ou des tableaux qui illustrent le plaisir : rapidement, il devrait vous venir en tête des dizaines d’idées (personnellement, je vous sors tout de suite le jardin des délices de Jérôme Bosch). Mais quelle est l’œuvre d’art qui illustre pour vous le bonheur ? Ça se complique non ? Tout de même, notons que la conscience populaire semble attribuer au bonheur une certaine pérennité qui fait défaut au plaisir. Il s’agirait plus d’un état de sérénité ou de plénitude que d’une émotion. Certains vont même jusqu’à définir le bonheur comme étant l’absence de malheur. Je ne crois pas trop en cette dernière définition : comment, sachant que l’Homme semble être un éternel insatisfait, l’ataraxie — cette vie douce et sans problème — peut-elle être synonyme de bonheur ?

A défaut de savoir ce que c’est, peut-être aurait-on quelques pistes pour l’atteindre ? À l’opposé de la citation de Michel Labonne citée au début de l’article, les épicuriens pensent que le bonheur est accessible en cherchant les plaisirs matérialistes sans tomber dans l’excès, sans en devenir l’esclave (mais est-ce suffisant ?). Certains vitalistes pensent que tout est volonté de puissance (autrement dit, tout est «vie») autour de nous. Que notre destinée est prédéfinie par notre part de volonté de puissance. Le bonheur serait alors de prendre conscience de cette volonté de puissance, d’accepter la destinée qui en résulte (mince, tout serait joué d’avance alors :-( ), et d’en jouir pleinement. Pour les idéalistes (les anti-hédonistes si vous préférez), le bonheur est ascétique : prières, privations, et autres abstinences dans le monde ici bas est la clé du bonheur, car il ouvrira la porte du paradis dans une hypothétique vie d’outre-tombe. M’ouai… On a asservi des génération d’esclaves avec des idées comme ça.

Hummm… et finalement, si le bonheur n’existait pas ? Ça me conforterait dans mon idée initiale : commençons déjà par être hédoniste, et laissons de coté l’eudémonisme, qui vise un absolu qui n’est peut-être qu’un fantôme. CQFD, ou «to be continued…» ?

download Fond musical : Grand corps malade – Je dors sur mes deux oreilles

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Je crois que je n’ai pas regardé le JT à la TV depuis… au moins le début des vacances. Et voilà qu’hier, j’étais devant mon poste à 20h00. Un choc quand on n’est plus habitué.

Commençons par la taxe carbone. Tout le monde annonce que le montant de cette taxe sera fixé à 14 € / tonne de carbone émis. Or, le tarif ne devrait être décidé que ce matin au conseil des ministres. Ils sont trop fort les journalistes de savoir les informations avant que les événements n’arrivent ;-) Ensuite, j’apprends que 2/3 des français y seraient opposés. Et oui, c’est logique. Pendant des années, on a expliqué aux français que l’énergie ne coûtait rien (remarquez que ça n’était pas faux, on allait la voler dans nos colonies). D’ailleurs, je suis sûr qu’on ne l’achète pas encore au prix qu’elle coûte. En effet, un produit comme le pétrole par exemple, qui a mis des millions d’années pour se former dans le sol. Si nous le consommons à une vitesse telle qu’il sera épuisé en cent ans, et qu’il faille ensuite des millions d’années pour reconstituer à nouveau le stock, j’en conclus que nous le consommons trop vite. Économiquement, ce produit devrait coûter une fortune au gramme pour qu’il soit consommé à la vitesse où il est produit par la nature.

Bref, quoi qu’il en soit, les français ne sont pas content. Alors, le gouvernement semble dire que les fruits de cette taxe seraient intégralement reversés, et que ça deviendrait une opération blanche. Hein ? J’ai cru avant les vacances que la taxe carbone serait mise en place pour pallier le manque à gagner dû à la suppression de la taxe professionnelle promise pour 2010 ! J’ai loupé quelque chose, ou bien d’autres auraient-ils la mémoire courte ? Bon, quoi qu’il en soit, que va-t-on faire du produit de la taxte carbone ? Le même JT nous dit que parmi les pistes, cette taxe pourrait être reversée aux gens qui sont à la campagne, et qui doivent prendre leur voiture par ce qu’ils sont loin de tout ! Alors là, il n’y a pas que l’aspect économique qui sera une opération blanche ! Ça devient antipédagogique en terme écologique ! La taxe permettra aux gens… de continuer à polluer avec leur voiture. C’est parfait. Personnellement, ça ne me choquerait vraiment pas que tout ce que je verse dans le cadre de la taxe carbone soit utilisé pour isoler gratuitement la maison d’un foyer qui, aujourd’hui, chauffe la rue (vous savez, ces maisons qui sont rouges fluo sur les photos prises à l’infra-rouge). Mais bon, je ne suis pas sûr que mon avis intéresse grand monde…

Autre sujet : la grippe A(H1N1). Dame Roselyne a annoncé il y a quelques jours que ça y était, les vaccins étaient enfin en cours de livraison. Il n’y en aurait pas pour tout le monde, mais bon, ça permettrait de vacciner certaines personnes à risque, une partie du corps médical, etc. Or, qu’apprend-on hier au JT ? Ça y est, un laboratoire (chinois) est le premier à avoir son autorisation de mise sur le marché (AMS) pour son vaccin !!! Tant mieux pour eux mais… Qu’en est-il du stock de vaccins que nous avons rentré ? Vient-il de ce laboratoire là ? Ou bien vient-il d’un autre labo, qui n’a pas encore obtenu son AMS ? Et dans ce cas, s’il s’avère que le vaccin dont nous avons fait un stock pose problème, et qu’il n’obtienne pas son AMS, que fera-t-on de tout ça ? Quel sera le bilan économique ? Pas un seul journaliste ne semble s’être posé la question. Il ne faudrait pas embêter Mme Michu avec tout ça hein, elle a déjà bien des soucis avec la criiiise…

download Fond musical : Milow – You don’t know (trop bien son album)

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


Je viens d’ajouter une nouvelle catégorie « Songes » au présent blog. À l’ambition plus modeste que la catégorie « Philo-politique » (qui pouvait s’attaquer longuement à de grands sujets comme l’invention de Jésus ou l’hédonisme), elle sera l’occasion de vous faire part (et mieux encore, de vous faire réagir) de certaines de mes réflexions du jour, qu’elles soient totalement futiles et saugrenues, ou plus profondes.

Bref, cet été, je cherchais un réseau WiFi ouvert dans les rues touquettoises. J’ai alors réalisé qu’il y a très peu de temps, je n’aurais eu à ma disposition que ce bon vieux service postal pour écrire à mes proches (qui pour le coup étaient loin). En admettant que je sois au nord de la France (ah ben j’y étais justement), et que mon interlocuteur soit au sud, combien de temps aurait-il fallu pour avoir une réponse à une missive ? J’imagine deux jours au courrier pour descendre. Puis, si mon correspondant est rapide et qu’il répond tout de suite, deux jours pour que la réponse me revienne. Soit… 96 heures.

J’ai alors comparé ça aux 2,6 secondes qu’il aurait fallu pour que ce message (s’il avait été codé sous forme électromagnétique) fasse l’aller-retour vers la lune, aux 17 minutes pour faire l’aller-retour avec le soleil (mais qui connait quelqu’un qui habite le soleil ?), ou aux 6 à 45 minutes (selon les époques) pour aller et revenir d’une hypothétique station marsienne.

Un rapide calcul montre que notre jolie enveloppe aura mis autant de temps pour aller et revenir de Sangatte à Marseille (environ 1’000 Km) qu’un photon aurait mis pour aller et revenir d’une station spatiale située à près de 52 milliards de Km de nous (~10 fois la distance qui nous sépare de Neptune). Autrement dit, à quelques erreurs d’approximation près (vitesse de la lumière dans le vide différente de celle dans la fibre optique, temps de traversée des éléments actifs, de compression/décompression…), l’invention d’outils comme le téléphone ou Internet auront réduit les distances (en terme de communication) d’un facteur de l’ordre de 50 millions !

Voilà le genre de chose dont on prend conscience rapidement quand on est dans un village où le réseau GSM est en panne, et où aucune borne WiFi n’est ouverte. On se prend alors à se demander si, dans le fond, nous communiquions de la même façon avec nos congénères à l’époque des calèches postales qu’aujourd’hui, avec nos réseaux gigabits…

download Fond musical : Ehma – La plage de Blane-est

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.